Les conséquences de l'inceste & de la pédocriminalité

Les conséquences de l’inceste sur ma vie pendant l’enfance... pendant l’enfance je ne savais pas ce qui m’arrivait. J’ai toujours été une petite fille innocente avec des parents qui me couvaient beaucoup et puis quand c’est arrivé c’était surtout dans la période où ma sœur est née, c’est pour ça que je dis "6 ans" parce que je pense que c’était dans ces eaux là. Ce cousin a profité de ma naïveté et le faite que je sois bouboule parce que j’étais costaude et tous les autres cousins se foutaient de moi. Ils profitaient de moi pour faire des bêtises, des trucs comme ça, ce cousin là était justement très gentil avec moi, tout ce qu’il faisait pour moi c’était, j’étais gentille, c’était un secret que je devais garder avec lui. C’est vrai qu'en grandissant, non je n’ai pas de conséquences sur l’enfance car c’était une jolie enfance, avec mes parents tout se passait bien, ce cousin il m’aimait bien, donc quand on partait en vacances tout se passait très bien, c’est surtout après que.... L’enfance je ne peux pas dire, c’est peut-être à ce moment que j’aurais dû voir quelque chose, mais bon …. Non j’ai passé une bonne enfance malheureusement.

C’est vrai que je croyais qu’il me faisait du bien et que je lui faisais du bien sans savoir ce que je faisais et c’est aujourd’hui que je lui en veux énormément car il m’a pourri ma vie après en grandissant mais sur le faite c’est vrai que cela ne se passait que pendant les vacances. Le reste du temps mes parents ne savaient rien de ce qui se passait tout était, maintenant quand je réalise, tout était bien calculé son coup, c’était ... tout le monde était sur ma petite sœur et puis du coup l’emmenait dans sa chambre, il fermait à clé, il mettait de la musique, à fond, je me souviens maintenant de tout ça, c’est vrai que j’ai grandi, que j’ai réussi à grandir à avoir une enfance normale, alors que je subissais ça . Et je revois toujours, on va derrière le lit, on va toujours au même endroit, les odeurs et tout ça, et après quand mes parents repartaient chez la grand-mère, hop! il m’appelait comme si de rien ne c’était passé et pour moi c’était normal. C’est vrai que moi on m’avait jamais parlé de quoi que se soit, de faire attention à mon corps, mais maintenant je n’ai pas le même discours avec ma fille, je lui dis qu’elle fasse attention à elle, qu’il ne faut pas qu’on la touche, et c’est vrai que mes parents ne m’avaient pas expliqué tout ça. C’est vrai que j’ai grandi avec ça, l’enfance est la dessus et c’est pour ça et c’est de là que vient la haine que j’ai envers moi, c’est que je ne lui en ai jamais voulu. J’ai grandi avec ça en pensant que c’était normal. L’adolescence, ça a été autre chose parce que j’ai commencé à me détester, pourquoi je ne sais pas mais j’ai commencé à grossir, à mal m’habiller, devenir un garçon manqué, mais malheureusement j’arrivais à attirer quelques garçons, beaucoup de petites conquêtes comme ça mais pareil dés qu’il fallait passer  à l’acte c’était niete. Il y avait quelque chose qui me disait non, que c’était sale. Maman a toujours eu un discours négatif sur les hommes, les garçons, "fais attention aux garçons ils ne pensent qu’à ça, méfies toi", j’ai toujours fait en conséquence de mal m’habiller, d’éviter d’attirer le regard sur moi, parce que j’étais très timide et à l’école ça n’allait pas du tout et dés que je suis rentrée au collège et jusqu’au lycée ça été la kata parce que les copines avaient plein de petits copains, tout se passait bien, elles étaient super mignonnes et moi j’étais tout l’inverse. J’étais repliée sur moi-même, grosse et puis j’avais pas de discussion. Elles s’étaient," j’ai fait ça avec lui". Jusqu’au jour où j’ai rencontré un petit copain,  j’étais très amoureuse de lui et lui aussi, parce que je lui avais dit si un jour on doit faire quelque chose ensemble se sera quand je serais prête, je voulais attendre la majorité et je voulais que tout soit bien fait avec lui, c’était une petite règle que j’avais voulu avec lui, et il l’a respectée et le jour où l’on s’est vu on avait dix neuf ans, ma mère était au courant que j’allais chez lui, elle m’avait emmenée chez le gynécologue avant, pilules, elle sentait bien le vent venir, et j’étais contente en moi-même parce que je me disais ça y est j’ai son autorisation. J’étais soulagée la dessus. Quand on a commencé nos petits préliminaires, il m'a dit "et ben dis donc pour quelqu’un qui voulait attendre tu es vachement au courant de bouts de trucs, il me dit je suis sûr que c’est pas la première fois, pourquoi tu m’as menti, tu n’es pas vierge", et je lui dis "si mais ça je l’ai déjà fait", "ce n’est pas normal, y a un soucis", et du coup c’est lui m’a rejetée, qui m’a dit "on peut pas continuer t’as quelque chose". Et quand on continuait d’autres trucs, non ça tu me le fais pas car ça j’ai déjà sentie et c’est lui après le soir, il m’a dit faut qu’on en parle à ma mère. Il en a parlé avec sa maman, et c’est sa maman qui m’a dit qu’il fallait que j’en parle à ma mère,  qu’il y avait un soucis sur mon enfance ou quelque chose comme ça et là tout est revenu. Il y avait les flashs justement de la chambre, des gestes que me demandait  mon cousin de faire et donc voilà, et là ensuite c’est là que tout s’est empiré. J’ai voulu faire des tentatives de suicide, j’ai continué à me détester, j’ai voulu en parler à maman mais fallait pas le dire, il fallait que ça reste un secret entre elle et moi, que peut-être je me trompais, peut-être que c’était pas ça, et j’ai grandi avec ça jusqu’à que je trouve un psy qui m’a dit que je la vois…. Enfin une adolescence, j’ai faillit partir plusieurs fois et une fois c’est ma sœur qui m’a trouvée dans ma chambre, et c’est à elle aussi à qui j’ai avoué ce que j’avais eu, c’était la première personne à le savoir et du coup je pense que ça l’a perturbée aussi parce que maintenant, elle a grandi avec des choses qui n’étaient pas bien, quand elle ne va pas bien, je pense que c’est moi qui en est la conséquence. Mais je ne lui pas avouée encore, mais je pense que tout ce qu’elle vit en ce moment, toutes ces dépressions qu’elle a eu, toutes les bêtises qu’elle a faite, c’est moi qui lui ai causée tout ça en lui avouant que j’avais eu des attouchements avec mon cousin.

Les conséquences….moi je vais dire que je les vis encore aujourd’hui. De l’adolescence à l’adulte. En fin de compte d’avoir fait confiance à une personne, aujourd’hui je suis détruite, je me déteste, je me sens incapable, ça été très dur vraiment quand j’ai eu ma fille parce que tout est revenu et j’arrive à m’en sortir que grâce au travail. Le travail prend une grande place, il est très important parce qu’il y a que là, à ce moment là où je me sens libre. Parce que sinon, je me bats au quotidien pour rester ici, à vivre surtout pour rester avec ma fille. C’est vrai que ces derniers temps, je pense que j’ai un gros souci psychosomatique aussi parce que, à chaque fois que je vais pas bien je régurgite constamment mes repas, j’ai toujours une inflammation à l’estomac. J’ai aussi l’impression d’être incomprise. Le faite de garder ça pour moi et de pas trop en parler à la famille, c’est dur. Je suis incomprise aussi avec mon mari, c’est devenu de plus en plus dur parce que lui comprend pas, tout va bien, on a construit une maison, il a un travail, j’ai un travail, notre fille tout va bien pour elle aussi et lui ne comprend pas que j’ai pas envie de lui, très souvent d’ailleurs. Il comprend pas que je me surpasse pas, il a l’impression que j’avance pas, donc va falloir que je trouve quelque chose surtout pour moi et pour ma fille. Les conséquences, elles sont qu’aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi je suis abattue, pire qu’avant, et je n’ai pas l’impression que ça va s’améliorer. J’ai envie de baisser les bras et c’est pas évident quand les gens ont du mal à nous cerner. C’est bien d’avoir trouvé ce groupe là parce que on se trouve pas seul.

