Violences et soins

VICTIME D'UN MÉDECIN VIOLEUR EN SÉRIE

Témoignage effarant et très émouvant d'une patiente victime d'un médecin violeur en série, condamné par la Cour d'Assises à 15 ans de réclusion criminelle pour le viol de neuf patientes dont deux mineures de 13 et 15 ans (d'autres victimes avaient porté plainte mais les faits étaient soit prescrits, soit avec insuffisamment de preuves) et remis en liberté 7 mois après en attendant le procès d'appel

Cette victime a mis en ligne une pétition à signer : "Attention à la remise en liberté du violeur !" : http://lapetition.be/en-ligne/petition-9213.html

Un "médecin" des Vosges a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par la Cour d'Assises d'Epinal le 10 juin 2010 pour avoir drogué et violé plusieurs de ses patientes !! 7 mois après, il est LIBRE en attendant le procès en appel !!! Son dossier serait égaré !!! 
La récidive existe, l'actualité le montre encore une nouvelle fois avec le cas de la jeune Laëtitia de Pornic !! 
Soutenez les victimes de viols, d'agressions sexuelles et de toutes violences !! 
Merci à vous tous.

Bonjour à toutes et tous,
 je prends mon courage pour ENFIN ECRIRE ma triste histoire.
J’ai subi des attouchements régulièrement par mon père et il m’a violée à l’âge de 6 ans… J’étais consciente mais sans défense. Ne sachant pas ce qu’il m’arrivait.
J’ai pu parler de ce viol plus de 27 ans après, mais on ne m’a JAMAIS crue !!
 Une de mes sœurs sait ce qu’il s’est passé cette nuit là… mais elle a enfoui cette « histoire » au fond d’elle et n’a jamais voulu en parler… elle admirait son père… (notre mère était hospitalisée !). 
Celui-ci est décédé et c’est donc après sa mort que j’ai pu en parler. Il m’avait dit que si je parlais, il m’étranglerait. 
J’ai pu me confier à des amies très proches et j’ai réussi à en parler à mon médecin qui
« sentait » bien qu’il s’était passé quelque chose dans mon enfance. 
Ensuite, j’ai essayé de me reconstruire tout doucement mais sans JAMAIS oublier ni pardonner. 
J’ai eu le bonheur d’avoir une fille mais que j’ai élevé seule. 
Et je n’ai jamais voulu un homme en permanence dans ma vie car je ne voulais surtout pas que ma fille subisse mon calvaire. 
Je pensais que ma reconstruction allait continuer et que j’allais enfin VIVRE une vie normale… ou presque… 
La suite est très difficile à écrire… En 2002, je découvre ma voisine, pendue à son domicile. Un choc !! Je suis même convoquée à la police l’AM car j’ai déplacé le tabouret et il fallait que j’explique pourquoi. 
Je passe une journée très éprouvante. 
Je rentre en soirée chez moi, je prends une douche et vais m’allonger (en pyjama- pantacourt), et je « raconte » à ma fille tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai vécu dans la journée. A un moment, je me mets à trembler, avoir du mal à respirer… et ma fille (19 ans) décide d’appeler le médecin traitant (celui à qui j’avais confié mon passé quelques années plus tôt !). 
Le médecin arrive et dit à ma fille que je suis en état de choc, que je viens de vivre un gros traumatisme. Il lui demande de rester au salon et ferme la porte de ma chambre. 
Pendant quelques minutes, entre deux sanglots, je lui explique ce que je viens de vivre, la pendaison de ma voisine, la convocation à la police, le funérarium….
Il me dit qu’il va me faire un calmant… Il m’injecte une première piqûre intraveineuse mais la veine claque… Je le sens nerveux… Il descend chercher une autre mallette de soins dans sa voiture garée juste devant la maison.
 Il revient dans ma chambre SEUL après avoir expliqué de nouveau à ma fille qu’il allait m’injecter un calmant pour m’aider à me détendre et dormir. 
Je le vois préparé des flacons, 7 ou 8 ampoules au total. Je lui demande alors ce qu’il va me faire et il me répond « UN COCKTAIL » !!!! Ce mot résonne dans ma tête lorsque je le vois s’approcher de mon bras droit et piquer la veine. J’ai alors senti une chaleur dans tout mon corps (je croyais même uriner dans mon lit !) et j’ai sombré dans un sommeil comme une anesthésie… (je sais de quoi je parle, j’en ai subi plusieurs !!) puis plus rien. 
