L'amour après l'inceste & la pédocriminalité

Comment arriver à exprimer son amour ?… je trouve que c’est pas facile, j’ai beaucoup de mal à l’exprimer, parce que je ne sais pas de quoi on parle. Quand on parle d’amour je ne sais pas si on parle d’amour physique ou si on parle d’amour intellectuel, enfin je ne sais pas comment vous dire ça autrement… Comment on parvient à l’exprimer...  je sais pas comment dire ça ! Moi j’ai beaucoup de mal avec ça, par rapport à mon mari, à mes enfants, je lui dis, c’est vrai que des fois on ne dit pas à ses enfants, à sa famille" je t’aime", moi je sais pas le faire. Je dirais à la limite que je vais dire allez mon p’tit enfant, parce que c’est à ce moment là que je me suis rendue compte que je fonctionnais comme ça. C’est que il n’a pas été autonome très rapidement à cause de ça justement parce que je, ma façon de lui exprimer mon amour c’était toujours de m’occuper de lui dans le sens où je l’habillais. Que je pouvais très bien le toucher, l’embrasser mais je ne savais pas où il y avait mes limites, et je le faisais pas et c’était plutôt par l’habillement. J’ai mis du temps à me rendre compte, il devait avoir 5 ans à peu près, quand il était chez sa psychologue parce qu'il n'était pas bien, et elle me dit « mais pourquoi vous l’habillez ? » puis quand elle m’a dit ça, je me suis dit, c’est à ce moment là que ça fait tilt dans ma tête, je me suis dit mais elle est entrain de me dire d’arrêter de l’aimer, enfin moi  c’était comme ça que je voyais les choses, mais C’est quelque chose qui est difficile à exprimer, moi je n'arrive  pas à lefaire, j’y pense quelque fois, j’aimerais bien retrouver des contacts avec mes enfants, même des mots gentils. J’ai du mal à dire des mots gentils, je sais pas faire, c’est du même titre que je vais par exemple avoir accueilli à la maison quelqu’un pour un diner puis le lendemain. Puis la personne invitée va  m’appeler et me dire « c’est super, on a passé une bonne soirée, merci beaucoup" et ça c’est des choses que je faisais pas parce que je ne savais pas le faire et quand j’ai entendu ça, je me suis dit « mais pourquoi je le fais pas moi, pourquoi je le dis pas à la personne que j’ai été bien à ce moment là, bien accueilli, maintenant ça y est je le fais mais c’est plein de petites choses comme ça, j’ai l’impression qu’on a oublié de m’apprendre ça. J’arrive pas trop à m’exprimer, je trouve que c’est vaste comme sujet, en même temps c’est compliqué parce que je trouve ça compliqué.

Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance, parce que j’ai tout oublié, mais il y a des choses dont  je me rappelle justement,  c’est que je pense qu’on ne m’aimait pas. On ne m’aimait pas, parce qu’on m’avait donné un rôle à la maison, d’abord ma mère ne devait pas avoir le temps, de toute façon parce qu’on était dix, moi j’étais la 3ème personne mais la 1ère fille donc j’avais des taches, fallait que presque je la remplace la mère hein ! et forcément quand il y en a 7 derrières on range des choses, j’ai eu vite fait de gueuler sur tout le monde, je ne plaisais pas forcément parce que j’étais pas facile à vivre je pense aussi. J’avais une obsession du ménage. Que j’appliquais chez ma mère, et quand je suis partie à 19 ans travailler à Paris, je revenais parce qu’il n'y avait pas beaucoup d’argent et des habits ! Je les refaisais chier en gros parce que je rerangeais, remettais des choses en ordre, je faisais un peu la police . On me disait "vite, vivement que tu remontes". Ca je l’ai toujours mal vécu. Avec ça, quand j’étais de la 6ème à … je ne sais plus ce que j’ai fais comme études d’ailleurs. J’ai toujours été en pension et je ne revenais que le week-end, et quand je revenais comme ça les week-end ou après quand travaillais sur Paris, que je redescendais en province, on me disait vivement que tu remontes parce que je les emmerdais en gros, je me disais, je ne sais pas où est ma place, et je ne savais pas où était ma place d’ailleurs, parce que j’y étais pas la semaine, je revenais le week-end, je plaisais pas forcément dans mes actes et en plus adulte c’était pareil. Et jamais j’ai jamais su où j’étais bien. J’étais pas bien d’ailleurs dans cette maison parce que c’étais là aussi où se passait tout ce qui c’est passé. Je dirais que je suis mieux maintenant aujourd’hui où je suis loin de tout le monde. J’ai fait une croix dessus ! Peut-être que maintenant, l’amour me sera plus facile avec... j’ai tout refait mes relations, et je pense que c’est moi  qui les choisis maintenant les gens ! Les faux amis j’en veux plus, je ne veux que de vraies relations, c’est difficile parce que j’en ai éliminé plein autour de moi, j’en ai encore une à éliminer là, enfin entre guillemets. C’est moi qui choisi avec qui je veux être, avec qui je veux passer un moment. On ne m’imposera pas de passer un après midi avec quelqu’un, si j’ai pas forcément envie d’y être, voilà !

Par rapport à ma mère, mon père, c’est compliqué. On ne se parlait pas beaucoup, moi je n'ai jamais entendu" je t’aime" mais par moment je sentais bien qu’elle devait m’aimer parce que quand je prenais mon petit déjeuner je me levais d’abord  toujours très tôt, je pense que c’est parce que  je quittais la chambre,  et des fois elle me disait "mais tu as le temps de te lever", puis elle me regardait tout le temps prendre mon petit déjeuner, il y a des fois où je me disais "ça m’agace qu’elle me regarde", puis aujourd’hui je me dis mais c’était peut-être sa façon à elle de m’aimer. Mais ce que je ne comprends pas c’est aujourd’hui : comment des parents peuvent abandonner leurs enfants quand on leur dit que l’on a été victime de quelqu’un dans la famille. C’est là que je me pose des questions, et je ne comprends pas d’ailleurs, pourquoi. Pourquoi c’est comme ça ? Pourquoi c’est encore la victime qui trinque parce que elle a parlé ? C’est là que je me dis finalement c’est qu’elle ne devait pas avoir d’amour pour sa fille. J’en sais rien ! C’est une question que je me pose là tout de suite, enfin des fois je me la pose aussi comme ça, ça me pose question. Comment on peut abandonner son enfant ? Parce que c’est ça. Même s’il est grand, adulte ! Il y a plus de lien, c’est plus possible.

Je n'ai pas d’hésitation, c’est aussi à mes enfants que c'est le plus simple de donner de l'amour. Et puis aussi, le bébé que je garde, enfin ce n’est plus un bébé, il est grand maintenant, il a 20 mois. Je me comporte avec lui comme si c’était un de mes enfants, ça ne me dérangera pas de le prendre dans mes bras, ça ne me dérangera de lui faire des bisous, de la câliner, j’aime bien en plus, et c’est beaucoup plus facile avec les tous petits. C’est vrai que mes enfants sont grands, le plus jeune qui rentre dans l’adolescence c’est un peu plus délicat, sauf que c’est une partie de la vie qui est un peu fragile aussi. Par contre avec mon mari, c’est un peu compliqué parce que je n’ai jamais su de ce qu’il pensait de ce que je vivais, on en parle pas d’ailleurs. C’est vrai que je suis quelqu’un d’abimé, que c’est bien parce qu’il est encore avec moi, qu’il aurait pu aussi me lâcher. Je respecte qu’on en parle pas, je ne sais pas si c'est parce que c’est trop difficile pour lui, je ne sais pas ce qu’il en pense, maintenant il me voit évoluer avec ça aussi. Avec mon ouverture de groupe de parole, il voit que j’ai un autre chemin et il ne s’oppose pas et il n’a pas à s’opposer de toute façon parce que c’est mon histoire. Mais un jour lui m’a dit "tu ne me dis jamais de mots gentils", c’est vrai où j’ai eu une période de ma vie j’étais, enfin j’envoyais péter tout le monde à la maison parce que j’allais pas bien. Mais je ne sais même pas le faire d’ailleurs. C’est pas quelque chose qui m’est naturel, j’ai l’impression que c’est quelque chose qui s’apprend. De toujours dire à l’autre, c’est pas naturel chez moi. Je dirais même avec mes enfants, je fais des efforts, pour leur dire, c’est bien, ce que tu fais parce que avant c’était pas facile. C’est fait c’est rentré même si des fois je me dis "mince j’aurais du dire plus". Oui la relation avec le mari est plus compliqué, puis si je fais des efforts avec mes enfants mais lui comme on ne parle pas de mon histoire et comme il ne me pose pas de questions, je me dis pourquoi je lui dirais des mots gentils puisque lui de son côté... voilà ça se fait un peu comme ça !! si je fais des efforts, il peut en faire aussi. Si il a fait des effort quand j’ai fait ma dépression, même si c’était maladroit, j’étais complètement à plat, il me disait "tu viens, on va aller courir, tu viens on va aller au cinéma". Mais c’était pas que je voulais et lui ne savait pas comment faire pour m’aider mais c’était pas ce que j’attendais. J’ai du travail à faire par rapport à ça, par rapport à lui. En même temps c’est un homme, c’est le premier homme que j’ai aimé. Je peux dire que je l’ai aimé, parce que je dirais que le coup de foudre, je ne sais pas si on peut parler de coup de foudre, si avec lui je l’ai eu, et au début je vivais vraiment d’amour et d’eau fraîche. Je me nourrissais pas, je n’avais pas besoin de manger. Lui m’avait déjà repérée depuis longtemps, ça a mis du temps, parce que ça ne m’intéressait pas puis au bout d’un moment j’ai eu un coup de foudre. Aujourd’hui on est encore ensemble, je me dis "on va continuer", à moi de faire des efforts. Enfin à nous deux aussi.

