Paroles de proches de victimes

Il cloisonne tout

Dans une relation amoureuse depuis une petite quinzaine d’années, j’ai rencontré S lors d’un voyage, au mois de décembre 1997, aux Etats-Unis. Je suis tombée sous le charme : grand, brun, intelligent et surtout insaisissable. 

A cette époque j’étais en couple, fiancée et j’envisageais de rompre. De retour en France, j’ai quitté mon fiancé. S m’a contactée quelques jours après mon retour. Il était gentil, affable, s’intéressant aux autres. Des qualités humaines altruistes que je recherchais. Il m’a annoncé qu’il serait de retour à Paris au mois de mars et qu’il espérait que l’on pourrait se voir. J’étais conquise.

Le mois de mars arrive. Nous nous revoyons. Et dès ce jour, « notre relation » commence. Je le vois en soirée, durant son séjour. Nous allons à l’hôtel mais il ne reste jamais la nuit entière. Je suis sur un nuage mais je ressens quelque chose de curieux que je n’arrive pas à définir.

Il repart aux Etats-Unis. Nous restons en contact. Pour moi, dès mars 98, S et moi sommes un vrai couple peut-être éloigné par la distance mais avec des sentiments très forts, proches du passionnel.

Il revient définitivement au début de l’automne pour prendre des fonctions d’avocat dans un cabinet de conseil parisien. Je me réjouis de cette nouvelle pensant que nous vivrons notre amour au grand jour.

Bien au contraire, il rentre, il est distant et fuyant, parfois méprisant. Il me fixe des rendez-vous tardivement et les honore avec 30 minutes voire 90 minutes de retard. Je m’impatiente mais je l’attends.

Je découvre qu’il entretient d’autres relations ; c’est la raison pour laquelle nous ne nous voyons qu’un jour sur deux. Une dispute éclate : il me dit qu’il est comme ça et que ça n’a pas beaucoup d’importance. Il est en train de réussir à m’inculquer de nouvelles valeurs : la fidélité n’est pas une chose importante dans une relation amoureuse !

Il mène allégrement une double vie construite sur des mensonges et sa force de persuasion. Je le trouve de plus en plus malsain mais ses failles m’attirent.

Je reste : le fait qu’un homme aussi intelligent s’intéresse à moi, cela me renvoie une image très positive.

Quelques années plus tard, nous sommes toujours ensemble. Il projette de partir à nouveau aux Etats-Unis et de s’y installer. Je suis séduite par cet homme si brillant. Nous parlons de partir ensemble à condition que je sois autonome financièrement donc que je travaille aux USA. Quelques jours avant son départ, il m’annonce que c’est fini et qu’il ne m’aime pas. J’ai le cœur brisé.

Quelques mois plus tard, un ami me révèle que S est parti avec une autre conquête féminine. Une relation qu’il entretenait lorsque nous étions ensemble. Toujours cette double vie !

S me recontacte. Je lui dis d’arrêter et d’essayer de vivre une relation normale avec son amie puisqu’il l’a choisie. Le temps s’écoule mais quelques mois plus tard, il me recontacte par email. Nous échangeons avec plaisir. C’est détendu, plein de finesse et intéressant. Je ne crains rien puisque je suis en couple. Néanmoins, je suis en train de retomber amoureuse. C’est un fin manipulateur, il a réussi à glisser pendant la conversation que j’étais extraordinaire et qu’il était célibataire. Il m’invite à le rejoindre aux Etats-Unis. Je pose 15 jours de vacances pour le rejoindre. J’arrive et dès le soir je découvre que son amie est rentrée en France pour voir sa famille pendant 15 jours et que l’appartement qu’il loue est aux deux noms. Je le traite de dingue et exige qu’il me trouve un billet pour rentrer en France.

Je rentre dépitée. Je veux savoir pour quelles raisons il s’est conduit comme ça ? Pourquoi me fait-il tant souffrir ? Pourquoi a-t-il besoin de manipuler ? Pourquoi est-il aussi malsain ?

En façade, c’est quelqu’un d’affable, compréhensif et gentil.

Je lui adresse un dernier mail en lui posant toutes ces questions. N’ayant pas de réponse j’adresse un mail à son amie (celle avec laquelle il s’est installé aux Etats-Unis). Ils étaient en train de préparer leur mariage. J’ai appris 2 ans plus tard que le mariage avait été annulé suite à l’envoi de mon mail.

