Le militantisme pédocriminel

Militantisme pédocriminel (mieux comprendre pour mieux agir)

Le militantisme pédocriminel rassemble les personnes favorables à un changement de la perception sociale de la pédocriminalité dans le sens de son acceptation, ainsi qu'à une évolution législative permettant la reconnaissance de cette attirance sexuelle et de plus grandes libertés pour les mineurs. Les revendications principales des militants pédocriminels concernent les notions d'âge de consentement et de majorité sexuelle, dont ils souhaitent l'abaissement ou la suppression; le retrait de la pédophilie de la liste des maladies mentales, telle que classée par l'OMS et le DSM-IV; et le changement des lois criminalisant les relations sexuelles consenties entre un adulte et un enfant. Le militantisme pédocriminel, principalement développé pendant la période de la Révolution sexuelle, est aujourd'hui confronté à une opposition forte de la majeure partie de la société et du corps médical. La forte répression dont il est l'objet conduit la grande majorité de ses membres à rester dans l'anonymat. Le rejet généralisé de la pédocriminalité, les amalgames reposant sur le terme et la spécificité des désirs pédophiles ont également conduit ses militants à promouvoir les termes de boylove (littéralement « amour des garçons »), girllove (« amour des filles »), parfois unifiés dans le terme childlove (« amour des enfants »), pour désigner les différentes formes de pédocriminalité.

Les origines du mouvement

Le militantisme pédocriminel, né aux Pays-Bas avec les travaux de Frits Bernard, s'est surtout développé dans le monde occidental dans les années 1970 et au début des années 1980. Aux Pays-Bas avec les travaux de Frits Bernard, Theo Sandfort, Edward Brongersma ou Frans Gieles et les associations MARTIJN ou NVSH ; en France derrière Tony Duvert et Gabriel Matzneff ; au Danemark avec la Danish Pedophile Association ; en Allemagne ; au Royaume-Uni avec le Paedophile Information Exchange et enfin aux États-Unis avec la NAMBLA. Si de nouveaux groupes ont été créés depuis cette époque (Krumme 13, PNVD, IPCE), la tendance est depuis lors à une perte d'audience de ces mouvements liée à un rejet de plus en plus fort de la part des sociétés et même de leurs anciens défenseurs (ainsi, les associations pédérastes et homopédophiles furent exclues de l'ILGA en 1994).

Les militants actuels

En raison d'un contexte social et législatif défavorable à l'expression de leurs opinions, très peu de personnes osent aujourd'hui afficher publiquement leur soutien à la cause pédocriminelle. Les rares militants publics s'exprimant encore aujourd'hui sont anglophones ou néerlandais : il s'agit notamment de Tom O'Carroll (auteur de l'ouvrage Paedophilia : The radical case), Frans Gieles ou Lindsay Ashford. Ces militants se disent en faveur de la libération sexuelle des mineurs, qu'ils jugent aptes à exprimer leur consentement (ou non-consentement) dans leurs relations. Ils croient à la possibilité de relations sentimentales et sexuelles entre un adulte et un enfant, sans que celles-ci aient d'effets négatifs sur le mineur, à condition qu'elles soient menées dans le respect de sa liberté. Ils souhaitent également le retrait de la pédophilie de la liste des maladies mentales, et citent entre autres Moser et Kleinplatz (2003), qui suggèrent de retirer toutes les paraphiliesDiagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), ouvrage listant les maladies mentales et qui fait autorité aux USA en matière de psychiatrie. Ces auteurs écrivent qu'il est trop difficile, voire impossible, de trouver des critères objectifs sans aucun biais culturel pour classer tel ou tel comportement sexuel comme anormal. Ils notent par exemple que dans certains pays les seins nus sont acceptés sur les plages alors que dans d'autres, ils relèvent de l'exhibitionisme. Toutefois, dans la seule section de l'article concernant la pédophilie, ils précisent que « notre suggestion de retirer les paraphilies, y compris la pédophilie, du DSM ne signifie pas que les actes sexuels avec les enfants ne sont pas criminels... Toute interprétation de notre travail comme soutenant les relations sexuelles adulte-enfant serait fausse et mal intentionnée. »