 

C’est compliqué, c’est difficile, ça dépend des personnes. Avec mes enfants ça coule de sens, je n'ai pas trop de difficultés, je leur dis tout le temps que je les aime, peut-être un peu trop… même ! Pourtant je t’aime, ça va, tu vas bien, sur ? donc j’en faisais trop mais en tout cas j’ai pas de problème pour faire un câlin, leur dire que je les aime, m’occuper d’eux. Par contre pff !! vivre en couple, pff !! ça me saoule clairement, c’est chiant, il faut tout le temps rendre des comptes, tout le temps faire attention à tout ! Enfin ça m’saoule ! Je n’aime pas être en couple, je vis en couple sans vivre en couple là  enfin c’est compliqué et l’amour pour moi c’est plus facile à vivre malgré tout à l’âge adulte parce que je pense qu’on arrive, enfin moi en tout cas j’arrive à être moins dépendante. Quand j’étais petite, j’étais tout le temps en demande d’amour, d’attendre que ma mère m’aime alors qu’elle ne m’aimait pas, elle me repoussait, elle me repoussait tout le temps. Mon père pareil ! Je trouve que c’est difficile quand on est enfant de vivre ça, l’adolescence c’est pareil parce que c’était toujours pareil comme je me sentais pas aimée mais comme c’était l’adolescence c’était une période révoltée où j’étais en colère...  Avec mes parents c’était très tendu, violent et à l’âge adulte petit à petit à force de travailler j’arrive  être moins dépendante de tout le monde, de mes parents de toute façon je les vois plus donc le problème n’est pas là mais j’ai l’impression en même temps de m’être renfermée dans une espèce de coquille, genre "ne m’aimez pas", moi je ne peux pas, je ne veux pas comme ça, je suis tranquille et je demande rien à personne et qu’on me laisse tranquille et au moins je souffre pas.

Je ne m'aime pas trop, je dis pas trop mais en même temps c’est pas du tout, mais ça, s’améliore avec le temps! Pendant longtemps je m’aimais pas, je me détestais par rapport à ce que ce vécu me renvoyait comme image de moi, par rapport à tout ce passé, tout ce qui était arrivé, maintenant je commence à m’aimer pas trop mal on va dire petit à petit, à faire des choses pour moi, à me découvrir en faite et ça va mieux mais c’est vrai que c’est important je pense, pour pouvoir aimer les autres aussi. Par rapport à l’amour là où c’est très compliqué aussi, ça va être  mon frère, parce que mon p’tit frère a été victime d’inceste aussi en même temps que moi, on a qu’un an d’écart, et moi je l’ai su il y a seulement deux ans, il n' y a que deux ans qu’il a parlé, et c’est vrai que par rapport à cette histoire et à notre famille qui est très toxique, ils ont toujours tout fait pour que l’on ne s’aime pas, qu’on soit séparé, qu’on soit jaloux l’un de l’autre, et du coup on construit nos relations d’amour entre nous, mais c’est très compliqué parce que finalement on a l’impression d’être des étrangers, et lui ; il est à fleur de peau, il souffre de plein de conséquences, quand on se voit il pleure, et c’est compliqué de construire une relation frère/sœur quand on a l’impression de ne pas se connaître alors qu’on a partagé la même chambre pendant dix années sans se parler…parce que dés qu’on se parlait on avait l’impression que l’autre était un pestiféré  c’est compliqué aussi, cette relation d’amour frère/sœur.

A qui est-ce plus facile de donner mon amour ? A mes enfants parce que je ne me méfie pas d’eux, je sais qu’il n’y a pas d’entourloupe, c’est une relation saine et puis c’est naturel. Moi comme je n’ai pas eu d’amour quand j’étais petite ça me parait essentiel de leur en donner, maintenant, je les couve trop, je ne vais pas dire que je leur en donne trop parce que je ne sais pas si on peut donner trop d’amour mais en tout cas je les couve trop ! Parfois ils sont agacés car ce sont des garçons en plus. J’ai du mal à les lâcher, le plus grand à 14 ans donc il réclame de la liberté, je suis un peu obligée aussi de le laisser faire sa vie, ce n’est pas évident ! Je travaille aussi sur moi, car il n’est pas question que je l’enferme à double tour à la maison. Savez-vous aimer ? pff ! oh oui mais après je pense qu'au niveau de donner mon amour, je pense que ça c’est arrangé, parce qu’il y a une période où je donnais trop, dans les relations amoureuses en tout cas, je donnais trop et je ne recevais rien, et jusqu’au jour à force de me prendre des claques ça ma suffit ! maintenant je ne donne presque rien, et je reçois plus, mais, donc du coup c’est pas très équilibré, c’est pas équitable. Et dans l’histoire il y en a un qui souffre toujours plus que l’autre. Ca s’améliore en tout cas car moi je ne suis plus en souffrance à ce niveau là, vu que j’ai réussi à me détacher de mes parents, c’est pareil je suis plus en attente de leur amour parce que j’ai compris qu’à ce niveau là il n' y avait plus rien à attendre, c’était pas des parents et qu'à ce niveau là ça va mieux car j’en ai souffert pendant très longtemps.

 

De l’amour j’en ai pas certainement eu dans mon enfance, je ne me rappelle pas, je ne me souviens pas ma mère m’avoir dit je t’aime, je ne me souviens donc là encore moins,  depuis que j’ai rencontré mon mari par contre, je sais ce qu’est l’amour et suis en demande d’amour plus qu’il ne peut m’en fournir à moi parce que je suis sans arrêt entrain de dire je t’aime, enfin c’est compliqué et avec mes enfants c’est pareil, je les surprotège trop, je suis sans arrêt à leur demander, de leur dire que je les aime, je leur demande qu’ils me le disent, je leur pose sans arrêt des questions, enfin ça s’est calmé, mais ça a été presque infernal. Moi je suis en demande d’amour constamment. j’ai besoin qu’on m’aime…. Le dernier mot, pour moi l’amour est plus facile à vivre à l’âge adulte parce que dans l’enfance, j’en ai pas eu, l’adolescence non plus, donc là plus à l’âge adulte.

Celui qui a abusé de moi, m’humiliait constament  à chaque rencontre qu’on avait il m’humiliait constament, je ne sais pas si c’était pour me faire taire, je ne sais pas trop ce que c’était enfin c’était de l’humiliation, c’était "oh lala ! la grosse", c’était des coups c’était beaucoup de choses, c’était… Il y avait souvent du monde autour de nous, et tout le monde rigolait donc c’était assez chaud pour une ado de 13 ans. Et l’adolescence, c’est pas facile, facile!  Je suis sortie du déni en 2003 lors de ma 1ère grossesse, j’ai accouché, après j’ai fait des petits prématurés, parce que je suis tombée en dépression, suite à cette dépression j’ai perdu énormément de poids, j’ai perdu 3O kgs et j’étais très très très mal, je ne mangeais plus, je n'aimais pas le regard des gens sur moi, je ne m’aimais pas, je me préférais forte, parce qu’au moins je passais inaperçu, et  je n'avais pas l’impression que le regard des gens se posait sur moi, je ne supportais pas, pas trop.

Mes enfants me donnent, je leur donne. J’ai pas forcément eu ça, quand j’étais jeune mon père était absent. Il était constament sur son canapé, il ne parlait jamais, il était là pour nous engueuler. Ma mère s’est occupé de nous et ne nous a pas forcément montré comment elle nous aimait. Elle ne nous prouvait pas, elle nous l'a jamais dit déjà. Moi je n’ai jamais su que ma mère m’aimait ou pas. Moi je donne énormément de mots d’amour à mes enfants. Même de trop certainement. Quant à mon mari c’est une demande verbale. Parce que l’amour, je ne sais comment expliquer. L’amour physique pour moi c’est coincé. C’est coincé depuis bientôt sept ans. Par contre j’ai besoin d’entendre qu’il m’aime, qu’il me rassure la dessus, mais les câlins c’est un peu bloqué. Savez-vous aimer ? Non je ne pense pas. Mes enfants oui, mon mari non. Je ne pense pas, je l’aime c’est sûr mais je pense l’avoir aimé comme quelqu’un qui aime, comme quelqu’un de normal.