J’en ai tellement mare que j’aimerais trouver une aide magique, tout de suite, mais parce que tout ce qui est médecine, ça prend du temps. Et puis, le temps maintenant, il est incertain. J’aimerais le plus vite possible m’en sortir pour que ceux qui sont à mes côtés soient bien aussi parce que j’ai pas le droit de leur bousiller leur vie, ils n'ont rien demandé. Tant que je serais comme ça, je n’arriverais pas à avancer, aussi bien dans ma vie professionnelle que dans ma vie. Faut vraiment que je trouve une issue, mais je ne sais pas quoi. Je veux une baguette magique.

Durant mon enfance, j’ai été choyée par mes parents, je peux même dire que j’ai été gâtée puisqu’on m’appelait "la reine des barbies". J’étais assez capricieuse, quand je voulais quelque chose je l’avais. Par contre j’avais une maman qui n'était pas trop affectueuse, enfin en marque d’affection, rarement des bisous, pas de moment de jeux avec elle, elle ne m’a jamais raconté d’histoires, elle était souvent préoccupée, stressée par son travail, fatiguée et donc je ne sais pas quand à commencé cette relation avec mon papa. Mais en faite, j’ai été formée très tôt, c’est pour ça que je dis 9/10 ans parce que j’avais mes 1er poils pubiens, un peu de poitrine par rapport au reste de la classe c’était moi qui était plus développée en faite. A cette époque là, ma maman était sous traitement, était dépressive donc ça n’allait pas du tout à la maison, il y avait souvent des prises de tête tous les deux en couple. Ma maman avait pris énormément de poids, elle est devenue très très grosse, il se peut qu’il est projeté sur moi ses désirs sexuels puisque je commençais à être formée et du coup ça complaisait cette relation et comme je disais rien, je le repoussais pas, que c’était comme il le disait "notre secret". Il ne fallait surtout pas que j’en parle à maman parce qu’elle serait encore plus triste qu’elle ne l’est et fatalement, il y avait vraiment une pression psychologique et que du coup oui j’ai rien dit, j’étais une poupée. Une poupée avec plein de choses qui se passait dans la tête, dans le corps mais qui était inerte au moment de l’action. Mais la seule chose qui me tient à l’enfance je tiens à le signaler, c’est peut-être anodin dans mon parcours au cours de l’audience et tout ça, puisque on avait un chien, à la famille qui est décédé, et je ne supportais pas d’avoir de ne plus avoir d’animal de compagnie donc voilà j’ai tellement cassé les pieds à ma maman pour avoir à nouveau un chien que finalement elle a craqué et elle a acheté un petit chien. Et puis donc elle m’a dit, c’est ton petit chien, tu t’en occupes. C’était un caniche, je m’en suis occupée. C’était moi qui la lavait, qui la nourrissait, donc elle était tout le temps avec moi, elle me suivait partout, elle me faisait la fête quand j’arrivais et en faite quand mon père abusait de moi, elle était présente et quand il s’en allait de ma chambre, j’étais enfermée dans ma chambre et je prenais toujours mon chien dans mes bras, je le serrais très fort, là je déballais tout ce que j’avais sur le cœur. Je disais des choses horribles sur mon père, que je ne l’aimais pas, qu’il était méchant, que je ne pouvais pas parler mais qu’un jour je parlerais, enfin voilà ça changera. En faite ce chien il était incompris de la famille, de tous, parce que j’ai agis sur son profil psychologique, il a développé une haine contre mon père. Il ne pouvait pas l’approcher, elle aboyait contre lui, dés qu’il s’approchait de moi, elle lui chiquait les mollets. C’était impressionnant mais j’avais mal au cœur parce qu’elle se faisait rouspéter, voir taper, enfin violenter. Il ne pouvait que l’aborder que lorsqu’il lui donnait à manger quoi !! Donc on a passé ça sur le faite qu’elle n’aimait pas les  hommes à lunettes car mon père avait des lunettes et qu’elle avait été battue au chenil par des hommes. Mais moi je savais au fond de moi que ce n’était pas ça.