Terminologies prônées par le mouvement

Les pédocriminels dénoncent régulièrement la stigmatisation de termes comme pédophile ou pédéraste qui contiennent, du moins auprès du grand public, une forte connotation négative liée à la maladie (Fagan, 2002), à l'exploitation, à la perversion et au crime. Ils promeuvent les termes de boylover, girllover et parfois childlover, pour les remplacer. Ces termes ont été récemment popularisés auprès des pédocriminels eux-mêmes à travers les communautés virtuelles liées aux forums boylove et girllove sur Internet. Lindsay Ashford dans Human Face of Pedophilia (La face humaine de la pédophilie) écrit :

« Beaucoup de gens ont des problèmes avec le mot pédophilie depuis que son sens a été tant déformé par la société et les médias. Il s'est étendu pour prendre le sens et la connotation d'une personne mauvaise et voyeuriste qui sévit dans les parcs publics. La plupart d'entre nous n'ont simplement aucune ressemblance ni aucun rapport avec ce stéréotype, en conséquence de quoi nous avons choisi d'adopter une terminologie qui décrit mieux ce que nous sommes. »

Selon Ashford, le childlove est « une attirance affective et spirituelle envers les jeunes enfants qui transcende une simple attraction physique ou sexuelle. » De fait, on critique parfois une ambiguïté dans le terme de pédophile, qui ne fait pas de distinction entre ceux qui sont attirés par les enfants et ceux qui passent à l'acte sexuel induit par cette attirance. Par exemple, dans un article intitulé Spécial Problems with Sexual Abuse Cases (Problèmes spécifiques liés à l'abus sexuel), Underwager et Wakefield écrivent :

« Bien que les termes soient souvent utilisés de façon interchangeable, une distinction doit être faite entre 'agresseur sexuel d'enfant non pubère' et 'pédophile.' Le premier fait référence à un comportement sexuel criminel ou délictueux, et le second à une préférence sexuelle anormale. Beaucoup de pédophiles n'agissent jamais en fonction de leurs impulsions. A l'inverse tous les agresseurs sexuels d'enfants ne sont pas pédophiles. Tout traitement ou expertise psychologique professionnelle devrait connaître cette distinction.»

Bien qu'ils prônent la distinction entre désir et action, Underwager et Wakefield déplorent l'utilisation faite de leur travail par le mouvement childlove. Ils ont par ailleurs développé une théorie visant à prouver que les contacts sexuels adulte-enfant sont dommageables, qu'il existe ou non une relation d'autorité ou même des sentiments amoureux entre l'adulte et l'enfant. Enfin, au sein même du mouvement le terme général de childlover, qui peut se traduire littéralement par amoureux de l'enfant, est parfois contesté. Certains militants refusent ces néologismes et préfèrent se qualifier de pédophiles, pédérastes, ou hébéphiles, selon les cas. D'autres encore lui préfèrent les termes spécifiques boylover et girllover, prétextant que l'attirance pédophile homosexuelle et hétérosexuelle ont peu à voir entre elles.

Les objectifs du mouvement

Bien qu'un très grand nombre d'opinions parfois opposées soient représentées au sein du mouvement, une majorité des membres s'accordent sur les objectifs suivants :

  • Changer la perception du public sur la pédophilie, la pédérastie et l'éphébophilie ;
  • Poser une différence entre la pédophilie et l'abus sexuel ;
  • Promouvoir la dépénalisation de certaines formes d'expression érotique impliquant des enfants ou adolescents (textes, dessins, photos, etc.) ;
  • Promouvoir une abolition ou une révision de la notion légale de majorité sexuelle ;
  • Accroître la connaissance sur les effets de l'activité sexuelle chez les enfants, en favorisant la recherche dans le domaine ;
  • Soutenir les mouvements et organisations qui luttent pour les Droits de l'Enfant.