 

L’amour c’est très dur, je ne sais pas trop ce que ça signifie, pourtant j’en ai eu par mes parents,  j’en donne énormément à ma fille, parce que je sais que c’est donnant donnant,  par contre mon mari j’y arrive pas du tout, je lui ai jamais dit je t’aime, et l’amour pour moi ça signifie rien parce que, déjà j’arrive pas à m’aimer donc je ne comprends pas qu’on puisse m’aimer aussi. Jai eu des parents qui m’ont aimée, qui m’ont toujours tout, tout donné, justement moi c’est l’inverse c’est souvent ceux qui m’ont fait croire qu'ils m’aimaient qui m’ont fait du mal, parce que justement j’étais, j’étais grosse, et tout ça et donc tout le monde se moquait de moi, et justement celle qui me protégeait c’est cette personne là qui a abusé de moi. Ca a été ça aussi après mon 1er mariage, j’ai voulu faire confiance et puis je suis tombée sur un taré. Il me tabassait, et il était frustré sexuellement. A chaque fois que j’essayais de faire confiance. Moi j’ai vraiment trouvé l’amour qu’avec mon mari à l’âge de 29 ans et ce qui est difficile c’est que moi je, je n’arrive plus maintenant à donner. Sauf, Comme je disais tout à l’heure à ma fille. C’est assez dur d’arriver à faire confiance et de s’accepter aussi.

J’ai vraiment beaucoup plus de facilité à donner de l’amour à ma fille ça c’est sûr. Un peu trop même des fois,  parce qu’on n'a pas assez eu d’amour, mais bon. Et beaucoup aux enfants avec qui je suis tous les jours. Je travaille avec des enfants et c’est vrai que c’est naturel. Ils ne demandent rien. Par contre avec mon mari, ça fait huit ans que c’est, il y a un blocage. Depuis la naissance de ma fille. Quand j’ai su que j’allais avoir une fille, parce que, pff !! c’est chiant de pleurer. Avant j’arrivais à aimer, et depuis je ne sais plus. Il me le reproche tous les jours. C’est sûr j’ai un gros travail à faire sur moi. Et quand je m’aimerais je pense que se sera plus facile.

 

Je réclame sans arrêt, j’ai besoin de câlins , qu’on me  dise je t’aime, si je n’entends pas régulièrement je réclame, donc oui c’est ça j’ai besoin de réclamer, si je ne l’entends pas je ne suis pas rassurée, j’ai toujours l’impression qu’on va me laisser tomber. L’amour doit être partagé et c’est obligatoire pour moi, il ne doit y avoir qu’un seul qui donne, autrement ce n’est pas de l’amour pour moi ça doit être  obligatoirement partagé. Pour mes enfants c’est très naturel je n’ai jamais eu de problème à leur dire je t’aime, eux également me le disent beaucoup, soit par des mots, soit par des câlins. Avec mon mari, également c'est partagé par des paroles, un regard parfois suffit pour que je comprenne qu’il m’aime, mais il me faut obligatoirement le mot je t’aime, c’est un truc qui me rassure beaucoup. Alors autrement, comment diriez-vous que l’amour est plus facile à vivre? pendant l’enfance?  Alors là je sais pas ! Mes parents ma mère surtout, je ne me rappelle pas si elle m’a dit je t’aime un jour, je suis incapable de le dire, dans l’enfance l’amour je sais pas trop ce que c’est, enfin  moi j’en ai beaucoup donné à ma mère parce que je vivais que pour elle, donc ça là dessus oui, j’en ai beaucoup donné à ma mère, mais je sais pas si elle m’en a donné, par contre à l’adolescence ça n'a pas été facile à vivre, parce que vu ce que je subissais pour moi l’amour ouh ! C’est une torture, enfin ce que je subissais déjà ce n’était pas de l’amour, c’était de la violence. Je m’étais fait un rêve de princesse, je voulais rencontrer un prince, je me faisais tout un cinéma dans ma tête, le jour où je rencontrerais l’homme de ma vie, je voulais les lumières tamisées, tout un idéal dans ma vie. A l’adolescence ça été très très dur pour moi parce que je revivais trop les agressions sexuelles de la part de mon agresseur principal ou des autres que j’avais déjà, dont j’avais été agressée. A l’âge adulte, tout c’est très bien passé concernant l’amour mais lors de ma sortie du déni ça été très compliqué. Pour moi l’amour ne servait plus à rien, je commence à aller beaucoup mieux depuis un an, l’amour fait vraiment partie de ma vie maintenant parce que j’arrive mieux à l’exprimer.

Quand j’étais jeune je m’aimais pas, parce que beaucoup de gens me renvoyaient une image de moi qu’au départ j’avais pas fait du tout attention j’étais mince voir très maigre et à chaque fois c’était "oh la la qu’est-ce que t’es maigre, t’es plate, t’as pas d’seins, t’as si, t’as ça", enfin bref des réflexions qui te détruisent quand t’es ado ou toute petite, et puis quand il a fallut commencer une vie de femme, mon corps, je me suis aperçu que,  c’est vrai, il me manquait des choses, peut-être, des idées préconçues, je ne me sentais pas bien dans ma peau, ça a été très difficile pour moi à vivre! Il est vrai que ce corps, j’ai l’impression qu’il ne m’appartenait pas, j’ai l’impression de l’observer quelque sorte, et j’arrivais pas à maitriser, comment dire ?  Mes formes. C’est pas facile pour moi d’exprimer ce que je veux essayer de vous faire comprendre, enfin bon ! Après en vieillissant, enfin surtout quand je suis sortie du déni, c'est-à-dire fin 2004, mon corps a commencé à changer, j’ai commencé à prendre du poids, mais vraiment beaucoup de poids, et ça a été encore pire quoi. Je me rappelais des paroles qu’on me disait quand j’étais jeune, alors je me revoyais toute maigre, et en même temps, quand je me vois en même temps  dans la glace, j’arrive assez mieux à accepter mon reflet ! C’est tout un travail que je fais avec les thérapeutes, et c’est vrai qu’aujourd’hui je commence à mieux m’accepter. Par exemple après une douche, se passer du lait sur le corps... Je le fais depuis...  pff ! 3, 4 mois. C’est un truc que je ne pouvais pas faire, ni me toucher, j’aimais pas trop ça. Et puis pour moi, c’est une perte de temps je ne vois pas pourquoi j’aurais pris le temps de masser ce corps que j’aimais pas. Là ce travail, je continue à le faire, je m’applique aussi à m’accepter, à m’aimer ! J’espère que ça va continuer parce que je travaille tellement sur moi que je me sens mieux dans ma tête, et finalement mon poids, mon surpoids, s’en va tout seul, sans travail de diététique ou autre, comme quoi ma  tête, c’est elle qui menait tout. J’espère que ça va continuer à aller de mieux en mieux.  C’est vrai que si on  s’aime,  c’est plus facile d’aimer les autres parce qu’il faut que ce soit une fusion, faut que ce soit un partage, un échange comme je le disais tout à l’heure, parce que, s’il y a de l’amour que d’un côté ce n’est pas un amour sain pour moi. Donc j’espère que je vais continuer, à améliorer de ce côté-là.

Quand j’étais petite, l’amour je l’ai donné à mon petit frère, quand il est né, ça été un grand dieu, c’était un vrai bonheur, ça a toujours été pour moi un grand bonheur d’avoir un p’tit frère. J’avais un rôle protecteur, l’amour que j’avais pour mon p’tit frère était de le protéger, parce je/on vivais dans un milieu, dans une ambiance de violence, je peux appeler ça comme ça de la violence. Ma mère, pétait souvent des câbles, elle ne contrôlait pas ses nerfs, donc mon frère n’était pas très facile quand il était petit, mais maintenant avec mon histoire je comprends pourquoi il réagissait comme ça aussi. Elle se défoulait sur lui. Elle le tabassait. Et moi un jour je ne sais pas l’âge que j’avais mais je me suis interposée car elle était à cheval sur lui, le tenait par les oreilles et lui cognait la tête par terre. Là je n’ai pas pu laisser faire, et je me suis interposée pour qu’elle arrête. Donc oui l’amour j’ai commencé comme ça pour mon frère. Ensuite, le plus facile je dirais que c’est par rapport à mes enfants, moi ça me parait naturel. Je ne pense pas que je me force pour leur exprimer mon amour et je ne pense pas que je ne pourrais pas leur donner parce que moi ce que j’ai pas eu il m’est indispensable d’en donner aux autres. Donc voilà je dirais mes enfants, autrement, par rapport à mon mari oui je pense que j’arrive à en donner. L’exprimer oui je l’exprime, je suis même un pot de colle. Parfois je pense que ça saoule, parce que j’ai toujours besoin de réclamer, de demander et il sait aussi me le faire comprendre, pas forcément par des mots comme je le disais tout à l’heure dans l’autre partie. Savez-vous aimer ? Je n’en sais rien, faudrait que se soit les personnes que j’aime et  à qui je le fais sentir qui me le disent, si je les aime ou pas enfin si je leur fais bien sentir. J’espère savoir aimer. Pour savoir aimer et bien ce qui serait bien pour conclure. L’amour pour moi, ça serait que je me dise un jour, "oua génial ben je t’aime", désolée héhé je trouve que se serait pas mal je trouve. Je pense que je vais y arriver bientôt. Donc en conclusion, je dirais faut que je sache m’aimer !!