Les conséquences, durant l’enfance, j’ai subi les choses, en ne sachant pas que ce n’était pas bien, qu’on n’avait pas le droit de faire ça, j’ai un frère qui a sept ans de moins que moi, on a été élevé chacun en enfant unique, je ne suis pas du tout fusionnelle avec mon frère, et nos parent nous ont jamais mis en garde concernant les abus sexuels ou des choses comme ça. J’étais une petite fille timide, réservée, très calme, isolée, et j’ai quelque chose qui me fait mal parce que quand j’en ai parlé à mon frère, puisque j’ai eu beaucoup de pressions psychologiques de la part de ma famille, j’ai demandé l’appui de ma mère, lorsque j’ai dit, on ne peut plus durer comme ça, je vais porter plainte contre papa, elle m’a tout de suite jetée à la figure que, enfin plein de choses et qu’elle allait se suicider, j’ai essayé de lui faire ouvrir les yeux, un peu la même démarche qu’à fait une thérapeute avec moi, il y a quatre mois, parce que j’ai eu ma maman au téléphone, ça été assez violent avec ma maman, elle consentait plus de rester au près de son mari même si elle acceptait pas et elle rejetait son acte mais elle restait un peu prisonnière de son image, et de son rôle d’épouse. Tout ça pour dire que finalement je me suis sentie souvent seule, seule et j’ai du mal à aller vers les autres, du mal à intégrer une équipe, à prendre la parole, à oser m’affirmer, et à trouver des décisions qui me, je m’enquiquine toujours avec plein de choses, je me pose énormément de questions sur tout. Et puis après je me disperse, j’ai besoin de quelqu’un pour me dire, je peux faire ça ou alors j’ai ça comme problème, j’ai ça, ça et ça mais d’après toi comment tu ferais ? j’ai besoin d’un conseil.  En ce moment c’est le sujet avec le thérapeute, d’être pragmatique. Durant l’adolescence, c’est surtout cette amie qui avait vécu ça, qui a eu ce parcours là mais qui l'a vécu très tôt puisque elle c’est à l’âge de trois ans, donc j’avais cette image là, d’elle qui passait à l’audience enfin tout ça, au collège. Moi je ne voulais pas vivre ça, la chose que je lui reprochais mais je ne voulais pas qu’on le mette en prison, je voulais pas partir de chez moi, je voulais garder ma maison et garder mon petit confort matériel. Et puis je me suis fait violence, dans le sens où je me suis dis t’as pris le choix, tu avais le choix, de le dire et tu savais avec ta copine qui avait vécu ça donc tu savais et puis le collège était à côté de la gendarmerie donc tous les matins on passait devant et puis t’as pris le choix de ne pas le dire donc il fallait que j’assume mon choix et de continuer ma vie. Mais ça été très très dur et j’ai toujours gardé ça en moi, à l’intérieur, en souffrance, en blessure. Et pareil, j’attirais des hommes pervers prêts à la moindre occasion, des fêtes, des soirées entre famille, mais toujours des personnes extérieures mais pas des personnes de la famille. Des hommes extérieurs. Mais ça m’agaçait de voir, d’être mal à l’aise, et c’était surtout l’apparence physique que je projetais et je me rendais compte, ça faisait fantasmer. Je me disais "mais pourquoi ils me laissent pas tranquille, pourquoi ils viennent vers moi, pourquoi ils me collent comme ça", et j’arrivais pas exprimer, pas à repousser physiquement, j’étais mal, très mal, et par rapport à l’alimentation beaucoup de boulimie, je parlais peu et mon frère me disait que je restais souvent enfermée dans ma chambre, que l’on avait pas du tout la même place dans la famille puisque lui reprochait car il y avait des petites corvées comme dans toutes les maisons et lui disait que moi je ne les faisais pas, oui moi je devais débarrasser la table et je devais ça et toi tu t’en allais dans ta chambre. Mais ça je m’en rendais pas compte, je ne le voyais pas et puis un jour ça ma beaucoup touchée parce qu’il m’a dit, on n'a pas beaucoup partagé de choses ensemble, mais en tout cas je peux te dire que c’est toi qui m’a appris à faire mes lacets. Chose qui n’a pas du tout percutée mon esprit ni quoi que se soit. Et il me dit, tu étais dans ma chambre porte fermée à clé et lui de l’autre côté et je lui expliquais à travers la porte comment faire ses lacets. Comme quoi il y avait quelque chose et lui s’est rendu compte qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans la famille, que c’était un secret mais qu’il ne savait pas ce qu’était ce secret, quand j’ai pu parler, pu m’exprimer, je me suis adressée à lui et bien voilà j’ai pris la décision et je vais bientôt porter plainte contre papa, je te l’informe parce que maman menace de se suicider donc je risque de t’enlever ton papa pendant un certain temps si jamais il est condamné et puis il se peut que je t’enlève ta maman puisqu’elle veut se suicider. C’était vraiment un poids, et là il m’a dit, NON t’inquiète pas, continues, c’est bien car c’est horrible ce qu’il t’a fait mais je savais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans cette famille, je savais qu’il y avait un secret qu’on disait pas, donc maintenant que tu me dis ça je comprends mieux les choses. Et il m’a dit je m’occupe de maman, t’inquiète pas je serais là pour lui secouer les puces ou quoi si elle s’enfonce, fais ton petit bout de chemin, je suis avec toi, du soutien quand même mais pas facile. Moi j’étais une jeune fille qui prenait soin de son apparence. J’avais ma mère aussi qui était comme ça, enfin toujours bien habillée, toujours bien coiffée, bien maquillée, jolie, coquette. J’ai gardé cette image là, ça me plaisait aussi donc je prenais soin de moi. Et puis est arrivé la 3ème, le collège, où il a fallut trouver une orientation, bien sûr il y avait un lycée dans notre commune mais je ne voulais pas y aller car je voulais absolument partir de la maison. Donc ça été de trouver une option qu’il n’y avait pas dans ce lycée. J’ai demandé à faire une branche au niveau professionnel, bon que j’aimais bien mais sans plus et finalement elle a accepté et je suis partie seulement il n’y avait pas d’internat donc je suis allée vivre chez ma tante qui est la sœur de mon père. J’ai fait mes études et durant mes études en faite, y avait un homme, un jeune homme qui avait un an de plus, il était dans la même section et on faisait le même chemin en car pour aller au lycée et un jour il me dit : « toi ça va pas, toi y a quelque chose qui ne va pas chez toi, toi tu caches quelque chose, ça va pas je le ressens, ça se dégage, ça se voit ». Déjà ça m’a fait peur , je me suis dis mince c’est marqué sur mon visage, donc oui peur et il m’a posé des questions, et moi "non non ça va, n’importe quoi tout va bien", et lui me dit encore, «  non non ça va pas, un jour on va apprendre à se connaître, un jour tu me feras confiance, tu me le diras". Et puis ma foi de fil en aiguille, on est devenu amis, on est devenu complices, et on est devenu petit ami. C’est maintenant mon mari, le père de mes enfants. Il est bélier, je suis bélier on a tous les deux des caractères forts. Donc lui insistant ce qui n’allait pas pour m’aider tout simplement, j’ai pas pu lâcher beaucoup de choses bien que on était au jardin des plantes, et il m’a demandé « ben alors qu’est-ce qui va pas ? dis moi, dis moi ?? « et je lui ai dit «  j’ai été abusée par mon papa quand j’étais petite et je l’ai jamais dit et je le dirais jamais, j’en parlerais jamais c’est mon secret ». Et là, il est resté sur le cul quoi !! en parlant grossièrement et là il s’est dit « wahou si j’avais su je t’aurais pas demandé « Moi j’ai trouvé ça moyen, il faut que tu assumes que je te l’ai dit, et la vie c’est un peu compliquée puisque lui dans sa famille, les choses sont dites, sont clairs, c’est une famille aimante, par contre une famille avec peu de moyen on va dire, une famille d’ouvriers. Lui dés qu’il a eu fini ses études il s’est mis à travailler et avec si peu de salaire qu’il avait son père lui demandait un revenu tout simplement pour rester à la maison. Et du coup, je trouvais injuste, de demander ça à son enfant. Donc l’image tout à fait opposée de chez moi, où les parents donnent, donnent ou donnent trop mais savent pas donner l’essentiel, l’amour, la protection, le partage et il n’y a pas que le bien matériel. C’est sûr j’ai mangé à ma faim, j’ai été vêtu comme une vrai poupée, j’ai été choyé, gâté, j’ai fais des activités extrascolaires, je faisais ce que je voulais, il m’emmenait une fois ou deux fois à La Flèche, justement on faisait 80kms aller/retour pour faire mon activité favorite qui était la danse et en plus j’excellais dans ce loisir. Il est parti de chez lui, et j’ai demandé à mes parents qu’il soit à la maison, qu’on l’accueille, et mes parents ont accepté. Il a continué à travailler et en contre parti, il ne donnait pas de revenu mais il donnait un coup de main à la maison, il participait sur le ménage, sur l’entretien de l’extérieur, ou des choses comme ça. Et puis je sais pas si c’est un bien ou un mal mais ça c’est fait comme ça. Y a eu une opportunité en faite, dans l’entreprise où travaillait mon père, en faite ils offraient une formation en alternance au sein de l’entreprise, et comme il cherchait du travail, il n’avait pas forcément de qualification, il a postulé, il a été pris et finalement il a travaillé 13 ans avec mon père. Mon père était son supérieur hiérarchique, parce que mon père est cadre, enfin était car la structure a fermé, au dessus il y avait le directeur, il savait, c’était dur puisqu’il vivait dans notre maison, il savait ce qui c’était passé avec mon père quand j’étais petite, il était en colère, il était contre, il prenait sur lui parce que je lui demandais, et puis au travail il s’est vite aperçu que mon père avait des relations pas saine avec ses collègues féminins, femmes quoi !! Il avait des gestes mal placés, il abusait de son autorité de sa hiérarchie sur les stagiaires. Donc il a retrouvé souvent des jeunes filles et c’était souvent le même profil, des femmes,  des filles timides, réservées qui parlaient pas, qui étaient à l’écart. Mon mari est assez sensible et dés qu’il voyait, il était très averti de ce que faisait mon père, des fais et gestes de mon père dans l’entreprise, mais il a soutenu deux collègues. Mon père a eu deux avertissements quand même pour ses attitudes face aux femmes. Il ne devait plus approcher les femmes. Il y a eu auprès du siège social à Paris et au sein de l’entreprise, c’était très lourd puisque en faite souvent il travaillait en équipe, il y avait deux cadres, mon père et un autre, et des fois mon mari se trouvait dans l’autre équipe, et quand mon papa travaillait et que mon mari était absent c’est là que mon papa en profitait. Quand mon mari était présent, il faisait attention, il avait certainement peur que je lui ai dit des choses. Donc beaucoup de pression souvent aussi. Et en faite on a développé une harmonie tous les deux, enfin une vie amoureuse de couple, ça pas été toujours rose, facile, dans les moments intimes. Jamais envie de faire l’amour, sauf ma grossesse, peut-être les hormones, et puis ça été, enfin la naissance, le faite de devenir maman ça été dur, compliqué, puisque je ne savais pas trop ce qu’était une maman, donner à manger, habiller et puis voilà je ne savais pas trop ce que c’était. Finalement ça était plutôt après où je me suis sentie mal, j’avais des objectifs à atteindre, rencontrer quelqu’un, faire sa vie avec, être mariée, après avoir un enfant, un deuxième enfant, après avoir sa propre maison, être propriétaire, avoir un travail, avoir son permis, être autonome, et puis ma fois on est arrivé à ce stade là, où on avait tout pour être heureux, tout mais vraiment, une bonne santé, tout. Même s’il y avait des petits problèmes intérieurs que j’arrivais à cadrer, à surmonter et bien je n’allais pas bien. J’étais mal, je pleurais sans arrêt, j’étais très en colère, j’étais malheureuse, je m’énervais pour un oui pour un non, je partais en vrille, ça n’allait pas bien du tout. Mon père a eu son 2ème avertissement, et là mon mari me dit » j’en ai vraiment trop mare, parce que ton père ne fait que des conneries à l’entreprise, de toute façon, il arrive toujours à s’en sortir, toi tu vas pas bien et tu vas de moins en moins bien, et moi j’arrive plus à t’aider. Je ne peux plus, alors soit tu fais la démarche de te faire aider à l’extérieur et de le dire, de le dire à ta mère, de dire les choses, ou alors on arrête tout parce que moi j’en peux plus ». Donc ça été très dur car moi j’étais pas prête encore, oui je vais le dire à ma mère mais quand j’en sais rien. Bon allez ce week-end on va manger chez eux tu lui dis, et moi : "oui oui". Comme dit mon thérapeute, on est dans le même bateau mais il avance pas au même rythme. Et les choses ont été posées, c’est lui qui les a posées encore une fois, ça été quand on est parti d’une maison. Mes parents avaient une maison de campagne, et qu’ils louent. J’avais été abusée dans cette maison de campagne par mon père, mais bon !! J’aimais beaucoup la maison, le cadre, l’environnement, c’était un coup de cœur, pour mon mari aussi. Donc on a demandé à mes parents si on pouvait louer la maison. Ils ont accepté, donc on a vécu dans cette maison pendant sept ans. Et finalement ça n’était pas une bonne idée parce que ça générait beaucoup de problèmes. Comme on faisait parti de la famille, mes parents ont jugé normal de venir quand ils voulaient, récolter les fruits, les légumes, et de dire «  et ben dis donc là, faut tondre, faut traiter, enfin etc… » Par contre ils m’augmentaient pas les loyers. On avait très froid dans cette maison, elle était mal isolée, on disait souvent faut faire quelque chose, ça chauffe pas, on a froid, il fait que 17, puis on a un enfant. Donc les parents ont mis de la laine de verre dans le grenier. Puis un jour on a eu envie d’acheter la maison pour pouvoir faire ce que l’on voulait et être propriétaire et dire stop vous ne venez plus quand vous avez envie.  Y avait qu’une chambre et nous il nous en fallait plus. Oui on va faire une location/vente, oui on va faire une viager, ça été ça pendant très longtemps. Dons on a pris en charge un chauffage central, on aura un confort. On a investi dans cette maison, qui était énorme pour nous, pour nos petits revenus c’était énorme, on a fait beaucoup de sacrifices. On nous a rapporté qu’ils étaient pas prêts à vendre la maison, et qu’ils la vendraient pas.Tant mieux, on va faire notre truc à nous et ce sera une renaissance, du renouveau. Donc, quand on a fait l’état des lieux, on a mis cartes sur table, tous les frais que l’on avait fait pour ce logement, et mon mari demandait à ce qu’ils nous remboursent, on ne voulait pas leur faire de cadeau, nous on s’est serré la ceinture et eux avaient les moyens. Ma mère arrivait et mon mari dit «  vous voulez savoir pourquoi vous n’avez pas vos petits enfants en garde les week-end, les vacances ? Ben oui c’est parce que vous m’aimez pas, vous n’avez pas confiance, y a que les beaux parents qui comptent, moi je sais rien faire ». Et puis mon mari m’avait prévenu, dés qu’on part de la maison du tout car ce départ de la maison est un renouveau, donc tu dis tout. Il me dit tu parles à ta mère. Moi, non ce n’est pas le bon moment. Lui, si c’est le bon moment, on ferme une porte, on en ouvre une autre. Voilà je ne pensais pas qu’il allait le faire. Et puis mon mari dit à ma mère «  non non ce n’est pas du tout ça, mais ce n’est pas à moi de le dire, c’est à votre fille ». Et puis là elle me regarde avec ses grand yeux et me dit «  ben quoi qu’est-ce tu dois me dire ? » J’avais du mal à sortir. Ben oui, il s’est passé des choses avec papa, il a abusé de moi sexuellement quand j’étais petite et ça duré jusqu’à l’âge de 16 ans. Là, elle a regardé mon père. Mon père était très mal face à ça. Il faisait les cent pas, il sortait de la maison, il était hyper mal à l’aise. Et puis ma mère l’a regardé droit dans les yeux et lui a dit « Qu’est-ce qu’elle me raconte là ? C’est vrai ce qu’elle dit ? «  Mon père il a pas dit oui, il a pas dit non.  Il a acquiesçait comme ça. Elle l’a sermonné quelque chose de bien, et lui a dit « tu es vraiment un sale con, t’es dégueulasse, t’as tout détruit, la vie de notre fille, à cause de toi je profite pas de mes petites filles, t’as intérêt de te faire soigner ». Je reste avec toi, car bien sûr, faut pas divorcer, faut pas que ça se sache, mais t’as intérêt de te faire soigner. C’est une femme de très fort caractère quand même. Donc j’ai pris contact avec ce thérapeute, je suis arrivée la goule un peu enfarinée, oui ça va, je suis en forme, en bonne santé, etc …. Il commence à me regarder avec des grands yeux, et finalement, je commence à dire, c’est dans mon enfance, il s’est passé des choses. Et lui, ah oui donc parfait. C’est parti comme ça avec ce constat. Cela a mis quatre mois à mûrir et à comprendre que c’était une nécessité de porter plainte. Même si c’était mon père, que j’avais des pressions psychologiques de ma famille. J’ai appelé la gendarmerie et j’l’ai fait …..Mais c’est pareil, ils n’étaient pas prêts à me recevoir quand moi j’étais disponible, on était prêt à repousser et m’ont dit «  ah non on ne repousse pas, vous êtes prête on y va maintenant, car la semaine prochaine vous ne serez peut-être pas prête « . Voilà ça c’est fait, mais cela a été très violent.