S m’a recontacté 2 ans après cet incident pour s’excuser de tout ce qu’il m’avait fait endurer et me remercier de l’envoi du mail. C’est à ce moment qu’il m’a appris qu’il ne s’était pas marié. Il m’a expliqué qu’il voyait un thérapeute mais qu’il avait le sentiment que ça ne servait à rien.

J’étais dans une relation amoureuse mais pas assez amoureuse pour résister à l’appel des sirènes. J’ai rejoins S qui était toujours en poste aux Etats-Unis. Nous avons partagé des moments délicieux. Je suis rentrée en France persuadée que cette fois-ci, il avait fait table rase du passé et que ces démons étaient loin. J’ai rompu avec mon amoureux.

Je suis revenue travailler à Paris pour être disponible lorsqu’il serait de retour. En effet, je vivais avec l’espoir que notre relation reprendrait.

Quelques mois plus tard S me dit de venir m’installer chez lui à Paris. Tout est cloisonné dans sa vie. Je connais son fils mais je ne connais pas ses parents. Je rencontre parfois ses amis lors de soirée mais je suis discrète : interdiction de me coller à lui ou de faire des scènes de ménage.

Parfois il me dit que son père est mort. Je le trouve dure car ce n’est pas le cas. J’ai l’impression de cohabiter avec lui. Tout ce qui est de l’intime est compliqué. Il est sombre. Je le lui fais remarquer. Il répond que c’est sa nature. J’ai cette impression persistante qu’il me cache quelque chose. Je ne sais pas ce qu’il dissimule mais c’est envahissant. Il refuse de faire des projets prétextant qu’il a trop de travail.

Il est de plus en plus froid et distant. Je découvre qu’il couche de temps en temps avec d’autres filles lors de voyages professionnels ou quand je suis en province. A chaque fois, je lui fais des scènes. Il me dit que je suis totalement parano. Il m’explique qu’il n’a aucun sentiment pour elles mais qu’il est obligé de consommer.  Je lui réponds, comme à chaque fois, qu’il est malade. Je sais qu’il déteste être seul mais ce n’est pas une raison.

Je le surprends certains soirs debout en train de regarder des films pornographiques. Les images sont violentes. C’est comme une drogue. Il a une addiction extrême pour ces images pendant une certaine période. J’ai le sentiment qu’il a quelque chose en lui qui le ronge et qu’il lutte contre quelque chose de très violent que je n’arrive pas à définir. Je sais juste qu’il souffre et que c’est violent.

Parfois il sort du lit en hurlant de douleur : c’est encore une crampe.

A chaque fois que j’essaye de mettre fin à notre relation, il arrive à me convaincre de rester car je suis la seule à le connaître, comprendre ou à prendre soin de lui. Ces mots me séduisent. Je reste car j’ai cet orgueil mal placé qui me dit que je suis très forte et que je réussirai à le changer.

Un soir, nous étions couchés et je lui ai demandé si son père avait abusé de lui. Il a fondu en larmes. Il m’a expliqué qu’il était « mort intérieurement » et que la vie n’avait aucun sens. Il m’a parlé de la « vacuité de son existence ».

Nous nous sommes séparés quelque temps après. Rien à voir avec sa révélation mais je souhaitais une relation dans laquelle je puisse m’épanouir et surtout une relation saine et simple.

Plus d’un an s’écoule et il me recontacte. J’apprends que j’ai un problème de santé incurable. Je suis anéantie. Au son de ma voix il sait que ça ne va pas. Il me propose de prendre un verre. Il arrive. Je suis heureuse de le revoir. Il m’apprend qu’il s’est marié avec une fille des pays de l’est pour qu’elle puisse avoir la nationalité française. Elle ressemble à un top model, elle est parfaite. Il ne veut plus mentir. Nous rentrons chez moi et nous faisons l’amour. C’est simple et agréable.

Nous sommes à nouveau ensemble et essayons d’être heureux.

Il ne manipule et ne ment plus. Il cloisonne toujours. Il est très secret. Il a un rapport à l’argent très particulier. Il est extrêmement économe. Il s’investit énormément dans son travail. Il n’a pas de vrais amis. Il ne se confie guère. Parfois je le regarde et j’ai l’impression qu’il n’est qu’un être en souffrance. C’est dur. Il n’a pas de répit. On vient d’ailleurs de lui déceler une tumeur.