A un moment, je me « réveille » car je sens un poids sur moi mais il m’est impossible de bouger, impossible de me défendre… je suis UNE POUPÉE DE CHIFFON !! Je vois le médecin sur moi et plus rien… Ensuite des flashs… toujours ce poids sur moi, et ensuite une impression de « mouillé » sur mon visage… Et toujours cette impossibilité de parler, de bouger !!!
 Je me réveille 2 heures après environ… Complètement droguée, je raconte n’importe quoi à ma fille… Tout est incohérent !!! Je me sens toute bizarre, je me sens salie… Je demande à ma fille ce que le docteur m’a fait ? Où sont les ampoules de produits injectés ???? Ma fille ne retrouve rien ni dans la chambre, ni à la salle de bain. 
Je veux ensuite me lever pour aller aux toilettes et je tombe… mes jambes ne supportent plus mon corps… ma tête tourne… 
Ma fille m’accompagne aux toilettes et me ramène dans mon lit… Je lui demande si le docteur lui a demandé un gant de toilette ou une serviette mouillée. Mais elle me répond : « NON, il ne m’a rien demandé. Simplement de rester au salon car il fallait qu’il te parle, tu étais en état de choc ! ».
 Puis mon état d’inconscience s’est estompé très lentement le lendemain. Et nous n’avons plus parlé de cet « épisode » avec ma fille, d’autant plus qu’elle partait s’installer à l’autre bout de la France pour ses études.
Trois semaines après… j’ai RV chez ce médecin pour mon traitement mensuel ( maladie de l’intestin) , il me demande comment je me sens suite au suicide de ma voisine. Et alors, je lui demande : « Docteur, qu’est ce vous m’avez injecté, nous n’avons pas retrouvé les ampoules à la maison et je commence à lui dire les images, les flashs, tout ce que j’ai ressenti !!! »
. Il me répond tout simplement de ne pas m’inquiéter, que c’est le mélange des produits, qu’il a été obligé de me faire une dose de cheval car j’étais dans un tel état de choc… et que c’était l’histoire de mon père qui remontait à la surface. Je pleure, je m’excuse, je ne sais plus quel mot lui dire pour m’excuser d’avoir pu penser un instant qu’il aurait pu me faire du mal. Je lui fais tellement confiance que je continue à le consulter régulièrement. 
Je précise que JAMAIS ce médecin n’a eu un geste ou une parole déplacée envers moi !!
 Les semaines passent… Ma fille est dans le Sud, je suis seule. Je déménage ce qui me permet aussi de penser moins à cette voisine disparue tragiquement. 
Je me sens très fatiguée, je fais une grosse poussée de recto-colite hémorragique, j’ai mal dans tout le bas du dos et des douleurs atroces dans le rectum. 
Je suis hospitalisée. Le gastro-entérologue m’adresse même à des spécialistes dans différents hôpitaux parisiens. 
Qu’est ce qui a fait déclencher une telle poussée de recto-colite hémorragique ????
 Je me souviens même d’une question posée par un spécialiste à Paris « Madame, c’est très délicat comme question, mais avez-vous subi des abus sexuels ??
 Je réponds tout de suite OUI, à l’âge de 6 ans, par mon père. le spécialiste hoche la tête et dit que c’est hélas courant ce genre de poussées inflammatoires dans le cas d’abus sexuel.
Je me remets doucement presque 19 mois après…. En 2006, un article sur le journal annonce qu’un médecin de la région a été arrêté suite à deux plaintes de patientes qui ont été droguées et violées. Aucun nom ne figurait sur le journal, mais je suis certaine que c’est MON MEDECIN et je revois toutes les images enfouies au plus profond de moi. 
J’en parle à une amie décédée aujourd’hui, et à une autre amie. Je leur explique le soir du suicide de ma voisine, l’arrivée du médecin, le trou noir, les images, ces flashs… Et ces différentes interrogations par la suite jusqu’au moment où le médecin m’avait rassurée à sa façon… 
Le lendemain AM, ma fille me téléphone, elle pleure. Je lui demande ce qu’il se passe et elle me dit qu’elle a appelé sa « mamie » et que celle-ci lui avait lu l’article du journal concernant l’histoire de ce médecin. 