Les conséquences sont énormes, elles sont douloureuses. Je ne suis pas bien dans mon corps et j’ai développé depuis de nombreuses années des problèmes psychosomatiques ou je somatise beaucoup les choses. J’ai tout simplement des muscles qui se contractent, les psoas du ventre qui sont contractés, que j’étire deux fois par semaine chez le kiné, j’ai les lombaires, les cervicales, enfin tout est noué, tout est bloqué. Les conséquences c’est que je suis pas libre dans le sens où j’ai cette histoire dans ma tête, dans mon cœur, dans mon ventre. J’ai ma famille qui me manque, je ne conçois pas que la vie continue, et mon père n’a pas été incarcéré puisqu’il n’est plus une menace pour moi, en attendant le jour de l’audience il est je ne sais pas si ça s’appelle liberté conditionnelle, mais en tout cas il est en liberté surveillée puisqu’il doit signer chaque semaine, mais voilà la vie continue et ça, ça me fait énormément de mal puis que moi j’ai du mal à continuer  la vie de tous les jours. J’ai du mal à penser à moi, à penser à mon couple, j’arrive toujours pas à avoir envie de faire l’amour, à aimer de faire l’amour. J’étais mieux maman avant que maintenant. Maintenant, j’ai envie, j’ai envie de rien, j’ai envie d’être seule, j’ai envie qu’on me laisse tranquille. C’est dur aussi pour mes enfants, c’est mon mari que me le fait remarquer, je suis trop distante ou trop sévère dans mes paroles. C’est compliqué parce que je vais dire, étant plus petite de 0 à 6 ans, même plutôt de 0 à 3 ans, j’étais une maman très fusionnelle même au contraire un peu étouffante, et c’est lui qui m’aidait à mettre de la distance, à couper le cordon ombilical, et depuis il est là pour resserrer les liens ou bien renouer les liens. Les conséquences sont aussi que je suis sous traitement thérapeutique. J’ai commencé par un traitement anti dépresseur léger  et l’hiver dernier cela n’a pas suffit j’ai sombré, ça n’a pas été du tout, du coup, on est passé à un autre anti dépresseur plus fort et passé l’été, un an après, ça allait mieux, donc j’ai demandé à mon médecin d’arrêter et de reprendre l’ancien parce que je pétais la forme. Et puis j’avais renoué contact avec ma grand-mère parce que ma grand-mère m’a élevée pour ainsi dire puisque étant petite j’étais en nourrice. J’étais malade et quand je suis malade je monte à 40 de fièvre et ça peut vite dégénérer. Du coup, elle m’avait enlevée de chez la nourrice et m’avait mise chez sa mère, jusqu’à la maternelle. De bébé à la maternelle c’est ma grand-mère qui s’est occupée de moi. J’avais une relation très fusionnelle avec ma grand-mère. Elle habite pas très loin de chez moi, j’avais essayé de dire les choses mais j’y arrivais pas, c’était lors d’un anniversaire de ma fille, il y avait eu une dispute avec mon mari,  il me demandait encore de changer les choses, de porter plainte pour en parler. C’est mes parents qui étaient invités, un anniversaire classique, parents, beaux parents, grands parents et l’enfant. Et mon mari ne voulait pas que mes parents viennent tout simplement. Il ne voulait pas que mon père rentre dans la maison. Donc, même s’ils étaient invités, il fallait que je les contacte pour leur dire une excuse pour ne pas qu’ils viennent. Ca été très difficile. Je pleurais énormément et ma grand-mère me disait « mais qu’est-ce que t’as ? Pourquoi tu pleure comme ça ? » Bien sûr c’était encore la faute de Noël, car toutes les malheurs du monde c’est la faute de mon mari, ça été le méchant dans la famille, je lui ai dit toute l’histoire et là elle m’a dit quelque chose d’horrible, puisqu’elle m’a dit « ben oui et alors ? » Je me suis dit, mais qu’est-ce qu’elle me dit là. Et elle me dit « Ben oui moi aussi j’ai été violée quand j’étais petite, et le bonhomme je le vois dans le village, et puis ben c’est comme ça et j’ai rien dit et puis on vit avec, et puis ben voilà quoi !! » et elle continue en me disant «  t’as la santé, t’es autonome, fais ta vie, et on t’a tirée vers le haut » C’est bien qu’elle sentait quelque chose. Il y a plein de choses qu’elle m’a dite qui m’on fait mal, qui m’on fait prendre conscience des choses, et donc 18 mois à peu près, après avoir porté plainte elle m’avait appelée pour mon anniversaire, et puis je vais la voir et là c’est pour l’anniversaire de ma 2ème fille, et son anniversaire à elle aussi, c’était convenu, mon père y était aussi, mais on ne doit pas se voir, se rencontrer, donc toujours faire attention, et elle, « oui oui tu peux venir, il n’est pas là » Donc j’y vais. Une petite plante, un gâteau, on parle et malheureusement ma grand-mère vieilli, elle me raconte son quotidien, elle me raconte que mon grand-père est malade, il avait été malade et j’avais pas été au courant. Je l’avais su par les ragots du village. J’avais été en colère voir ma tante, pas ma mère car j’en étais incapable, pas ma grand-mère parce que je voulais pas l’ennuyer. Ma tante la sœur de ma mère, et j’avais dit «  ce n’est pas parce que j’ai un différent avec mon père que j’existe plus, je suis en droit de savoir ce qui se passe, j’ai pas envie d’apprendre par le journal ou par les commères que mon grand-père est décédé » c’est la moindre des choses d’être au courant. C’est quand je suis allée la voir qu’elle m’a annoncée que mon grand-père était en phase terminal et continue à me raconter son quotidien tel que «  ton père hier il était là et puis il a cassé la cheminée et puis il revient demain, et il refait le haut, etc… «  on parle d’autre chose et puis « ah là c’est ton père qui m’a fait la salle de bain » D’accord, euh !! on va se promener, on va dans le jardin « ah ! oui ton père il l’a mis là » J’étais démontée de chez démontée, même si je me disais, allez c’est une personne âgée!! On change pas les choses, on en profite pendant qu’il est là car il a d’énorme qualification et compétences dans différents domaines, il faut bien qu’il s’occupe car il n’a pas de boulot. Et puis en faite, je travaille auprès d’une mairie, d’une école, je devais assurer la périscolaire, donc j’ai fait mon travail, préparé les documents, pendant deux jours et après je suis allée voir le médecin car ça n’allait pas, pas du tout. Pas de tension, je pleurais tout le temps et puis il me dit » Qu’est-ce qu’y a ? il y a du nouveau dans la procédure, tu as reçu des documents ? «  Je savais ce qu’il y avait, c’était ma rencontre avec ma grand-mère. On est passé à un traitement plus fort. Cette semaine j’avais rendez-vous chez le thérapeute, je cumule en ce moment les deux traitements, je les supporte bien mais je suis en arrêt une semaine pour me reposer, faire le point, pour reprendre des forces, et il a appelé mon généraliste pour lui dire que l’on ne cumule pas en principe les antidépresseurs, et lui dit » si, si laissez la cumuler c’est ce qu’il lui faut, ça correspond bien à ce qu’elle a besoin ». Je suis la parano des médicaments parce que j’ai une dizaine de médicaments le matin, j’en ai huit le soir, j’ai honte du traitement que je prends. Mon mari se fout de moi, mes enfants me demandent « ben maman t’es malade ? » Qu’est-ce que t’as maman ? «  Et là je dis que, ben oui je suis malade, j’ai une dépression et là » c’est quoi une dépression ? » Et bien ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas, qu’on est pas bien, et que avec les médicaments on va mieux. J’ai pas pu encore exprimer, face à face à mes enfants le problème qu’ y a, elles savent seulement parce qu’il a bien fallut expliquer pourquoi elles ne voyaient plus leurs grands-parents, pourquoi elles ne voyaient plus leur famille, leur tante, leurs arrières grands-mères, tout ça. C’est mon mari, une fois encore, qui a dit » écoute, on les voit plus pour le moment mais ce n’est pas parce que on les voit plus qu’on ne les verra plus jamais. Pour l’instant on est pas d’accord, on est fâché sur un point, et il faut attendre, qu’on réfléchisse, et qu’on se mette d’accord et on se reverra » Donc c’est tout ce qu’elles savent pour l’instant. Elles savent que c’est en lien avec mon père. Il lui a dit que mon père avait fait des choses qu’il n’avait pas le droit de faire à sa fille. Là, il lui a parlé du corps justement, moi j’ai pas pu parler de ça à mes enfants. J’en suis pas encore à ce stade là. Et pour mon travail j’ai du mener une formation directrice parce que je m’occupe de l’accueil périscolaire, je suis donc seule avec les enfants. Je suis responsable et pour être agréée jeunesse et sport il faut suivre la formation de direction. J’ai fait cette formation, je suis entrain d’écrire le bilan de formation, et ça été vraiment une violence pour moi parce que c’était confronter à des étrangers, à une équipe, à devoir gérer cette équipe, à devoir les diriger, leur donner des instructions, les suivre, les former, avoir des stagiaires qui débutaient dans leur carrière professionnelle ... Dire les choses en face, et j’arrive toujours pas. J’ai dit à d’autres, je suis toujours en binôme donc je dis ce qui va pas, ce que je pense, et voilà on retranscrit, j’arrive à dire les bonnes choses mais j’arrive pas à dire les mauvaises choses. C’est quelque chose que je dois travailler, et avec mon thérapeute aussi parce que après l’absence de l’été la première chose qu’il m’a demandée «  bon alors comment s’est passé votre été ? Comment s’est passé la validation des stagiaires ? » Et bien j’ai su leur dire ce qu’ils savaient faire, ce qu’ils savaient bien faire, les féliciter, les encourager. Et lui me dit « et les choses concernant ce qui n’allaient pas, vous leur dit ? » Ben non j’ai pas pu. Là il m’a fait prendre conscience que c’était important aussi d’entendre les mauvaises choses. Enfin mal à l’aise tout le temps, toujours en retrait, les gens le disent. «  C’est bizarre ta femme, ta femme elle parle pas, elle est timide ? ta femme elle est réservée, discrète » C’est dur de faire le tri et d’avancer !