J'ai honte de notre société

Ma fille m'a avoué à l'âge de 19 ans les abus sexuels de son père dont elle a été victime durant sa petite enfance (de l'âge de 3 ans à 6 ans). A cette période nous étions divorcés et il profitait de ses droits de visite chez ses parents pour accomplir l'horreur. Je n'ai jamais rien su, rien vu, je ne me suis jamais doutée de rien. Je ne pensais même pas à l'époque (1992) qu'un homme puisse abuser de son enfant si jeune, je ne pensais pas que je ne pourrais jamais voir.
 
L'enfant ne dit rien, soumis au silence, au chantage, il prend tout sur lui. Il cache les choses qu'il ne sait pas à cet âge, être anormales. Il souffre en silence. Mais la bombe est placée en lui, elle est à retardement et elle est terrible ...
 
Depuis l'âge de 7 ans, ma fille n'a plus eu de contacts avec son père. A la pré-adolescence elle est devenue violente et provocatrice, puis adepte des drogues et de l'alcool à l'adolescence. Elle avait une image extrêment négative d'elle-même. Elle choisissait de mauvaises fréquentations, elle se scarifiait les bras ... Elle faisait des cauchemars et se réveillait en hurlant, mais jamais elle ne parlait. Je n'arrivais pas à comprendre sa douleur, une telle violence en elle, un tel rejet de mon aide. Les années ont été très difficiles. Je l'ai plusieurs fois changée d'établissement scolaire. Ses amies savaient, certains profs savaient, personne ne m'a jamais rien dit de ce qui la torturait. Je l'ai su beaucoup plus tard.
 
C'est à l'âge de 19 ans qu'elle a hurlé sa douleur, l'inceste dont elle avait été victime. Au bord du gouffre elle l'a crié. Suite à ses déclarations en gendarmerie à laquelle je l'ai amenée dès que j'ai su, son père a porté plainte contre elle pour diffamation.
 
Elle a aujourdh'ui 21 ans, elle n'a pas de travail, elle vit dans un lieu insalubre avec un garçon (victime de violences paternelle durant l'enfance) qui l'a battue. Ils se droguent et s'enfoncent dans les dettes. Ils sont hors société et ne travaillent ni l'un ni l'autre. Sans revenus, sans carte d'assurance maladie, sans aide aucune parce qu'ils ne peuvent pas trouver d'aide. Ils vivent sans véhicule perdus dans la campagne Bretonne. Ils ont faim et froid et se sont isolés du monde "normal".
 
Je suis désemparée, je ne sais plus que faire. Ma fille est majeure et je ne peux pas l'aider, tout juste lui apporter de temps en temps de la nourriture. Cette situation est intolérable, personne ne peut m'aider : "votre fille est majeure" c'est ce que l'on me répond. "Elle devrait faire... elle devrait aller..." personne ne comprend qu'elle n'arrive plus à aller où que ce soit ni faire quoi que ce soit pour sortir de l'enfer.
 
La société ne comprend pas le problème terrifiant que doivent affronter les victimes. Elle ne comprend pas qu'il faut les aider, les porter et les soigner, leur donner les moyens de se construire une image positive pour pouvoir avancer. On tourne en rond et on vit dans une société qui s'occupe mieux de ses animaux (SPA) que de ses propres enfants pour lesquels nous n'avons aucune structure, aucun professionnel capable de traiter correctement de ces sujets.
 
Victime certes ma fille l'est, mais pas elle seule. Ses souffrances et sa violence, son état et sa "déchéance" ont fait et font souffrir toute la famille. Sa soeur a grandit dans les cris et les pleurs, elle la voit ainsi, perdue. Nous aussi sommes des victimes, mais personne dans la société n'en parle. Je pleure, je me bats contre les huissiers qui la cherche et qui viennent frapper à ma porte ... Nous vivons l'enfer avec ma famille parce qu'un ex mari a abusé de mon enfant , de son enfant en toute impunité il y a 16 ans et personne n'est en mesure de nous apporter une aide réelle. Devra t-on lorsque nous serons à tout à fait à bout faire justice nous même ? piètre soulagement. Il m'est pourtant venu à l'esprit plus d'une fois d'agir et d'éliminer ce monstre qui continue depuis tant d'années à vivre sereinement et qui a laissé tant de souffrance derrière lui. Mais la prison serait pour moi si j'agissais dans ce sens, pas pour lui. L'enfer restera pour nous et ceci n'aidera pas mon enfant détruit.
 