C’est alors que je m’empresse de demander à ma fille si elle a subi quelque chose par NOTRE MEDECIN… et elle me répond « Non, Maman… pas moi… Mais toi, oui, j’en suis sûre !! le soir où la voisine s’est pendue… Et elle me raconte en détail ce qu’elle a vécu et ressenti ce soir là… Le médecin lui demandant de rester au salon, qu’il devait me parler… que j’étais en état de choc…
 Elle nous a entendu parler seulement quelques minutes avant qu’il aille chercher son autre mallette de soins… et plus rien…
 Elle me dit être venue plusieurs fois derrière la porte de ma chambre, elle n’entendait pas de voix… mais des bruits bizarres… des grincements, des bruits de couette… que le médecin était resté environ 2 heures au domicile… 
Et elle me demande de me souvenir dans quel état j’étais après cette injection. 
Elle me dit, tu as voulu te lever, tu es tombée et Maman, tu étais nue, les draps, la couette étaient en boule sur ton lit, le bas de ton pyjama était dans le fond du lit…
TOUS LES DÉTAILS QU’ELLE ME CITAIT FAISAIENT RESSURGIR EN MOI TOUTES CES AFFREUSES IMAGES ET SENSATIONS……
Nous parlions bien toutes les deux du même soir. 
Je prends alors conscience que ce médecin, cet homme à qui je faisais confiance, m’a doublement trahie !!! Ma fille téléphone directement à la Police et donne son témoignage. Moi, je suis convoquée le lendemain et j’explique ce que je peux expliquer. J’apprends alors que d’autres victimes portent plainte. Toutes racontent la même histoire !!! Nous sommes plusieurs victimes de ce généraliste et le procès vient d’avoir lieu aux Assises…. A l’époque des faits, deux jeunes mineures de 13 et 15 ans subissent cet enfer avec ce médecin !!!
Toujours le même mode opératoire, il profitait de la vulnérabilité de ses patientes et leur injectait du Valium et autres produits divers…pour abuser d’elles…
Jusqu’à la fin de mon témoignage au Tribunal, j’ai cru qu’il allait avouer… me dire ce qu’il m’avait fait et pourquoi ???? MAIS RIEN !!! A la fin de la plaidoirie de son avocat, le président lui demande s’il a des questions. Il se lève et dit juste avoir une parole destinée à ma fille pour lui dire de ne pas culpabiliser, et en ajoutant que :
 Si elle avait ouvert la porte de ma chambre, elle aurait vu le médecin faire une piqûre à sa maman, lui essuyer ses larmes, lui tenir la main, car elle était terrorisée suite à ce traumatisme. Alors que je sanglotais dans cette salle d’audience, en criant c’est faux !!!
 il a ajouté :
 Si elle avait ouvert la porte et qu’elle avait vu un violeur, elle n’aurait rien pu y faire !… Ces dernières paroles, ces derniers mots résonnent dans ma tête. 
Qu’a-t-il voulu dire ? Et pourquoi, juste des mots pour ma fille et moi ??? J’espère encore et toujours qu’il avouera et m’expliquera ce qu’il m’a fait et pourquoi.
Cet homme vient de prendre 15 ans de prison pour 9 viols reconnus et une interdiction d’exercer la médecine. Combien de personnes n’ont pas osé se confier ??
Est-ce que l’emprisonnement lui sera bénéfique ? N’y a-t-il pas obligation de soins ??? Sortira t-il plus tôt pour bonne conduite ? 
Recommencera t-il ?
 Y aura-t-il encore et encore d’autres victimes ???? 
Je ne peux pas et ne veux pas y croire !!!
 Voilà ma triste histoire ! Ma triste vie ! 
Comment refaire confiance ? 
Comment se reconstruire après de telles épreuves ????
 Merci à vous toutes et tous d’avoir pris le temps de me lire. 
J’ai essayé par ces mots, DE TENTER DE SOULAGER MA GRANDE PEINE !!! 
A toutes les victimes d’attouchements, d’abus sexuels ou de viols.
SVP, PARLEZ, CONFIEZ -VOUS !!

Juillet 2010

La suite, le procès a eu lieu, 15 ans de réclusion criminelle et 7 mois plus tard, ce violeur est libre !! dossier égaré, nouvel avocat… Je n'en peux plus, je ne crois plus en rien… 

Que devons nous espérer, nous, toutes les victimes de ce violeur ???