Soit disant j’étais une enfant sauvage mais tout ce que je me rappelle c’est que j’étais une enfant assez câline ! ce qui me trouble un petit peu dans l’histoire de l’amour c’est que, un enfant qui est câlin et qui réclame de l’amour se trouve trahi. Moi je pense avoir été trahi en donnant de l’amour à des personnes adultes. Parce que ça me révolte un peu de temps en temps quand je me revois dans certaines scènes, sur des genoux, et que l’adulte a profité de ce câlin naturel de l’enfant pour avoir des gestes déplacés et anormaux. Donc je pense que maintenant ça s’est inscrit en moi parce que longtemps quand j’ai commencé à aimer, par exemple à l’adolescence je pense que je craignais la trahison. Et je pense que ça vient de là, la trahison est restée longtemps imprégnée en moi, toujours la trouille d’être trahi parce que je donnais de l’amour à quelqu’un. A l’adolescence j’ai pas eu d’expériences multipliées, le seul homme avec qui j’ai eu une expérience sexuelle c’est mon mari donc tout ce qui se passait à côté était des actes incestueux ou de pédophilie donc pour moi c’est pas de l’amour ça c’est sûr. Je regrette et ça me fait mal de penser quand j’étais petite d’avoir été sur les genoux de certaines personnes et que ces personnes là aient abusées de ce que moi je voulais leur donner. Mais c’est vrai que j’y ai pas pensé tout à l’heure c’est que je dois commencé à me soigner de ma mère, à me détacher d’elle je trouve ça gentil mais c’est par rapport à ma mère. C’est pas facile d’en parler, voilà la preuve. C’est ma mère.  Elle m’a abandonnée quand j’ai tout révélé et ça je crois que ça été plus dur que le viol en lui-même parce que, le viol, tu te fais violer et t‘arrives à te détacher de ton corps, t’oublie, t’attends que ça se finisse mais la mère elle est en toi et quand toi, tu es toi-même une maman tu te dis que ce n’est pas possible qu’une mère abandonne son enfant et ça c’est inadmissible. Ma mère, maintenant je ne l’appelle plus maman c’est pas possible, elle soutien son sale bonhomme ça je ne l’admets pas, j’ai de la haine. L’amour que je lui ai donné, je lui ai donné sur de longues années, et il y a peu de temps encore, et elle m’a trahi, parce que si j’ai jamais parlé c’était pour la protéger elle,  je savais que c’est une femme faible, soumise, et qu’elle assumerait pas la vérité. C’est hyper douloureux encore. L’amour et la trahison ça a souvent été mon soucis mais maintenant je pense que je suis sur la bonne route, le bon chemin. Je déculpabilise aussi de beaucoup  tout ça, donc l’amour ça va être égal partage maintenant.

 

Quand j’étais petite on me disait souvent, enfin en famille, on me disait souvent, "on t’aime, t’aime papa, t’aime ton frère", à long terme ça perd tout son sens, finalement je ne dirais pas comme ça n’importe qui, enfin comme ça, moi je dirais que, l’amour y a aucune période,  aucune période qui me permet ... éventuellement toute notre vie, pendant mon enfance...  pas eu de mal avec mes parents, comme de toute façon je pensais que ma mère ne m’aimait pas du tout, à l’adolescence...  Je me suis isolée de tout, de la vie, donc je ne sais pas ce que c’est l’amour à adolescence et à l’âge adulte je me suis fait avoir, c’est un vrai cauchemar et c’est que la souffrance, c’est que la distribution, faire confiance aux gens de toute façon, ils en tiennent pas compte, et ils pensent que quand on sera à l’âge adulte on sera pareil.

Je ne me vois pas capable de parler, on en parle de temps en temps, l’amour des parents, l’amour de la famille ! si tu ne parles pas, on n'a pas tous des familles parfaites, moi qu’on m’en parle...  effectivement  ma mère ne m’aimait pas, ma mère était très dure avec moi, plus dure qu’avec mes deux frères, c’était les réprimandes, tout ce que je faisais ne lui convenait pas. En parlant plus tard, elle m’a dit "tu étais timide" juste que pendant l’enfance  c’était pas facile. Après pendant l’adolescence je ne m’aimais pas, je n’aimais pas mon corps, je n’aimais pas ce que j’étais, je n’aimais ce que je reflétais au niveau des gens, donc je me suis effacée littéralement, j’ai tout fait pour que personne ne me voit pas, donc je souffrais particulièrement à ce moment là. Par contre l’amour, à l’âge adulte , c’est pas forcément ça,  c’est une horreur, c’est un cadavre, maintenant peut-être que ce sera mieux. Je vais faire l’amour involontairement, très rapidement, par contre c’est pas la même personne. Pour moi à l’âge adulte c’est super difficile.

Je dirais que c'est plus facile de donner de l'amour à mes parents et mon petit frère, parce que ma mère, même si je ne suis pas trop d’accord avec elle... Mon père j’ai jamais eu aucun soucis avec. Mon p’tit frère je l’ai toujours protégé sur-protégé, j’ai fait ce que mon frère na jamais fait avec nous, je fais mon rôle de grand frère donc à ma famille ça se fait petit à petit. Maintenant c’est pas avec les mêmes personnes. Je ne vais pas prendre de décisions pour moi mais pour la personne que je vais aimer, résultat je ne sais pas prendre les bonnes décisions et je perds tout objectivité et toute considération pour moi-même.

 

Moi ça va être différent car je ne suis pas survivant de l’inceste, moi je suis plus proche que victime, oh moi de l’amour j’en ai même un peu trop eu mais bon c’est sûr qu’au bout d’un moment ça a caché peut-être des choses ! C’était même pas de l’amour maintenant que je sais, les hypocrites! ça cachait quelque chose de toute façon, c’est sûr que par rapport à ma sœur j’en ai eu de l’amour mais c’était pas clair !

Un peu de mal comme d’habitude... Moi mon amour, c’est ma femme, mes enfants, c’est vrai qu’avec eux je n’ai pas de problème. Je ne sais pas quoi dire, c’est vachement compliqué et depuis pas mal de temps je suis pas mal dans le passé, je pense à beaucoup de choses, c’est très compliqué. Je suis un peu chiant, voir chiant tout cours en ce moment, je suis même exécrable, j’ai des sautes d’humeurs mais c’est compliqué...

 

J’ai une envie de crier mon amour depuis toute jeune, je pense que j’ai un manque d’amour, je dirais qui remonte à la vie in utéro déjà, donc par tous les moyens je tente de l'exprimer… j’ai l’impression d’avoir besoin de l’exprimer mais alors comment j’en sais rien!! Et comment… est plus difficile de vivre…cette relation? C’est à l’âge adulte parce que dans l’enfance on se pose même pas la question, à l’adolescence on se pose toutes les questions possibles et imaginables, ne serait ce que celle de l’existence pure, par contre à l’âge adulte…c’est le besoin d’exprimer son amour, besoin de dire qu’on a besoin d’amour et le besoin d’être aimé, je veux dire…aimer et être aimé et ça c’est le plus difficile.

J’ai l’impression que j’ai cherché l’amour toute ma vie, j’ai pour expérience 3 mariages, 3 divorces, alors est- que je n'ai pas su aimer? J’ai besoin de donner, je ne regarde pas ce que je donne, ça allait dans le matériel, voilà t’as envie de ça, je te donne ça, t’as envie de ça, je t’achète ça. C’est vrai de ceux que je réfléchis, je me dis a quel point j’ai du payer pour recevoir de l’amour et bon…j’e n'en étais pas consciente et c’était pas du tout ma recherche. C’est vrai que depuis plus de 12 ans je suis avec quelqu’un, qui m’a donné énormément…disons qu’avec lui, je renais, je ne dit pas que je suis quelqu’un d’autre parce que je suis toujours la même, j’ai toujours, toujours le même besoin d’aimer et d’être aimée mais c’est vrai que je regarde, je prend plus de recul maintenant, mais pour moi l’amour c’est la base de ma vie, j’en ai pas eu puisque j’étais pas attendue quand je suis arrivée, j’ai été baladée, ballotée d’un endroit à un autre, j’ai connu les foyer de l’enfance, après j’ai connu…ce que j’ai cru être l’amour d’un papa, le papa que je n’ ai jamais eu et dont je rêvais, malheureusement j’ai été sa victime, là j’ai pris une grosse claque, sans en être consciente vraiment, tout ça, ça laisse des traces. Je dirais que ma vie n’est que cicatrice permanente, cicatrice sur cicatrice et au jour d’aujourd’hui je suis toujours dans la tendresse, je suis plus dans l’attente de donner de l’amour, parce que je me dis « J’ai ce qu’il me faut, même si quelque part on en a jamais assez! » Je trouve que j’ai de la chance d’en avoir, et j’ai besoin d’en donner et je crois que je ne sais pas donner. J’ai l’impression que les gens ne reçoivent pas ce que je suis susceptible de pouvoir donner, je ne sais pas si je ne suis pas entendue, je ne sais pas. Il y a un gros "couac" de ce côté-là, pour ma part.