Criminels sont les abuseurs d'enfants, criminelle est la société qui ne sait ni voir ni agir, coupable est la justice de ne pas être au fait de cette terrible réalité, coupables les gens qui ne veulent ni entendre, ni parler. Même les animaux n'agissent pas ainsi que l'homme peut le faire ... J'ai honte de notre société qui ose se dire civilisée.

Le grand-père agresseur

Mes deux filles ont été agressées pour la première fois au printemps 2009 par leur grand-père paternel alors qu'elles étaient âgées de 2 ans et demi et 4 ans.

Elles étaient exceptionnellement pour 3 jours chez les grands parents. Leur grand-mère les a laissées seules dans le bain sous la garde du grand-père car elle voulait aller cuisiner. D'après la plus grande, voilà comment ça s'est passé :

" Papi voulait nous faire rire il nous disait, ma petite pomme, ma chéri, il jouait et il a sorti son zizi. Il n’arrêtait pas de toucher son zizi et d'un coup il nous a fait pipi dessus. Mamie est arrivée et l'a vu."

Elle a dit "tu ne peux quand même pas faire ça à tes propres petites filles" puis elle a expliqué au petites qu'il ne fallait rien dire, qu'un vieux Monsieur avait fait ça à papi quand il était petit et que ce n'était pas sa faute s'il avait pris l'habitude de faire ça!

Ma plus grande fille m'a aussi expliqué par la suite : "Je savais que papi allait faire ça car il ne jouait pas comme les autres papis et j'avais peur!" et la petite m’a dit : « Papi il aimait bien mes fesses, il jouait à les maquiller avec un coton »  je suppose donc qu'en fait il y a un moment que ça allait crescendo.

Le grand père a récidivé. La grand-mère, même en ne disant rien, aurait au moins pu ne plus le laisser seul avec elles. Mais en Aout 2009, mon mari étant en stage et moi au travail, ils ont pris les petites en vacances une semaine dans une maison de campagne. Pour y aller, la grand mère a laissé le papi venir les chercher seul en camping car…

Dès qu'il est parti de chez nous il s'est arrêté sur une air de repos d'autoroute et a emmené les petites dans la douche. Heureusement dans notre malheur, il n'y a pas eu viol. La plus grande raconte :

" Il a dit qu'on allait jouer. Que j'étais mamie et que je devais laver ma petite sœur. Il a encore touché son zizi alors qu'il avait promis de ne jamais recommencé. Il nous a fait pipi dessus, ça collait à nos cheveux et notre figure. Il voulait que je touche son zizi, qui tenait tout droit comme s'il y avait un bout de bois dedans mais je ne voulais pas j'avais trop peur je voyais dans ses yeux que c'était mal. Il nous a lavées à l'eau glacée et nous a fait mal en nous essuyant. Après, il nous a dit que tout était notre faute que nous avions déclenché ça que nous avions ce que nous méritions. Il était en colère, a dit : "si vous le répétez, les méchants docteurs et gendarmes vous enlèveront à vos parents et c'est mamie et moi qui prendrons leur place." Et puis il les a menacées de faire du mal à leur maman.

C'est à moi, la mère, que les petites ont fini par parler, presque accidentellement.