SOINS INAPPROPRIÉS CHEZ UNE VICTIME DE VIOL

Madame,
Je viens de lire vos propositions pour la prise en charge des victimes d’agression sexuelle. Pour la première fois depuis trois ans, j’ai le sentiment que les multiples interrogations que j’ai eu, les certitudes, les choix difficiles apparaissent entre les lignes de vos propositions. Je vais vous apporter mon témoignage de simple maman, puisse-t-il vous aider, être une petite goutte d’eau dans votre action.
Voici trois ans, ma fille cadette alors âgée de 17 ans, a été emmené par sa meilleure amie chez un monsieur de 40 ans qui l’a agressée sexuellement et chez qui elle a été séquestrée, insultée, menacée de mort, une nuit entière. Je vais vous résumer son parcours au niveau de la justice qui, bien que navrant, est malheureusement banal, mais je crois que celui de sa prise en charge médicale vous étonnera peut-être. Quelques mois plus tard, elle s’est confiée à sa sœur puis à moi et elle a porté plainte.
L’enquête a été particulièrement longue, elle a « subi » une première « expertise » par un psychologue qui mit en cause la parole de ma fille, lors d’un entretien qui se déroula porte ouverte. Il a fallu attendre deux ans pour que l’agresseur soit entendu puis relâché.
Durant la première année, ma fille a été déscolarisée et a passé son bac sans avoir été en cours. Elle a ensuite voulu entamer une année de droit puis une année de lettres mais son état de santé l’a contrainte à abandonner. Les événements liés à l’enquête, confrontations, convocations… la rattrapaient toujours. L’an passé elle a reçu l’avis de classement sans suite, puis le dossier de l’enquête avant de décider de faire appel. Cela fait maintenant un an et elle vient d’être convoquée chez le juge d’instruction et elle ne pense plus être en mesure de poursuivre plus loin l’action judiciaire pour des raisons de santé.
Durant la première année ma fille a commencé à développer tous les symptômes qui sont décrits sur votre site : stress, insomnie, cauchemars, souvenirs intempestifs, elle entendait ou revivait son agression et toutes les agressions de l’enquête, confrontations etc.. Pendant longtemps elle m’a dissimulé ces troubles qui l’effrayaient. Elle a rencontré psychologue, psychiatre sans avoir l’écoute qui lui convenait pendant deux ans. Les traitements à base d’antidépresseurs ne semblaient pas l’aider ou du moins pas suffisamment. Au bout de deux ans, dans le cadre d’une association d’aide aux victimes, elle a enfin rencontré la psychologue qui la suit depuis plus d’un an.
Après avoir eu l’avis de classement sans suite et après avoir demandé la réouverture du dossier, l’anxiété de ma fille s’est accrue considérablement et elle a fait une tentative de suicide en prenant des médicaments quelques jours avant l’anniversaire de ses 20 ans. Je l’ai emmenée aux urgences, on me dit très vite qu’elle était hors de danger mais sa sœur et moi n’avons pas eu le droit de la voir. Le psychiatre responsable du service psychiatrie nous a rencontrées pour nous expliquer le « protocole » : « En cas de tentative de suicide le patient est isolé de sa famille ». Nous avons tenté de lui expliquer les circonstances de son geste et nous lui avons dit également qu’elle devait sans doute demander à nous voir et que cela la rassurerait. Ce monsieur nous a affirmé que ma fille avait accepté de se faire hospitaliser et qu’elle ne demandait pas à nous voir. Sa sœur et moi-même avions conscience de la nécessité d’une prise en charge mais il nous semblait inconcevable de la priver de sa famille en des moments si difficiles. Sa sœur aînée a dit au psychiatre : « Mais c’est le classement sans suite, les témoignages qui ont déclenché cela, ma sœur allait mieux, elle avait même des amis à la faculté. » Il lui fut répondu : « Si elle était morte, elle n’aurait plus d’amis, plus de famille, et puis cela n’a pas empêché qu’elle fasse une tentative de suicide. »
Nous avons pendant la nuit cherché une solution et le lendemain nous avons présenté une lettre de ma fille hospitalisée précisant que j’étais son référent. Devant le refus des infirmières, j’ai rencontré une personne de la direction qui m’a reçue et a convoqué le psychiatre. Celui-ci a alors dit que si je rencontrai ma fille, il ne l’accepterait pas dans son service et qu’elle devait accepter de sortir contre avis médical. Lorsque sa sœur et moi avons enfin pu la rencontrer, nous avons appris que depuis la veille, elle demandait à nous voir et qu’elle avait accepté de faire hospitaliser sans savoir qu’elle ne pourrait pas nous rencontrer. Nous sommes sorties au plus vite de cet hôpital.