J’ai l’impression que la plus belle preuve d’amour qui puisse exister c’est de donner la vie et je vois le comportement que j’ai face à un petit enfant…je suis plein de tendresse, je suis baba, il est vrai que je n’ai pas eu la chance de donner la vie, je n’ai pas eu la chance, je n'ai pas été capable, j’en ai eu peur, et à l’heure d’aujourd’hui c’est comme un miracle si ça c’est pas produit et je resterais jusqu’à la fin de mes jours avec ce manque. Pour aimer un adulte je ne dis pas que c’est facile, mais aimer un enfant…disons qu’un enfant c’est pur, ça ne demande que de l’amour, je veux dire ce n’est pas…c’est tout gentil, ça a besoin qu’on l’aime, ça a besoin d’aimer et ça ne pose pas de question…enfin si ça pose des questions mais à la base un enfant est l’innocence même et comment ne pas aimer un innocent. Pour ma part je me sentirais presque encore comme une enfant avec ce besoin éternel d’amour, en quête permanente. D’un autre coté je me dis que du haut de mes 57 ans il serait temps que j’essaye de voir les choses différemment et je pense que jusqu’à mon dernier souffle, j’attendrais toujours de l’amour, parce justement j’ai pas connu cet amour…j’ai l’impression…bien que ça fasse plus de 12 ans que je sois aimée et que j’aime au plus profond de mes tripes, il y a tellement de retard que j’ai l’impression qu’il y a des choses qui m’ont manqué et qui me manqueront toujours. Donc aimer….le plus beau pour moi est de donner la vie et malheureusement j’en suis privée et j’en serais privée à vie. Pendant longtemps je me suis penché sur les possibilités d’adopter et c’est pareil, pour pouvoir adopter il faut avoir quand même des conditions bien particulières, avoir un enfant à soi c’est déjà une chose mais prendre un enfant en charge, un enfant qui a déjà son passé si lourd soit il, il faut pouvoir l’assumer et pouvoir lui donner le maximum de choses et je pense que je ne me suis jamais sentie capable de donner autant dans la mesure ou je ne sais pas ce qu’il faut donner.

C’est bête et con mais je dirais que c'est plus facile de donner de l'amour à mon chat, parce que mon chat me rend tout l’amour que je lui donne, même des fois je pense qu’il dit qu’il en a trop, moi il ne peut rien me dire, je peux le caresser tant que je veux il ne peut rien me dire.
D’abord c’est quoi aimer? Aimer c’est quoi? C’Est se faire plaisir? Faire plaisir à l’autre? Les deux? Moi je dirais que c’est déjà un besoin fondamentale, peut on vivre sans amour? Je ne pense pas! Je pense que l’amour c’est comme l’air, on a besoin d’oxygène…d’air pour vivre et on a besoin d’aimer et d’être aimé pour vivre. Par tous les moyens il faut trouver l’amour et quand on ne le trouve pas chez les humains, on va le trouver chez les animaux, parce qu’au moins les animaux ils ne trahissent pas, même les animaux sauvages, il y a toujours quelque chose qu’ils laissent passer, c’est pour ça que moi, mon chat j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux et autant je n’ai pris aucune disposition au cas ou il m’arriverait quelque chose à moi, autant j’ai pris toute les dispositions pour lui au cas ou il m’arrive quelque chose pour que lui ne soit pas jeté à la rue ou qu’il subisse quoi que se soit. Pour moi il est le plus important, après il y a mon ami, ça c’est clair et puis moi je m’en fout, moi il m’arrive quelque chose je m’en fout. De toute façon je n’ai pas d’enfant donc personne n'a besoin de moi, mais lui si. J’aime mon chat.

A travers mon expérience professionnelle , je me suis rendu compte, parce que moi je n’ai pas eu la chance d’avoir des enfants à moi, que les enfants, les petits enfants ont besoin d’être touchés, je ne dis pas manipulés mais sentent la chaleur du corps humain et de part mon vécu je n’ai pas connu ça, parce que je suis née non attendue et non désirée, et j’ai grandi parce que j’avais la force de grandir et jusqu’à l’âge de 4 ans ou j’ai été ballotée de droite à gauche. A l’âge de 4 ans je suis rentrée dans une famille ou effectivement la j’ai été le petit cadeau qui arrivait puisque je prenais la place d’un enfant qui venait de décéder et pour moi c’était ma maman. A partir de cette période là j’ai vécu ma vie d’enfant avec ces hauts et ces bas, avec la découverte de l’absence du papa et puis j’ai découvert celui qui pouvait être le papa, j’y ai cru et puis aux fils des années j’ai accumulé le manque, au moment ou je commençais à combler le manque…il s’est passé ce
qui s’est passé et là ça été terrible parce que il y avait à la fois le rejet de ce bonhomme là et d’un autre coté il y avait l’amour de celui qui pouvait être le père, la crainte de détruire ma mère, ma mère qui n’était pas ma mère de sang, mais je lui avais attribué le titre de mère et que je reconnais encore au jour d’aujourd’hui, ça a été un cumule perpétuel de manque, j’ai traversé le vide de l’adolescence à aimer, à chercher l’amour, l’amour d’ados, l’amour de jeune fille. Je me suis mariée, j’ai cru en l’amour ne serais que par le biais de mes mariages…bon 3 fois, j’ai cru en l’amour du mari, j’ai cru en l’amour des beaux parents…ou c’est moi qui est mal perçu les choses ou les choses n’y étaient pas, je pense qu’il y a un peu des deux! Je suis arrivée à un therme de ma vie ou j’ai enfin rencontré l’amour, mais le manque est tellement grand…tellement, tellement important que c’est difficile de combler, je ne peux pas demander à mon ami de se multiplier et de rattraper ce qui me manque. Je vais à la pèche en permanence et à mon sens j’en deviens lourde et puis je ne sais pas…je ne sais pas demander de l’amour, je vais me coller à lui, lui dire que je l’aime, tout comme quand j’avais 4 ans ou je me rappelle je prenais…enfin les premiers jours après avoir quitté le foyer de l’enfance, je prenais la main de maman et puis je lui disais « maman tu m’aimes? Ou maman je t’aime ». A 57 ans, j’en suis au même stade qu’à l’âge de 4 ans…je ne sais pas!! Je ne sais pas ou je vais comme ça!! L’amour c’est la base de tout, donc quand on en manque, j’ai l’impression qu’on ne peut pas rattraper…c’est un manque, c’est un grand vide.

 

Pendant l’enfance l’amour…il n' y en a pas, voilà! Je cherche continuellement… enfin j’ai cherché la reconnaissance de mes parents par tous les moyens, même auprès de ma belle mère, pourtant elle m’a agressé. J’étais prêt à accepter presque tout, ma belle mère étant d’extrême droite, j’ai eu une période ou je me revendiquais skin-head, pour lui plaire, ce qui ne lui a pas déplu forcément, d’ailleurs. Heureusement pour moi, j’ai eu l’intelligence d’aller plus loin…
Autrement de l’amour dans l’enfance, est-ce que j’en ai eu?… non j’en ai pas eu… j’essaye de chercher mais non…si peut être de la part de mes animaux du moment…pendant l’adolescence, effectivement là on se cherche, puis on cherche à savoir qui on est, si on s’aime vraiment, parce que ça c’est important de s’aimer, pour aimer les autres. Et puis qui, quoi aimer?…grosse question, gros point d’interrogation? A l’âge adulte, on essaye de faire comme tout le monde, on est plus ou moins structuré et l’amour en faite c’est presque…je dirais que c’est presque tabou parce que il n' y a pas de…il n'y a pas de cohérence, c’est vraiment un mot qui est très flou.