En septembre 2009, la plus petite toussait beaucoup et j'ai voulu lui mettre un suppositoire. J'ai mis dessus un peu de pommade pour ne pas risquer de lui faire mal et là elle a dit : "Comme le zizi quand il se lève!" Ca a été terrible! La grande, terrorisée, est arrivée en criant : "non! ne dit rien!, on n'a pas le droit de le dire!" Elle pleurait, était très affolée. Ce jour l, elle a admis que ce que ça sœur disait était vrai mais refusait de dire qui. (La petite n'osait plus rien dire). Elle a même inventé des histoires totalement irréalistes, par exemple un inconnu à l'école alors que sa sœur n'allait pas à l'école, puis un inconnu chez la nourrice mais elles n'avaient pas eu la même nourrice. Puis elle a cité tous les hommes que nous connaissons, y compris leur père. Tous sauf 1, l'agresseur. Mais j'avais tellement confiance en mes beaux-parents que je n'ai même pas compris. Il a fallut 2 jours. Je les ai calmées, câlinées. Je leur ai expliqué que ce que cet homme avait fait était interdit par la loi. Qu'elles n'avaient rien fait de mal, qu'elles ne risquaient rien si elles parlaient. Que les hommes qui faisaient ce genre de choses recommençaient toujours. Qu'ils pouvaient faire des choses encore plus graves, voir les blesser. J’ai dit à la grande que si elle ne me disait pas qui, je ne pourrai protéger ni elle, ni sa petite sœur. Et d'un coup elle m'a regardée bien en face avec des yeux que je n'oublierai jamais et a dit comme si c'était une évidence : "Mais maman, c'est papi!" J’ai compris plus tard que pour elle, étant la maman qui savait toujours tout, il était impossible que je ne sache pas ce qui se passait.

Nous avons commencé par nous demander ou porter plainte pour être sûrs que le dossier  tombe de suite dans les meilleures mains pour être bien suivi. Nous pensions qu’il y avait surement une cellule spécialisée et pas qu’on devrait aller au commissariat du coin voir l’agent de garde. Nous avons demandé à une psy qui c’est littéralement débarrassée de nous. (Je n’ai pas le temps, au revoir tenez moi au courant.) Puis j’ai demandé à mon médecin s’il savait ou je pouvais me renseigner : réponse : « tu me prends de court, je ne sais pas, tiens moi au courant ». J’ai demandé à un autre psy mais du CMPI, il m’a dit qu’on ne lui avait jamais demandé et qu’il allait se renseigner auprès du procureur. Il nous a finalement renvoyés vers le poste de gendarmerie le plus proche.

Après le dépôt de plainte les petites ont été auditionnées. Elles ont raconté ce que leur papi leur faisait. Elles n’ont pas donné autant de détails qu’à nous car c’était très court alors qu’elles nous en parlent depuis des mois. Le gendarme en sortant nous a dit que ça s’était bien passé et que, peut être, une expertise psy ne serait pas nécessaire. Confiants, nous avons commencé à les faire suivre par un psy à l’extérieur.  C’est 9 mois après que les petites ont finalement été convoquées à une expertise psy, soit 1 an après les faits… et on leur a demandé de tout raconter à nouveau. Vous imaginez à cet âge.

Une des psy m’a dit en conclusion : « Vous savez on voit bien qu’elles disent vrai mais sans témoin et sans traces physiques, l’affaire sera surement classée ! » Nous avons été abasourdis. Je lui ai dit que je trouvais ça scandaleux et elle m’a dit : « Et alors, vous attendez quoi d’un procès ? Maintenant il faut tourner la page, vous reconstruire. »  Comme je lui ai expliqué, d’abord, cet homme est entouré d’autres enfants… ensuite si sa femme est si bien au courant, c’est qu’il n’en est pas à son coup d’essai. (D’autant que cette femme a été nourrice…). Et puis ça veut dire quoi ? Pour nos filles ça allait crescendo, si par malheur la petite n’avait pas parlé, peut être aurions nous tout découvert dans des années, après qu’il les ait violées ! Faut il attendre d’en arriver là pour que la justice agisse ?

De plus sans procès, ils gardent tous leurs droits de grand parents, si demain il m’arrive quelque chose, ou à mon mari,  je veux qu’il y ait une trace de l’affaire pour qu’ils ne puissent pas demander à les avoir…

Il n’y a jamais eu d’expertise médicale !

J’ai reçu le week end dernier un courrier du tribunal de grande instance, la psy avait raison, l’affaire est classée ! Il y a ce que les petites ont raconté avec tant de détails. On n’invente pas à cet âge. Il y a tous les détails que mon mari et moi avions remarqués à leur retour de vacances. Il y a aussi la réaction de mes beaux parents. Bref pour nous, aucun doute possible ! Nous sommes effondrés et ne savons trop que faire. C’est d’autant plus dur pour mon mari qui a de suite, sans hésiter, poursuivi ses parents et se retrouve face à sa famille avec une affaire classée. Un de ses frères lui a dit : « laissons faire la justice pour savoir qui ment ! » je suppose donc que désormais, nous sommes les menteurs.

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