L’état de ma fille demeurait très inquiétant. Sa souffrance était très importante et omniprésente, elle éprouvait le besoin d’une prise en charge hospitalière. Nous avons donc rencontré son médecin traitant qui lui a conseillé une clinique privée. L’hospitalisation de ma fille a eu lieu deux semaines plus tard. J’ai accompagné ma fille et, avec son accord, j’ai rencontré le psychiatre pour lui expliquer ce que ma fille avait subi. A ce moment là, elle avait des difficultés d’élocution proche du bégaiement et s’exprimait très difficilement devant d’autres personnes que sa famille. Néanmoins, je peux dire que ce monsieur était au courant de son vécu.
Ma fille était en attente de prise en charge psychologique et dés les premiers jours, elle me disait vouloir rencontrer la psychologue et participer à des groupes de paroles. Au bout de quelques jours je la vis de plus en plus diminuée. Elle ne pouvait plus parler. Elle n’avait plus le contrôle de la mâchoire inférieure et était visiblement la personne la plus médicamentée de la clinique. M’inquiétant, je réussis à avoir le psychiatre au téléphone qui me dit : « avant de rencontrer la psychologue il faut calmer l’anxiété de votre fille et nous soupçonnons une autre maladie car votre fille a des hallucinations.»
Le lendemain, je rencontre ma fille et lui pose quelques questions et là, elle me dit tristement : « on m’a dit que j’avais une autre maladie et que je devrais prendre des médicaments toute ma vie. Je n’ai pas osé te le dire mais j’ai des hallucinations ». Je continue à lui poser des questions sur ce qui s’est passé dans le service et sur le contenu de ses hallucinations. Je réalise alors trois choses : premièrement la fatigue de ma fille est telle qu’elle a de grandes difficultés pour s’exprimer et que ses crises de dissociation s’expriment de façon pauvre : « j’entends des voix, on crie sur moi, on va me tuer, les gens veulent m’agresser » puis les injections pour la calmer, l’endorment profondément. En second lieu, ma fille se croit folle, et n’est pas étonnée par le diagnostic à peine dissimulé, de schizophrénie, il fait écho à tous les étranges symptômes qu’elle dissimule depuis plusieurs années. Enfin en continuant à l’interroger, elle me décrit plus en détail le contenu de ces états et je réalise qu’ils correspondent tous à une réalité de son passé : la lecture de témoignages qui l’agressent, l’agression proprement dite, elle entend des phrases que j’ai lu dans le dossier, elle décrit des endroits précis (l’appartement, la gendarmerie) j’apprends aussi que personne dans la clinique ne lui a posé les questions que je lui pose. Je lui dis alors que ce qu’elle vit correspond à des souvenirs bien réels et que ce ne sont pas des hallucinations. Je lui conseille d’en parler à la psychologue ou au psychiatre. Durant les jours qui suivent ma fille essaiera en vain de rencontrer la psychologue. Elle tombera à plusieurs reprises avec une tension qui chute à 7. Elle garde encore aujourd’hui les cicatrices de ses chutes. En colère, elle se heurte à un des psychiatres et trouve l’énergie de sortir de la clinique une semaine plus tard après quinze jours d’hospitalisation. C’est la deuxième sortie contre avis médical.
Nous rencontrons son médecin traitant qui découvre que ma fille a un traitement extrêmement lourd : Risperdal à haute dose, Tercian, injections de calmant dont j’ai oublié le nom et arrêt des antidépresseurs. En une semaine, malgré le contexte psycho-traumatique, ma fille a été traitée pour schizophrénie. Son médecin traitant diminue les doses de Risperdal et la place sous antidépresseur avec des anxiolytiques. Nous trouvons un hôpital de jour à 50 km qui pratique des activités basées sur la voix et le chant. Cela aide beaucoup ma fille qui s’y rend une fois par semaine.