La difficulté pour moi ça va être de canaliser, quelques moments…enfin quelques exemples ou quand j’ai commencé à sortir du déni, il y a eu des personnes qui on à priori ne m’étaient pas si chères que ça, en faite quand elles sont mortes ça m’a complètement catastrophé. Je pleurais la nuit et tout, je ressentais quelque chose d’assez puissant et je crois que ce qui m’a aidé à en sortir totalement, enfin parmi tant d’autres choses, c’est la mort de mon chat. C’est tout con, c’est un chat...

Avant de sortir totalement du déni, je me suis refixé sur mon image de moi-même quand j’étais tout petit, parce que je me suis dis que c’était par là qu’il fallait que je commence, à me dire que l’être pur que j’étais, existait toujours et qu’il fallait que j’enterre un petit peu la hache de guerre par rapport aux émotions. Je me suis dis qu’il était encore possible que je puisse me tourner davantage vers les autres et être en honnêteté et dans la vérité, et en faite ça fait du bien, parce qu’il y a des émotions qui ne sont pas faciles et puis j’essaie de garder la façade que j’ai toujours su conserver jusqu’à ma sortie du déni, c’est-à-dire l’autre celui qui à été incesté… et c’est vrai il y a toujours des situations assez particulières, comme hier soir en discutant avec une copine qui est "touche-touche" , j’ai eu du mal…parfois elle me fait juste ça, je sursaute comme si elle allait…je sais pas…m’atteindre…ou je ne sais quoi …

 

J’ai beaucoup de mal avec ma famille, mon mari, mes enfants à leur dire que je les aime, même si dans la journée j’ai des petites marques d’attention, je ne sais pas si c’est la même chose que de leurs dirent les choses franchement, mais je suis bloquée avec ça. D’ailleurs je mets un peu de distance, beaucoup avec mon mari, à un moment donné je lui dis de ne pas me toucher parce que je ne voulais pas qu’il me touche, il a respecté ceci. Mais j’ai aussi envie moi de toucher mes enfants, de les prendre dans mes bras, même s’ils sont grands de temps en temps de leurs faire un petit câlin, je ne me l’autorise pas. Je l'ai fait quand ils étaient petits, les 2 grands d’ailleurs, je faisais des massages de bébé des choses comme ça, je les ai portés comme tout le monde mais dire les choses je ne sais pas, étrangement c’est mon troisième enfant qui m’a fait sortir du déni il y a 10 ans, avec lui je n’ai pas eu ce rapport là et j’en ai pris conscience quand il avait 4 ans parce qu’un jour je l’habillais chez sa psy et puis elle me dit laissez le faire, et puis…quand elle a dit ça, dans ma tête je me suis dis « elle est en train de me dire de ne pas l’aimer », c’était comme ça pour moi, c’était l’habiller…et inconsciemment j’ai fais ça comme ça et voilà les choses se sont déroulées comme ça et c’est vrai que des fois j’ai des tentations de me dire « j’aimerais bien les câliner » je me dis « est-ce qu'ils en ont besoin? », moi je ne sais pas ce que c’est, j’ai jamais eu ça, d’ailleurs ça me ramène à mon enfance où…je me souviens mon père était libre le dimanche et le lundi, il prenait toujours les plus petits, on était 10 enfants à la maison, moi j’étais la première fille, la troisième enfants mais la première fille un peu adulte déjà de bonne heure, parce que je devais faire beaucoup de choses pour aider ma mère, et quand je le voyais prendre dans ses bras un enfant, je voulais y aller et puis il me disait « Non t’es trop grande! ».
Quand j’étais adulte, je me souviens aussi de ma mère qui disait ça à un petit neveu qui avait 4, 5 ans et il voulait aller sur les genoux de sa mère et ma mère lui dire au gamin mais « T’es trop grand! » Moi ça m’a toujours choquée d’entendre ça, je me disais « Y a pas d’âge pour monter sur les genoux de quelqu’un, se faire câliner! ».
Voilà c’est quelque chose que moi je ne sais pas faire, j’ai appris à le faire avec des cours de thérapie, mais je n’arrive pas à l’appliquer chez moi. Après c’est vrais que c’est confus l’amour parce que…c’est toujours ce mot, quand j’entends ce mot là, je ne sais jamais quoi mettre derrière? Je ne sais pas si on met de l’affection ou si on met des relations sexuelles, à un moment donné j’y voyais plus clair parce que ce n’est pas la première fois que je fais ce thème et puis c’est à nouveau flou. La première chose que je me dis c’est "de quoi on parle?"

Je voudrais parler de l’amour au sens d’aimer quelqu’un, je l'ai connu en faite, parce que j’ai rencontré mon mari, je veux dire que j’ai eu 3 tranches dans ma vie, maintenant quand je fais le point. De 0 à 19 ans quand j’étais chez mes parents, 19 ans je suis partie, j’ai rencontré mon mari, là j’ai connu l’amour, je sais ce qu’est d’aimer quelqu’un et ça m’a permis je pense d’oublier mon histoire, mais…quand je l'ai rencontré, les premier jours, je vivais vraiment d’amour et d’eau fraiche, ça je l'ai vécu, j’avais pas faim, je pensais qu’a lui, je travaillais j’avais des yeux amoureux comme on dit, ça m’a permis d’avoir des enfants avec lui et aujourd’hui c’est vrai que tout à été cassé parce je suis sortie du déni il n'y a pas longtemps et c’est vrai quand j’entends il faut tout réapprendre, je me dis que pourtant je l'ai fait mais je ne sais plus faire. Malheureusement, et il est encore avec moi, mais il se prend des coups qu’il n’a pas mérité, puisque j’ai l’impression parfois qu’il me sert de tampon, c’est un homme, je pense qu’inconsciemment je dis des choses, je l’ai vexé souvent, je me suis souvent engueulé avec lui, je lui ai dit des choses difficiles, je le regrette maintenant parce qu’il n'y est pour rien. J’ai l’impression qu’aujourd’hui il sert de ça, enfin je ne voudrais plus qu’il serve de ça parce qu'il n' y est pour rien malheureusement. Moi j’aimerais bien retrouver cet état qu’on a connu ensemble, même quand il n'y a pas très longtemps avec mes enfants je lui donnais la main, avant que je sorte du déni on en était encore là et là il n'y a plus ça. Je trouve qu’il est très difficile de reprendre tout ça, repartir, refaire des gestes comme ça. Je ne sais pas si il faut du temps mais j’aimerais bien un jour revenir à ça.

Je pense que c’est aussi avec les enfants, avec les miens même si je ne leur montre pas mais je…comme je disais tout à l’heure, par des gestes, ce qui m’embête c’est de faire le pas qui suis, des gestes je veux dire d’attention, après j’aimerais bien faire de vrais gestes, mais comme je ne sais pas ou est la frontière je m’y attarde pas. Mais en revanche chez les petits enfants puisque je suis nounou maintenant, j’ai complètement changé de situation, j’ai beaucoup de plaisir à prendre le petit que je garde dans mes bras. J’étais contente, c’était à la rentrée des grandes vacances, quand il est arrivé de vacances, il a couru vers moi, il m’a tendu les bras et j’ai trouvé ça sympa, j’étais contente de cet accueil là, que je m'y suis donnée aussi. C’est un enfant qui est câlin en plus, j’ai cette chance là, et c’est peut être au travers des petits comme ça que je vais retrouver cette chose là. Je suis beaucoup plus à l’aise en faite avec les enfants qu’avec les adultes. Je ne pense pas que ça me pose de problème de savoir le faire et des fois je me dis que c’est quand même une chose naturelle d’aimer, ça ne doit pas s’apprendre. C’est vrai que je suis d’une génération ou les gens ne savaient pas donner non plus ou qui n’avaient pas non plus reçu. Même si je suis consciente de ça, j’aimerais bien donner et ne pas reproduire ça, je ne sais pas si c’est dans toutes les familles pareilles, si ça se produisait partout mais j’entends beaucoup de gens qui disent avoir manqué de choses comme ça dans leur enfance ou de part leurs parents. Alors c’était peut être normal à l’époque…..mais voilà moi je suis beaucoup plus à l’aise avec les enfants, et j’aime bien travailler avec eux. Je me suis rendu compte au court de ma vie, quand j’ai fait des ateliers avec des enfants j’y étais bien, je me comporte un peu comme eux, j’aime bien rigoler avec eux, les mettre à l’aise, même si parfois je me dis que je dois montrer quelqu’un de froid je pense. Quand je casse ça, quand je fais des blagues, ça change toutes les apparences et ça j‘aime bien.