Ce que je recherche, c’est d’être libérée, libérée de ce poids, de ce fardeau, de ce crime, qu’il y ait vraiment une reconnaissance de la justice, que je me sente plus coupable ou bien victime. Même si au début je ne voulais pas porter plainte contre mon père, je ne voulais pas lui faire du mal ou qu’il aille en prison, maintenant j’ai conscience que c’est pas moi, ma mère ou X personne qui faisons la loi. Il savait très bien que c’était pas bien, mal sain, qu’il n’avait pas le droit. Donc il assume ce qu’il a fait, moi j’étais trop petite et trop innocente, pour réagir. Il m’a volé mon innocence, et pour retrouver l’innocence c’est pas facile. J’aimerais trouver un apaisement  au sein du couple, trouver une vie harmonieuse que peuvent avoir d’autres couples où il n’y a pas ce problème là, l’inceste. De voir comme à la télé, un couple aimant, solidaire, l’amour où tout va bien. J’aimerais aussi, trouver ma place de maman, pouvoir être là dans mon rôle de maman, parce que pour l’instant cette histoire me prend énormément d’énergie. J’attends aussi, de trouver finalement, de changer de direction, d’aller vers les personnes qui comprennent, qui soutiennent. Maintenant, on a des amis qui sont au courant, il y en a qui étaient au courant et je ne le savais pas, ça m’a fait énormément de mal aussi, parce qu’ils m’ont trahi. Mon mari aussi m’a trahie, lui il a pas compris ça comme ça. On ne choisi pas sa famille on choisi ses amis. J’espère ne pas être trop déçue pas les amis qui m’entourent actuellement et qui me soutiennent mais je ne pense pas car ils sont présents dans les coups durs. Une aide médicamenteuse bien sûr, une aide thérapeutique aussi, même si je suis parfois en désaccord avec mon thérapeute. Moi je veux octroyer une aide, une fois par jour, faut s’obliger, par exemple à boire un thé, hum quel régal, oh ! regarde la fleur, j’en avais jamais vu de comme ça, voilà des choses toutes simples mais finalement pas être la tête dans le guidon, à foncer ou à chialer ou à combattre les démons. D’analyser ce bon moment et en tirer quelque chose de positif. Je m’aide beaucoup de lecture aussi avec des docteurs célèbres. Je me laisse peut-être porter par la vie mais je ne suis plus dans la non existence ou le désir de ne plus être là. Mes parents m’ont voulue, m’ont aimée, m’ont choyée, mon père a fait une connerie. J’ai le droit d’être heureuse, de m’épanouir, d’avoir sa place dans la société, d’apporter moins d’importance à mon travail aussi car je suis très perfectionniste. Le faite de faire bien mon travail quelque part c’est une recherche d’attention des autres, de me faire aimer.