Le médecin traitant de ma fille lui fait lire le compte rendu fait par le psychiatre de la clinique : il évoque un contexte traumatique sans le lier réellement aux symptômes. Durant les mois qui ont suivi, ma fille a eu plusieurs épisodes dissociatifs devant moi. J’ai remarqué qu’ils étaient toujours déclenchés par une lumière particulière, une fenêtre. Je l’ai rassurée, je lui disais qu’il s’agissait de souvenirs, je lui ai demandé de dire ce qu’elle voyait et j’ai constaté à chaque fois qu’il s’agissait de souvenirs précis. Je l’ai aidée comme je pouvais à sortir de ces souvenirs, en se rappelant qu’elle était sortie de l’appartement où elle a été agressée, qu’elle était sortie de la gendarmerie où elle avait revu son agresseur. Je la guidai parfois pour trouver la porte. A chaque fois que je pouvais faire cela, elle se calmait progressivement et se sentait beaucoup mieux en revenant à elle.
Ma fille avait des épisodes où sa souffrance était insupportable et j’ai parfois tenté de lui obtenir de l’aide en allant aux urgences. Je croyais naïvement qu’on pourrait lui administrer un calmant pour atténuer momentanément sa souffrance. En rencontrant une infirmière, je posais simplement la question et elle me répondit : cela dépend de l’interne. Puis au fur et à mesure des questions qu’elle posait, je réalisais que l’on soupçonnait ma fille d’être en manque de drogue. Ce jour là ma fille sortit sans aucune aide. J’ai d’ailleurs pensé que si sa prise en charge n’était pas satisfaisante, celle des jeunes en état de manque ne devait pas l’être non plus et qu’il fallait être inhumain pour ne pas soulager de telles souffrances qu’elles soient dû à un état de manque ou à un traumatisme.
J’ai remarqué qu’il y avait un décalage important entre les émotions que ma fille ressentait et les manifestations anxieuses et j’ai tenté au quotidien de réduire ce décalage et de l’encourager à s’exprimer soit directement soit en écrivant pour ses rendez-vous avec sa psychologue.
Dans le même temps la juge d’instruction qui avait accepté immédiatement de rouvrir le dossier a demandé une nouvelle expertise psychologique. Cette dame a fait l’effort de chercher quelqu’un de compétent et nous avons dû faire 150 km pour nous rendre au rendez-vous…
Ma fille a ensuite tenté d’arrêter elle-même ses anti-dépresseurs et a fait une rechute au mois de juin, un peu avant la date anniversaire de son agression. Les anxiolytiques qui lui furent prescrit (Lysanxia puis Xanax) semblaient augmenter ses crises d’anxiété, qui étaient telles qu’elle perdait conscience durant plus d’une demi-heure. Elle a dû être mise sous oxygène par les pompiers à plusieurs reprises. Elle a été hospitalisée deux jours en psychiatrie. Là, elle a précisé qu’elle ne voulait pas de neuroleptiques et malgré cela, dés le premier jour elle en a eu associés à de l’Effexor et du Temesta. En sortant deux jours plus tard, son médecin traitant a commencé à être ébranlé par tant d’avis médicaux convergents (mais sans doute motivé par un seul dossier médical ) et a évoqué la nécessité de poursuivre le médicament prescrit. Ma fille avait eu des difficultés à arrêter le Risperdal quelques mois auparavant. Ses troubles par contre étaient apparus après l’arrêt des antidépresseurs et avec la prise de Lysanxia et de Xanax. Nous avons donc décidé de poursuivre uniquement le traitement par Effexor et Temesta. Celui-ci a beaucoup aidé ma fille. Elle a pu reprendre la lecture. Les crises d’angoisses sont gérables et baissent considérablement sous Témesta à dose correcte. En août ma fille a fait une cure à Néris-les-Bains. Les massages lui furent très bénéfiques.
Depuis le mois de septembre, elle est partie vivre la semaine chez son frère dans une ville à plus de 100 km pour reprendre une vie sociale avec des jeunes de son âge. Elle a entamé une formation pour s’orienter vers un BTS en alternance. Elle continue à voir très régulièrement sa psychologue. Elle avait décidé d’arrêter la procédure mais a été convoquée par la juge d’instruction. Elle vient d’apprendre qu’il n’est pas possible d’arrêter la procédure. Bien sûr elle n’a pas été bien. Elle a eu de nouveau des épisodes de souvenirs non maîtrisés mais elle a lu votre phrase : « des manifestations normales à une situation anormale »…elle a lu vos articles et elle est maintenant persuadée de ne pas être ni psychotique ni schizophrène.