Tout à l’heure, je disais que c’était plus facile de donner de l’amour à mes enfants qu’a mon mari même si j’espère que tout va rentrer dans l’ordre dans quelques temps même si ça prend du temps c’est pas grave, il est patient, mais il y a une chose que je ne comprendrais pas et que je ne comprendrais jamais, c’est l’attitude de la famille, ma mère, mes soeurs, mes frères qui m’ont rejetée quand j’ai dévoilé le secret, je me dis des fois à quel point un enfant on ne l’aime pas, je ne sais pas si c’est ne pas l’aimer, mais je le met un peu là dedans, pour laisser l'abandonner en quelques sorte , et le laisser avec sa tristesse, ses problèmes…C’est une question que je me pose et c’est très difficile à vivre notamment avec les fêtes de fin d’année ou sont censées être des fêtes de famille et moi à chaque fois, surtout cette année… je pense que j’en suis encore là, des  conséquences, je l’ai très mal vécu cette année et ça me met un peu en colère. Je me dis ce n’est pas normal, on est victime d’une histoire et en même temps on a en plus la famille qui en rajoute et je suis restée toute seule dans l’intimité. Je me dis c’est quoi l’amour d’une mère? Moi je pense savoir par rapport à mes enfants, mais je ne comprends pas, je ne comprends pas le reste, je ne sais pas si je comprendrais un jour. Comment on peut faire ça? Est-ce que c’est ne pas l’aimer? Pourtant je me dis, moi j’ai rien fait, j’ai rien demandé.

 

Comment parvenez-vous à exprimer votre amour? Au quotidien, du moins chez moi, c’est par des petites marques d’attention on va dire, avec mes enfants c’est beaucoup de câlins, eux me disent souvent qu’ils m’aiment, donc je leur retourne, par contre ça ne vient pas forcément de moi, pourtant je les aime énormément, mais je n’ai pas reçu énormément d’amour dans mon enfance, ce que je pensais être de l’amour, ça n’en était pas, je m’en suis aperçu dans l’adolescence, ce que cet oncle me faisais faire ou me faisait, moi je le prenais comme une marque d’attention, comme une marque d’amour, je pensais que c’était normal, ce que tout le monde faisait, je pensais que c’était comme ça qu’on disait je t’aime. A l’adolescence quand j’ai compris que tout ça ce n’était pas forcément normal,… ça a changé pas mal de choses. Quand j’ai rencontré mon mari, c’était le début, donc beaucoup de marques d’affections, lui ne savait rien, moi j’avais refoulé un peu tout ça et quand c’est remonté, ça a été un peu froid entre nous, ça l'est toujours un petit peu, je ne veux pas qu’il me touche, on ne se dit plus je t’aime, on ne s’embrasse pas, enfin il n'y a aucune marque d’affection, aucune marque d’amour en tout cas.
je n’y parviens pas en faite, par rapport à mon mari, par rapport à mes enfants il n'y a pas ce souci, mais avec mon mari…non. Avec mon entourage, c’est un peu pareil, je vais l’exprimer par des marques d’attentions, mais sinon … non.

Pendant l’enfance, je ne me souviens pas avoir reçu de l’amour de mes parents, pas de câlins, pas de mots… « Je t’aime », mon père était inexistant, ma mère s’occupait de nous 3, j’ai un frère et une soeur, toute seule mais je ne lui invente pas d’excuses, elle ne nous a jamais donné un soupçon d’amour, ça je lui en veux, parce que je pense que ça m’a énormément manqué dans l’enfance. Dans l’adolescence j’étais assez rebelle, même très rebelle, je faisais pas mal de bêtises, ce qui me valait beaucoup d’engueulades et une mère d’avantage distante donc pas de marque d’affection du tout.

Je dirais que c'est plus facile de donner à mes enfants parce que c’est sans demande particulière, c’est naturel, c’est sain, et eux ne me font pas de mal au moins. Quand je les vois j’ai envie de leur faire des bisous, des câlins, c’est vraiment plus facile avec mes enfants. Savoir aimer? Je ne pense pas, enfin en ce qui concerne mon conjoint, c’est assez flou.

J’ai été dans l’excessif, aimer quelqu’un, par forcément par amour, même par amitié, bien aimer quelqu’un jusqu’à l’étouffer… oui j’ai étais étouffante avec une amie, ça remonte à pas mal de temps maintenant! J’avais besoin de savoir qu’on m’appréciait…dès qu’il n’y avait pas un petit signe, c’était « ça y est, on me laisse!! » et à l’inverse on m’a fait pareil, y a longtemps aussi, et là je me suis aperçu que c’était quand même assez excessif, ce n’était pas un comportement normal. Ca s’est reproduit récemment, et là je pense que je suis soignée parce que je fais trop confiance trop vite, maintenant je me méfie un peu…beaucoup, avant de m‘engager vraiment à fond dans une relation amicale !! Parce que j’en ai marre de me casser la gueule, j’en ai marre qu’on se foute de moi, qu’on profite de moi. Parce que je pense qu’à être trop gentille, trop bonne…et bien on est trop conne!! Désolée.

On ne m’a pas montré la bonne façon d’aimer, de la part cet oncle, et de la part de mes parents par ce que j’ai vu petite…le couple de mes parents ce n’était pas l’idéal, moi je les ai souvent vu s’engueuler, mon père battait ma mère, je l’ai même vu violer ma mère, alors que j’étais toute petite. Et moi je suis restée…ma mère nous a toujours dit qu’elle n’avait jamais aimé notre père, qu’elle resterait avec lui jusqu’à nos 18 ans et qu’elle s’en irait après quand nous on serait parti de la maison. Donc voilà…la notion d’aimer je ne l’ai pas eu petite, du moins je n’ai pas eu le bonne exemple sous mes yeux de petite fille! Heureusement dans mon couple c’est complètement différent; mais je pense que ça me bloque sur certains trucs, le faite d’avoir eu toute cette violence sous mes yeux, de ne pas avoir d’amour dans ce foyer.

 

C’est le bazar en faite, parce que j’ai…quand j’ai vu le thème moi aussi j’ai eu…tout de suite, sur le coup, je me suis dis « On parle de quoi? On parle de sexualité? On parle d’affection? D’amour? ». Donc, bien sûr c’est le bazar, et puis en ce moment je suis vraiment tournée vers la petite fille que j’ai pu être et je ne sais pas…Je ne sais pas comment s’y retrouver? Je crois que quand j’étais petite j’ai vraiment aimé mon frère, comme on peut s’aimer entre frère et soeur, puis à un moment ça a basculé, …bien sûr c’est pas la peine de parler de mes relations d’adulte en ce moment, c’est le bazar total, je suis incapable d’exprimer quoi que se soit et je veux rien recevoir…

Je crois que ce qui est terrible, c’est la confusion qu’on peut avoir …adolescente que j’ai pu avoir. Adolescente j’ai fais un peu tout et n’importe quoi et puis adulte après je me suis dis de toute façon, l’amour j’y crois pas, voilà…alors je me suis mariée, j’ai fondé une famille, en me disant je vais faire une famille, c’est tout. Après j’ai rencontré quelqu’un d’autre, là aussi je pense que j’ai…je crois que quand on n’est pas sorti de tout ça un peu plus, il y a tellement de confusion, qu’on prend des décisions sans être vraiment sûre de soi finalement. Mon 2ème mari j’avais l’impression que c’était mon sauveur, parce qu’il venait de vivre avec une personne qui avait les mêmes problèmes que moi depuis des années, je me suis dit « il est gentil…il va pouvoir me sauver!! Wouahhou ». Il ne pouvait pas me sauver, il faut que je me sauve toute seule, et c’est cette confusion qui est terrible pour moi, cette confusion des sentiments, des émotions, on ne sait pas trop ou ils sont, on ne sait pas trop comment les gérer. C’est compliqué.

Je sais que je sais aimer quand je vois un bébé! Je craque et là je sais que j’ai une capacité à donner de l’amour, un bébé tant qu’il ne marche pas, tant qu’il est tout petit…là je sens que mon corps est capable, je ressens de l’amour avec une force incroyable, donc je me dis que tout n’est pas foutu.

Je me disais qu’en faite pour pouvoir donner, il faut être capable de recevoir et je crois que je ne sais pas!! En faite je ne sais pas recevoir parce que souvent les gens qui m’approchent de trop prêt, je vais les laisser venir et puis vite les rejeter, il y a toujours, toujours dans l’ombre le coté physique qui me dérange. C’est terrible, j’adore mes enfants mais…même avec ma fille j’ai énormément de mal, elle est plus physique que moi, dès qu’elle me voit, elle me prend dans ses bras. J’ai une appréhension quelque part c’est…il y a quelque chose qui me gène, par rapport au physique, par rapport au corps, par rapport au touché. J’ai une copine qui touche facilement qui caresse même et je me sens…c’est terrible. Je ne sais pas comment gérer ça?? Je crois que je ne sais pas recevoir, alors c’est difficile de donner après.