Pour rien au monde je ne voudrais redevenir une petite fille, non ça jamais….J’ai trop souffert, ça été du gâchis, j’ai l’impression de ne pas avoir eu de vie de petite fille normale. J’ai toujours été obligée de jouer à cache cache parce que je savais que lorsque j’étais seule il allait profiter de la situation et le dire à ma mère ce n’était pas possible car j’étais toute en fusion avec elle, mais malheureusement  cela n’avait pas l’air d’être réciproque. Donc je ne disais rien pour la protéger ELLE. L’enfance non je n’ai pas eu d’enfance et mon enfance a été complètement pourrie parce que je me rappelle de vagues souvenirs, par exemple  en maternelle, j’ai fugué, j’ai faillit mourir renverser par un camion parce que je voyais ma mère en face à un arrêt de bus, alors je me suis dis « chouette les instit' me voient pas » et me voilà partie traversant la nationale sans regarder….J’ai échappé au pire, mais dés qu’il y avait une occasion je fuguais. J’étais une enfant très peureuse, j’avais très peur des hommes, dés qu’il y avait des gens qui venaient à la maison j’étais terrifiée. J’ai toujours eu peur de tout. Autrement, l’enfance je cherche des moments agréables dans mon enfance. Alors si il y a quand même un truc que j’aimais bien, c’était quand on faisait noël chez une de mes tantes, parce que un coup c’était chez moi, un coup chez une de mes tantes, ça j’aimais bien car j’avais des cousins, on partageait des tas de jeux, on dormait chez eux le soir. Autrement dans mon enfance non je ne vois pas ce qui a pu être agréable, si la naissance de mon petit frère parce que l’ai toujours choyé, je l’ai crié haut et fort car j’étais fière d’avoir un p’tit frère, de le protéger, enfin quand je dis le protéger c'est-à-dire de le protéger de la violence de ma mère, car c’était une femme dépressive, donc quand elle piquait ses crises de nerfs et qu’elle tabassait mon frère, je me mettais entre eux deux. Non mon enfance n’a pas été bonne et si l’enfance n'est pas de bonne qualité pour moi c’est comme les fondations d’une maison et bien rien n’est solide, la vie n’est pas stable, n’est pas solide. L’enfance j’ai fait un trait dessus.

L’adolescence, ça été compliqué, parce que j’avais très peur des hommes. Là je me suis aperçue que l’homme était un prédateur, pour moi c’était tout de suite le sexe et puis pour moi le sexe c’était très douloureux.Cela ne m’a pas empêchée d’avoir des tas de petits copains, mais jamais avec relations sexuelles, je ne pouvais pas.C’était tout ce qui est bisous, câlins, caresses et préliminaires alors là ça m’a jamais gênée, bien au contraire les garçons étaient contents et devaient se dire et bien celle-ci elle connaît des choses. Mais pour tout ce qui est relation sexuelle avec les garçons, non je n’ai jamais pu, sauf quand j’ai connu ce garçon vers 17 ans qui est maintenant mon mari. Avec lui j’ai voulu parce qu’avec lui j’ai eu quelque chose de plus sérieux, de plus profond, donc j’ai dit ce sera avec lui, ça n'a pas été facile, ça a mit des mois, parce que la première fois que l’on a voulu passer à l’acte ça a été hyper violent, donc on a tout stoppé. Lui se demandait ce qui lui arrivait et ce qui m’arrivait aussi.L’adolescence a été très chamboulée parce que je revivais trop les attaques que je vivais au jour le jour. Parce que malheureusement c’est vrai que dans cette famille je n’ai pas été attaquée par un seul homme. J’ai été attaquée par plusieurs personnes  qui rentraient dans la maison, j’ai eu aussi un oncle et ça je m’en souviens que depuis février donc les flashs reviennent encore, là ça l’air de se calmer, pour moi l’adolescence ça a vraiment été un moment douloureux et puis là pendant que je vous parle je me demande si j’ai connu des moments de répit parce que même la nuit je faisais du somnambulisme, je dormais renfermée dans ma chambre. Donc les conséquences oui elles sont assez lourdes parce que on a très peur des autres, que se soit jour et nuit et aussi j’avais l’impression d’attirer ces gens là, parce que même dans la rue j’ai déjà été attaquée donc voilà encore, donc je me dis, je me disais "t’es complètement malade tu attires ces détraqués sexuels". Même chez moi dans un lieu où l’on doit être en sécurité je me faisais attaquer. Le jour de ma communion je me suis faite attaquer. Donc ce jour là ça a été fini, le petit Jésus il reste où il est, le Bon Dieu pareil….Donc oui les conséquences de l’inceste et de la pédophilie parce que oui bien sûr la pédophilie je connais, oui elles sont très lourdes. Adolescente, j’ai eu des problèmes avec l’alimentation, je ne mangeais pas beaucoup et toute petite je ne mangeais très très peu, je faisais des boulettes et je mettais tout sous la table, je m’arrachais les ongles, oui il y a pas mal de choses qui font que, je me rends compte là que ça été assez lourd à porter.