Cela lui a permis de continuer son stage, de retourner chez son frère, d’être moins exigeante envers elle-même et en étant moins anxieuse devant les symptômes de son traumatisme, l’anxiété est globalement moins importante même si les circonstances restent difficiles.
Pour accompagner ma fille ces dernières années, j’ai été contrainte de me mettre en arrêt maladie. J’ai été plus d’un an avec la moitié d’un salaire, je suis en surendettement, j’ai fait le choix sans hésiter de sacrifier ma vie professionnelle. Pour garder les idées claires, je n’ai jamais pris de médicaments, j’ai pratiqué la brain-gym pour gérer la fatigue et le stress, j’ai dévoré des milliers de pages médicales en Français et en Anglais sur Internet. Le vide existant au niveau d’une bonne prise en charge médicale ne m’a pas laissé le choix, mais j’ai eu conscience que cette absence de prise en charge correcte constituait pour ma fille un traumatisme supplémentaire avec une nouvelle mise en danger, une perte de confiance en son environnement médical.
Souvent ma fille évoque les personnes agressées qui n’ont pas le soutien de leur famille ou pis encore, celles dont on met la parole en doute au sein même de la famille. Comment survivre ?
Bien sûr, j’ai eu le sentiment de prendre des risques en faisant confiance en mon intuition. Je suis certaine d’avoir fait des erreurs dans ce parcours pour lequel je ne m’étais pas préparée. Néanmoins le fait de voir ma fille s’exprimer, pleurer, rire, prendre de l’autonomie, choisir une direction est une joie pour moi. Les feux orange clignotant de l’inquiétude d’une maman sont toujours prêt à s’activer et, actuellement mon travail consiste à les entretenir à bon escient, c'est-à-dire être là quand il faut, seulement quand il faut.
Je me pose cependant une question, au niveau médical, quand je vois les études et les enquêtes sur les schizophrènes et les terrains à risque de cette maladie. Les études se situent toujours sur un diagnostic établi et que l’on ne remet pas en cause. Or le diagnostic ne s’appuie que sur une série de symptômes qui se répètent dans le temps. Si on prend pour exemple des personnes ayant subi un traumatisme, les symptômes de stress post-traumatique alliés à la mauvaise prise en charge de ces malades, et donc à la répétition de ceux-ci dans le temps, peuvent permettre de faire un diagnostic de schizophrénie erroné pour peu que l’on ne fasse pas de lien entre les états dissociatifs et les traumatismes antérieurs. Dans les mêmes enquêtes sur la schizophrénie on voit que les traumatismes durant l’enfance font partie d’un terrain favorable, ainsi que les facteurs environnementaux. Or en changeant de point de vue, il semble légitime de se demander si tous les schizophrènes diagnostiqués dans ce cas ne sont pas des personnes souffrant de SPT.
De même on parle des effets du cannabis à forte dose, je suis bien sûr persuadée que cette substance est nocive, néanmoins on peut remarquer également que la souffrance due au stress post-traumatique favorise la prise de drogue ou d’alcool pour soulager cette souffrance. Il n’est donc pas inopportun de penser qu’un certain nombre de ces schizophrènes diagnostiqués sont des personnes victimes de traumatismes non pris en charge, et dont l’état s’est détérioré avec la prise de ces substances. Ce qui me semble dramatique c’est la difficulté pour remettre en question des diagnostics établis. Il semble difficile de faire part de mon sentiment voire de l’expérience de ma fille sur le net sans risquer de donner de faux espoirs à de vrais malades, ce qui serait désastreux voire dangereux. J’ai essayé d’en parler avec le psychiatre qui avait suivi ma fille à la clinique mais il était tellement difficile pour lui de remettre en cause son diagnostic et tellement facile pour lui de penser qu’une mère qui refuse le diagnostic est une chose tellement courante, normale, compréhensible, que j’ai bien vu qu’il ne m’écoutait pas.
Alors la seule solution que je vois, est de vous écrire mon simple avis, peut-être pourrez vous grâce à vos formations permettre à vos confrères d’éviter des épidémies de schizophrénie, de psychotiques hypermédicamentés (je me demande d’ailleurs si certains laboratoires n’ont pas un intérêt financier à favoriser cette épidémie, à financer des enquêtes). Vous pouvez utiliser mon témoignage comme vous le désirez pour favoriser la création de centre d’accueil pour les victimes ce qui me semble la solution la plus satisfaisante pour elles.
Avec tous mes remerciements pour votre action,

Ce psy en qui j'avais confiance...