 

J’ai la sensation que je suis arrivée à un moment donné à exprimer de l’amour et avec le temps ça devient difficile. J’ai l’impression que l’amour ça fait mal et du coup je m’en protège probablement sans m’en rendre compte, j’ai du mal maintenant à l’exprimer, à le montrer sauf avec mes enfants, parce que je sais que eux ne me feront pas de mal. Le plus grand manque d’amour que j’ai pu vivre c’est avec ma mère parce que j’ai toujours eu la sensation qu’elle ne m’aimait pas, elle ne s’occupait pas de moi et même si j’ai coupé les ponts avec elle, elle me cherche, toujours, elle revient, enfin c’est un peu comme une torture psychologique, je ne sais pas…je ne sais pas pourquoi elle fait ça? Elle vient, elle s’en va….c’est un truc sans fin même si je veux m’en débarrasser, c’est difficile.
Et pour l’exprimer, quand j’étais petite, pour avoir son amour j’étais sage, très sage, comme ça ne marchait pas à l’adolescence je n’étais plus sage, j’étais violente, ça ne marchait pas non plus et j’ai l’impression qu’a l’âge adulte après pour exprimer mon amour avec qui que se soit, à part mes enfants avec qui c’est un peu plus simple j’ai l’impression, j’ai eu beaucoup de difficultés à savoir ou il fallait que je me positionne pour exprimer de l’amour, est-ce que c’était dans la violence? Est-ce que c’était dans la douceur?, donc…la période ou ça été le plus dur à vivre pour moi, c’est tout le temps. Je me souviens avoir beaucoup souffert du manque d’amour quand j’étais petite, à l’adolescence c’était horrible et à l’âge adulte, j’ai l’impression que je dois tout réapprendre et ce n’est pas encore gagné.

J’ai l’impression que l’amour ça brule, je ne sais pas c’est un peu bizarre, à chaque fois que quelqu’un me manifeste de l’amour ou de l’affection, ça me fait plaisir et en même temps ça me fait mal. Je ne sais pas si ça me fait mal parce que j’en ai manqué avant et que ça me rappelle que j’en ai manqué, ou si ça me fait peur ou si ce sont les émotions que ça me provoque qui me font peur, c’est bizarre. En donner ça me dérange moins qu’en recevoir, en recevoir ça me dérange, sauf si c’est mes enfants là j’aime bien, mais bon là ils arrivent à un âge ou ils commencent à être grands donc il le manifeste moins, c’est un peu chiant. C’est le comble, je ne sais pas, en faite j’aimerais bien ne plus aimer mes parents, mais malgré tout je les aime, c’est chiant. Même si j’ai décidé de ne plus les voir, même si ils m’ont pourri la vie…au fond de moi ça reste mes parents, je sais que je les aime, c’est comme ça et je crois que ça ne change pas malgré la colère, la haine, le dégout, tout ce qu’on veut… ça reste comme ça. Mon père je l’ai beaucoup aimé aussi, je m’en suis beaucoup occupé et puis l’année dernière je suis arrivé au bout de ce que je pouvais lui donner, j’ai décidé d’arrêter aussi et je crois que c’était  nécessaire aussi pour arriver à réapprendre justement ce que c’est l’amour sain, sans être dans la destruction, sans être dans un espèce de truc…de jeu de manipulation, de truc pas clair. J’ai l’impression en tout cas de faire plus facilement confiance, d’accepter un peu plus les marques d’amour depuis que je ne suis plus en leurs présences.

Les personnes à qui pour moi c’est plus facile de donner de l’amour, ce sont mes enfants. C’est inné, c’est comme ça, il n'y a même pas à réfléchir, je les vois…j’ai envie de leur faire un bisou, de leur dire que je les aime, leur faire un câlin, puis c’est mes petits rayons de soleil. Avec les adultes j’ai du mal parce que je trouve que les adultes ont la critique facile, je trouve qu’ils  manquent d’empathie, je trouve qu’ils ne se posent pas toujours les bonnes questions et qu’ils ont des paroles blessantes trop souvent. J’ai de moins en moins de difficultés quand même à donner mon amour à mon compagnon parce que c’est quelqu’un de fiable, de compréhensif et d’empathique, plus que d’ordinaire je pense, plus que la plupart des gens, il peut comprendre beaucoup de choses et il a beaucoup de patience. Alors comme je disais tout à l’heure, c’est un apprentissage, apprendre à aimer…je ne sais pas, en tout cas apprendre à faire confiance déjà, c’est une première chose et apprendre à aimer…j’en sais rien, je pense que mes enfants je les étouffe un peu…beaucoup, surtout que maintenant ils grandissent, j’ai toujours tendance à demander si ça va? S’ils ont bien dormis? Bien mangé? Bien bu? Pas mal là, pas mal là, pas mal là? Il y a des moments ou j’arrive à être bien quand même, de plus en plus j’arrive à être sereine, quand je vais me coucher et que j’arrive à me blottir dans les bras de mon copain, parce que je sais que là je suis bien, je ne risque rien, tout ça c’est des petits moments que j’apprend à apprécier, je trouve que ça s’améliore assez globalement, c’est du pas à pas, c’est au jour le jour, c’est un jour à la fois, et je ne met pas le barre trop haute non plus. Mais il est vrai que globalement les adultes, mise à part ce petit cercle là, j’ai un peu de mal et c’est un peu décevant, un peu égoïste, un peu…manque d’empathie, ils te balancent des phrases comme ça sans réfléchir, sans penser au mal qu’ils peuvent faire, aux conséquences, donc donner de  l’amour…ouais, mais a des personnes choisies, bien définies, je regarde à deux fois maintenant je crois avant d’en donner.

Si je pouvais, si on se voyait. A mon frère, je pense qu’aujourd’hui pour moi se serait facile de donner de l'amour, de lui montrer combien il compte pour moi…mais on ne peut pas se voir, enfin on ne peut pas? On ne se voit pas, il est retranché, il a été victime d’inceste aussi, on a le même agresseur, on a 1 an d’écart, mon frère est très dépressif, très isolé…il accepte très difficilement de voir du monde, c’est très difficile pour lui parce que à chaque fois il pleure…enfin c’est hyper compliqué émotionnellement pour lui. On arrive à se voir de temps en temps…je ne sais pas…une fois tous les 6 mois peut être! Mais c’est douloureux pour lui à chaque fois, moi c’est aujourd’hui, j’ai envie de lui apporter de l’amour parce qu’on n'a jamais réussi à avoir ce lien là tous les 2, on était très…on a une relation très bizarre en faite. Tout petits, on a fait en sorte en tout cas qu’on ne soit pas proche, qu’on s’aime…enfin je vais pas dire qu’on s’aime pas, parce que c’est même pas qu‘on s’aimait pas, je pense qu’on s’aimait mais on a fait en sorte qu’on se sente…pas égo en tout cas, lui n’a pas été élevé de la même façon que moi et du coup ça créé des tensions et à l’adolescence on en arrive à un point ou on s’adressait même plus la parole alors qu’on partageait la même chambre et puis comme je suis partis tôt de la maison, après lui a cru que je l’abandonnais donc c’était fini après on ne se parlait quasi plus du tout. Et après quand lui a révélé que lui était victime d’inceste aussi, c’est pas si vieux, 2 ans ou 3 ans, moi je l’ai pris comme un coup de massue sur la tête quoi…et c’est vrai que depuis ça nous a beaucoup rapproché et en même temps moi je suis en manque de ne pas pouvoir le voir parce que j’aimerais pouvoir l’aider, j’aimerais pourvoir lui apporter du soutien et…c’est compliqué de ne pas pouvoir le faire,  je comprend, je lui laisse le temps mais…c’est vrai que c’est une personne à qui
j’aimerais apporter de l’amour aussi.

 

Je suis la compagne d’un homme victime d'inceste, ce qui est en tant que victime collatéral de l’inceste et dans une vie d’adulte , pour moi ce qui est difficile c’est justement d’avoir…vous parliez tous des difficultés de donner des preuves d’amours ou des preuves d’attention enfin…ou des gestes et c’est vrai pour moi qui suis pour le coup avec mon histoire personnelle, assez sensible et toujours en besoin de reconnaissance, c’est difficile à vivre au quotidien. Après c’est vrai que plus je vous côtois, plus j’arrive à comprendre parce qu’effectivement les conséquences…au début quand on ne connait pas, quand on ne sait pas tout ce que l’inceste peut impliquer comme conséquences, on se dit «mais pourquoi? Qu’est-ce que j’ai fait, etc..? », là je suis plus dans la compréhension, déjà ça m’aide quand même, mais n’empêche que après malgré, pour le coup, tout l’amour que j’ai, l’amour vraiment profond que j’ai pour lui, parfois c’est difficile. Quand moi-même j’ai des creux, c’est dur de repartir, parce que une petite tape sur la tête…ce n’est pas que j’en suis là, mais une petite caresse dans les cheveux, c’Est-ce qui est rare et chère, c’est difficile d’être dans l’attente. Alors après, la jeune femme juste avant disait qu’elle avait l’impression que c’était une reconstruction, qu’elle devait tout réapprendre et moi je pense aussi que mon compagnon….on en est là, on doit tout réapprendre, on doit réapprendre notre vie de couple, on doit réapprendre pour le coup à se toucher, à tout ça…

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