Je veux revenir sur l’adolescence car je me rappelle avoir fait une fugue. J’ai fugué une semaine. Au départ j’ai rempli un grand grand sac de sport vachement plus lourd que moi, et je me suis dit allez hop je m’en vais et je me jette dans le Cher. Donc je suis partie à pied, très très longtemps, j’ai longtemps marché et puis arrivée au bord du Cher, je me suis mis le sac sur le dos pour me lester, être sûre que je ne puisse remonter à la surface, que je pèse lourd et je me jette. Mais au moment de me jeter à l’eau, j’ai eu le flash, une image m’est venue en face des yeux, l’image de mon petit copain, qui est mon mari aujourd’hui. Là de le voir devant moi, j’ai fait marche arrière, je me suis dit de ne pas sauter. Je suis allée donc me réfugier chez des gens pendant une semaine. Ma mère ne comprenait pas pourquoi j’avais fugué. Pourtant j’ai essayé toutes les mauvaises paroles qu’elle avait eu envers moi, car c’était toujours des insultes, style, (salope) des thermes que l’on ne dit pas à ses enfants. Quand je suis revenue à la maison, ils étaient tous là à m’attendre derrière le portail, lui était là. Je voyais son regard menaçant sur moi parce qu’il avait très bien compris pourquoi j’avais fugué, il avait peur que je lâche tout, mais je n’ai rien dit. D’en reparler ça me fait penser à tout ça, ça me fait bizarre. Autrement j’ai aussi voulu me suicider par médicaments, j’avais 19 ans, dans l’année de mes 19 ans, j’ai pris plein de médocs et j’ai bu avec mais je ne sais plus quoi et au bout d’un moment ce visage est encore apparu, celui de mon petit copain, qui est venu devant moi, donc quand je l’ai vu, j’ai pris conscience de mon geste et j’ai appelé le doc. Je me souviens depuis très peu m’être confiée à ce médecin, et ce médecin j’estime qu’il n’a pas fait son devoir que devrait faire un médecin, c'est-à-dire, chercher après à me parler, en parler à ma mère, ou peut-être qu’il en a parlé mais vu qu’ils étaient amants forcément ça devait être compliqué. J’ai regretté de lui en avoir parlé quand j’ai su qu’ils étaient amants car cela ne devaient pas les arranger de me sauver. J’ai aussi un jour voulu parler à un de mes professeurs au collège, et là c’est pareil j’ai pas pu parler parce que je me suis aperçue que ce prof et ma mère étaient encore amants. Donc cela aurait pu être deux portes de sorties pour échapper à cette maison plus tôt parce que ces deux hommes là, le doc s’il avait été correct et fait son boulot tout comme le prof, je m’entendais bien avec, donc j’pense que cela aurait pu être possible aussi car il avait une part de responsabilité s’il avait su  mais voilà, je ne lui ai rien dit à lui à cause de la relation avec ma mère. Donc voilà c’est bien ce que je disais tout à l’heure j’ai été élevé dans un milieu pédophile. Je ne voyais pas où trouver du soutien, que se soit intérieur ou extérieur, ça été compliqué et autrement après, si je passe aux conséquences à l’âge adulte. A l’âge adulte ça été la sortie du déni, parce que la sortie du déni a été hyper violent, une torture, je l’ai longtemps regrettée. Je ne le regrette plus depuis le printemps 2009 mais les conséquences ont été lourdes là parce que j’ai voulu me suicider à nouveau mais sans passer à l’acte, très lancinant, toujours des pensées, des mises en scènes, tout bien calculer car cette fois ci rien ne devait interrompre mon action, je ne devais pas me rater surtout. Les autres conséquences sont par rapport à mon couple. Les couples en relation intime sont toujours compliqués et instables, car je pouvais faire l’amour plusieurs fois par semaine vraiment un besoin et ensuite pendant des mois, surtout ne pas me toucher, ne pas m’approcher, la trouille d’aller retrouver mon mari dans le lit alors qu’à une époque je pouvais faire l’amour n’importe où avec lui, cela ne me gênait pas, je trouvais ça sympa même. Donc oui les conséquences à l’âge adulte c’était de refouler ce partage dans le couple. L’autre conséquence à l’âge adulte, c’est d’être mère de famille, ça été un moment très agréable pour moi mais le seul hic c’était d’avoir trois filles. Ces trois filles pour moi étaient mon image projetée, j’avais tellement peur qu’elles se fassent attaquer à leur tour. J’avais très peur à chaque rencontre extérieure ou intrafamiliale. J’épiais le moindre fais et gestes, toujours à l’affût,  le regard inquisiteur, et ça c’est très lourd. Même si l’on ne parle pas, les enfants ressentent les choses. L’autre conséquence aussi, ça été le silence que j’ai gardé trop longtemps parce que ma dernière fille a été très mal à l’aise face à ça. Tout bébé, elle a perdu l’envie de manger, de jouer, que je l’habille en petite fille, donc c’est pour ça qu’il est important enfin à mon idée de briser ce silence et ce secret parce que les enfants ressentent inconsciemment tout ce passé. Oui les conséquences sont lourdes quand on vit l’inceste et la pédophilie.