Je suis suivie depuis février 2006 par le docteur S. qui est psychiatre comportementaliste à Ajaccio.
J ai toujours eu un compagnon qui m a quittée au mois de novembre et j ai fait une tentative de suicide.
Ce monsieur la à commencé à me dire que cet homme n avait pas le droit de me faire l amour que lui était le seul homme de confiance que je pouvais compter sur lui qu'il serait toujours la pour moi .
Puis par la suite il a commencé à me caresser les cheveux j avais besoin d écoute d aide et je me laissais faire.
Puis dans deux séances il me met nue et me mesure les jambes le ventre les seins en me disant que c était pour voir si je n étais pas anorexique
Je ne disais rien.
Après par la suite il me dit que je le trouble et moi j avais besoin de soutien car j ai beaucoup de conflits dans ma famille et cela il le sait.
Cela c’est fait doucement il m a mise en confiance
Puis dans les autres séances il me dit que je le fais "bander" je peux dire que j en étais flattée car c’était le seul homme qui s intéressait à moi
Il se mettait derrière moi et faisait des attouchements.
Puis en février je lui fais une fellation dans son cabinet je ne sais pas comment j ai pu me laisser manipuler ainsi il me fait payer la séance il me dit aussi que cette relation doit rester secrète
Puis ensuite on fait l amour dans son cabinet je pensais cela à ce moment car la je sais qu’ il m avait préparé pour me faire croire que l on allait vivre une relation amoureuse.
Mais lui ne pensait qu’a son plaisir conscient de ce qu il fait inconscient des dégâts que cela me fait dans la tête, même la je suis en dépression
et cela continue ainsi fellations caresses passages à l actes jusqu’ au mois d avril. je lui parle de mon mal être par rapport à cette relation que c est pas une relation patient thérapeute pas une relation amoureuse qu elle définition on peut donner à cette relation et la il me répond que "c 'est une relation humaine et spontanée pas dans la nocivité et la perversion" et me retourne la question "qu en pensez vous?" ,je ne réponds pas mais je lui dit que je lui en voudrais toute ma vie de m avoir fait payer les séances car je n ai jamais payer un homme pour faire l amour .et la il dit que ce n 'est pas grave et je lui dit que cela fait penser à un inceste cette relation il ne répond pas
Lui il sait tout de moi rien de lui il connait mes faiblesses mes limites mes fragilités et il s en sert et s en sert
Confusion des langues
le dernier passage à l acte remonte au 17 avril 2009
la semaine suivante je me sens pas bien je lui tél à 8 heures du matin car dans ma tête tout est confus je ne sais plus si il est mon médecin mon amant et j attends
Qu’il me rappelle
Il me tél à 18 heures
et la j explose je lui dit qu’il y a abus de pouvoir et de confiance et qu'il est l homme le plus pervers que j ai rencontré et la il me répond par tél "c’est pas sur cela que l on doit travailler" je lui dit que je ne veux plus le voir
Ensuite viennent les idées suicidaires et je tél à SOS dépression tous les soirs qui m ont fait comprendre que ce n’est pas normal que je dois le signaler
Ils me soutiennent pendant 15 jours
La je décide de porter plainte c était cela ou je mourrais
Je vais donc à la police des mœurs et des mineurs à Ajaccio ou je suis auditionnée pendant au moins 30 heures.
Mercredi dernier le docteur S est mis en garde à vue et nie les faits
je suis confrontée à lui dans la nuit de jeudi et maintien mes déclarations
je lui réponds que j étais sous transfert transport et qu’ il a profité de son pouvoir et que c était lui le garant du cadre thérapeutique que ce n était pas à lui de les faire exploser
Il continue de nier
Mais reconnais des simulacres de relations sexuelles pour remonter ma libido car en tant que psychiatre comportementaliste il voulait m aider et que j avais mal compris.
Et la il est relâché et est témoin assisté.
Cela fait déjà 2 ans. Vendredi je suis convoquée j ai le juge d instruction pour une confrontation j ai peur.
Je sais qu’ ils ont retrouvé 5 autres victimes mais elles n osent pas porter plainte ce que je peux comprendre nous vivons en corse ou tout le monde se connait ou c’est très machiste ou la loi du silence est de rigueur nous sommes éduqués pour.
En plus ce Monsieur est franc maçon je ne sais pas si cela peut changer la donne au niveau justice .

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