Mon corps somatise. Je fais des zonas, j’arrive maintenant, aujourd’hui à contrôler la perte d’usage de mes bras. Je le sais depuis un peu plus d’un an que cet handicape que j’ai ressenti, dégagé vient de l’inceste et de la pédophilie que j’ai vécu. Cela a été très violent, j’ai commencé à ressentir cet handicap se dégager de moi à la naissance de ma 2ème fille. Quand j’ai commencé à en parler à quelqu’un, elle m’a un p’tit peu écoutée cette personne là mais sans plus et au fil du temps, plus je prenais conscience de tout mon passé, plus ce problème aux bras se dégageait. J’ai commencé par consulter  un médecin puis un rhumatologue, qui lui ne comprenait rien à mon problème et lui m’a dirigée vers un spécialiste des bras, de la main sur Le Mans. Cela fait plus de 12 ans maintenant que je suis suivi par un spécialiste. Qui lui-même ne mettait pas trop de mots sur ce que je pouvais avoir car aux auscultations il y avait bien des traumatismes, hyper importants, mais quand il arrivait au jour de l’opération et qu’il ouvrait tout ça, ben les dégâts n’étaient pas si important que ça. Au fil du temps des consultations il s’est aperçu que j’avais un problème psychologique. Il a été très délicat, il m’a beaucoup écoutée, et il m’a dirigée vers un thérapeute que j’ai maintenant depuis plus de 2 ans et c’est cette personne là qui m’aide à prendre conscience de cet handicap au niveau des bras. J’apprends donc à gérer mes émotions pour ne plus perdre l’usage de mes bras. Maintenant, je dis stop aux interventions, aux amputations et tout ça. Parce que j’ai vraiment été disséquée de tous les côtés. On m’a coupée des têtes d’os, on m‘a coupée les nerfs, les ligaments et les muscles. On a tout rafistolé. Maintenant j’arrive à gérer, quand ça va pas bien, je sens les articulations grippées mais je mets ça sur le dos du temps. "Tiens c’est humide aujourd’hui j’ai mal aux bras". Mais je m’aperçois que toutes les choses qui se passent, les actions avec les gendarmes ou autres, ça a des conséquences sur mon corps. Là depuis janvier j’ai un zona dans le dos qui sommeille et qui n’arrive pas à sortir. Je souffre beaucoup en ce moment la nuit, ça me coupe la respiration, sur le dos ou le côté, j’étouffe. J’ai les cervicales également douloureuses,  grippées. Les migraines à ce jour sont moins fréquentes, j’arrive à les gérer aussi, j’ai arrêté tous les médicaments concernant cela. La prise de poids, ça va, là j’ai pas mal évacué depuis le début de l’année, je suis à moins 12 kgs. Je me suis aperçue que le poids diminuait au fur et à mesure de mon cheminement, donc maintenant, c’est terminé, si j’ai envie de manger un gâteau, je mange un gâteau. Les régimes ne servent à rien, j’en ai fait beaucoup. J’en ai beaucoup essayé. Quand ma tête va, tout va. Il faut que ma tête aille bien, et ça ira. J’essaie de me faire plaisir le plus possible. Les autres conséquences, c’est beaucoup de culpabilité, qui commence à diminuer aujourd’hui, au fil du temps aussi. Alors culpabilité face à une de mes cousines que je ne vois plus. Culpabilité face à mon mari parce que mon passé est lourd, vivre avec une victime ce n’est pas facile tous les jours. Quelque fois tout m’embête, même mes enfants que j’adore, je regrette parfois d’avoir eu des enfants, même un mari, des fois j’aimerais être toute seule dans une maison et vivre ma vie tranquille, à mon rythme. Les conséquences ont été aussi d’avoir des difficultés à aller travailler. Quand je suis arrivée dans ma ville, je n’ai pas trouvé de boulot et bien dans un sens, tant mieux. C’est pas faute d’avoir cherché car je me suis toujours défoncée. Aller de l’avant vers les autres j’avais du mal. J’étais très timide et peur des autres. Cela a déjà en majeur partie ralenti les choses. Je travaille dessus maintenant. Je pense avoir bien travaillé car je suis là aujourd’hui avec vous, à faire ce groupe de parole que j’aurais  jamais pu il y a quelques années. Oser faire des démarches envers les autres. Je vais revenir sur le couple. Quand j’ai commencé à parler de mon passé. Mon mari a eu beaucoup de soutien pour moi, mais si on leur en parle de trop, cela devient trop lourd pour eux. Et le couple est en danger donc il faut à tout prix en parler à l’extérieur. C’est ce que j’ai fait parce qu’il fallait que je le ménage, il n’en pouvait plus, c’était trop pour ses épaules. Et les enfants c’est pareil, ils sentent la maman qui est pas bien. Pourquoi tu pleures ? Pourquoi on voit plus papi ? Pourquoi on voit plus mamie ? et bien oui il a fallut expliquer les choses avec des mots adaptés à chacun de mes enfants car moi j’ai deux paires d’enfants. 2 grands et 2 petits. Quand je suis sortie du déni, les deux grandes étaient tout juste en début d’adolescence, ça n'a pas été facile, parce qu’au début de l’adolescence les enfants commencent à se construire, à se faire des images sur l’amour, les relations sexuelles, et les petits comprenaient pas la cassure familiale. Encore une conséquence pour moi, c’est la coupure avec ma mère, là je ne vais pas parler des conséquences des actes, des brutalités sexuelles, psychologiques, physiques que j’ai vécu, ça j’ai tellement appris à vivre avec que je dirais ça passe en deuxième temps. Le plus dur pour moi c’est d’avoir été rejetée par ma mère, ça, ça fait parti des conséquences que j’ai encore beaucoup de mal à gérer aujourd’hui, mais mieux depuis 2 ou 3 mois à commencer à dompter. Aujourd’hui je parle d’elle sans pleurer. Il y a encore un mois si je chialais encore en parlant d’elle comme quoi. Aujourd’hui ça va, je vais bien. Il faut laisser le temps au temps. La thérapie ne fait pas tout, elle y contribue seulement. Les relations intimes, tant que j’étais dans le déni se passaient pas trop mal, même si quelque fois je me disais ouf ! il est endormi, je suis tranquille. Mais à la sortie du déni on a été un an sans se toucher, voir très peu. Il ne fallait pas qu’il me touche, j’appréhendais le coucher, si en journée il ne travaillait pas, je l’évitais, j’évitais que l’on soit trop près l’un de l’autre, je ne voulais pas lui donner des idées.

Quand je suis sortie du déni, j’aurais aimé avoir des aides concrètes c'est-à-dire qu’on me dise, «  vous vous orientez vers telle personnes pour les démarches «  Parce qu’il a fallut que je devine vers qui me tourner à chaque fois. Je savais qu’il y avait l’ASAV, donc j’ai contacté. Il a fallut que je cherche un thérapeute, faut trouver le bon thérapeute, qui nous convienne ce qui n’est pas évident. Parce qu’il y a plein de sciences différentes, les psy pff, il était hors de question que j’en parle à mon médecin traitant donc une amie m’avait conseillée un psy sur Nantes, donc j’ai été sur Nantes régulièrement. Les aides que j’aurais aimé oui c’est ça, c’est qu’on me dirige, qu’on m’oriente, qu’on m’aide un p’tit peu à me porter, parce que se porter tout seul c’est lourd. L’aide à l’heure actuelle, c’est l’association Le Monde à Travers un Regard. Heureusement, que j’ai cette association, c’est une famille pour moi, il y a un échange, une complicité. L’aide que j’y trouve en cette association c’est le forum, on peut vraiment vider ses valises, que ça aille ou pas, je vide, je déballe, cela peut-être des choses très tristes, ça peut-être aussi des délires car il y a la partie délires, fou rires, donc ça fait du bien……Je dirais qu’il faudrait aussi des aides pour la famille proche, c’est important pour un couple, que le proche fasse aussi de la thérapie parce que c’est pas au proche d’entendre tout ce que la victime a besoin d’évacuer, c’est pas son rôle. J’aurais aimé être soutenue par de la famille même s’il n’y a qu’une personne, je trouve ça important, là je pense à un oncle, qui préfère soutenir son frère plutôt que sa nièce. Cela je trouve ça un peu dur, je l’ai en travers de la gorge, ça me met de la colère, car entendre « oh ! oui mais même s’il a fait ça, j’peux quand même pas lui tourner le dos c’est mon frère, ben oui mais désolée je suis ta nièce, il m’a violée, m’a traumatisée pendant des années et j’estime que c’est vers moi qu’il devrait se tourner. C’est peut-être de l’égoïsme, j’en sais rien. Ma mère je me suis fait une raison, j’en ai parlé tout à l’heure. Mon frère, je l’ai retrouvé, donc lui m’apporte de l’aide par son soutien, il fait comme il peut, parce que c’est pas facile pour lui actuellement. J’estime que la société doit aussi aider toutes ces victimes, ne pas avoir ces œillères, ne pas tourner le dos quand quelqu’un révèle qu’il a été agressé. On ne porte pas de maladies graves, c’est pas contagieux, malgré que la société soit beaucoup touchée par ce fléau. Les aides c’est très large, cela peut être une parole, ça peut être par les médias, par un médecin, une amie. Moi l’aide que j’ai c’est de pouvoir aider les autres. C’est mon but dans la vie, je ne veux avoir subi tout ça sans que ça m’apporte quelque chose de positif. L’aide actuelle c’est de pouvoir vous aider, d’avoir créé ce groupe de parole et j’espère que ça va durer longtemps.

 

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