Ceux qui promeuvent la légalisation des contacts sexuels avec les enfants affirment que l'inégalité d'une telle relation n'est pas nécessairement négative. Dans Pedophilia: The Radical Case (Pédophilie : la question radicale), Tom O'Carroll écrit :

« La différence de taille et de pouvoir entre un parent et un enfant crée un potentiel d'abus. Mais si on se base sur le fait que les relations parent-enfant sont généralement positives, nous admettons que l'inégalité est simplement dans la nature des choses. Je vois les relations pédophiles sous un éclairage similaire. » De plus, les militants pédophiles affirment que les contacts sexuels avec des adultes ne sont pas nécessairement dangereux pour les enfants. Ils citent la très critiquée méta-analyse de Rind et al. (1998) et d'autres travaux pour fonder leurs affirmations. Dans une de ces études, Intergenerational Sexual Contact: À Continuum Model of Participants and Experiences (Relations sexuelles intergénérationelles : un modèle continu de participants et d'expériences), Joan Nelson écrit :

« Des échantillons cliniques révèlent l'existence de sexe intergénérationel sans dommages. De Young (1982) rapporte que 20 % des « victimes » étudiées se montraient « virtuellement indifférents à leur agression ! » Au lieu de quoi, ils avaient tendance à être traumatisés par la réaction des adultes suite à la découverte de la relation. »

Par ailleurs, les militants pédocriminels veulent contredire un préjugé selon lequel le sexe avec des enfants mènerait obligatoirement à des actes sexuels vaginaux ou anaux, en précisant qu'ils ne supportent pas d'infliger de douleur physique aux participants. Dans cette optique, ils ne préconisent habituellement pas d'actes de pénétration sur de jeunes enfants. En 1981, dans un pamphlet intitulé Pédophilie, l'association Fondation Protestante Hollandaise pour un Développement Familial Responsable (Dutch Protestant Foundation for Responsible Family Development) écrit : « Spécialement dans le cas de jeunes enfants, l'activité sexuelle ne saurait inclure une quelconque forme de pénétration. Les enfants ne sont pas suffisamment développés physiquement pour ça. »

Beaucoup de militants pédocriminels arguent que l'enfant a une sexualité innée depuis sa prime-enfance. Ils se réfèrent aux recherches de plusieurs chercheurs, comme Alfred Kinsey, Floyd Martinson, Alayne Yates ou William Masters, qui montrent des exemples de réponses sexuelles, masturbations et jeux sexuels avec d'autres jeunes enfants. Ils affirment en conséquence que si les enfants ont une sexualité et que certains cherchent les jeux sexuels, ils sont capables de consentir à des activités sexuelles avec n'importe quelle personne, sans limite d'âge. Ainsi, beaucoup de militants pédophiles critiquent la notion de majorité sexuelle utilisée dans la loi. Toutefois, Alfred Kinsey fut une personnalité controversée et beaucoup de psychologues influents de son époque, comme Abraham Maslow, étaient très critiques vis-à-vis de sa méthodologie. Beaucoup de militants pédophiles critiquent l'état actuel de l'éducation sexuelle dans beaucoup de pays. Ils affirment que l'ignorance forcée et l'abstinence n'a pour effet que d'obliger les jeunes qui veulent explorer leur sexualité de le faire en cachette, ce qui les expose plus fortement à des environnements malsains et des relations coercitives. John Coleman, de l'Association pour l'Étude de l'Adolescence (Trust for the Study of Adolescence), dit :

« Dans les sociétés où il y a plus d'éducation sexuelle, plus ouverte, il y a un taux beaucoup plus faible d'adolescentes enceintes. Les parents ont toujours peur que parler à propos de la sexualité des enfants n'entraîne des enfants à expérimenter plus tôt. Pourtant, tout montre que plus on parle de sexe aux jeunes gens, plus ils sont sensibilisés. »

Ce point de vue ne tient pas compte des recherches qui montrent que dans les premières étapes de son développement l'enfant n'est pas capable de prendre des décisions claires et motivées. Beaucoup de psychologues affirment qu'apprendre le sexe aux jeunes enfants leur est dommageable, et que ce n'est que plus tard dans leur vie qu'ils deviennent suffisamment mûrs pour gérer ces relations. Les pédérastes et hébéphiles du mouvement sont aussi largement opposés aux lois sur le consentement. Certains d'entre eux avancent que par le passé, la puberté était considérée comme le passage à l'âge adulte dans la plupart des sociétés, et qu'il s'agit d'une indication naturelle du fait que le corps est sexuellement mûr. Ils critiquent la définition légale, qu'ils jugent aussi arbitraire que discriminatoire. Au lieu de l'âge de consentement, ils préconisent que chaque individu qui souhaite s'engager dans des activités sexuelles devrait pouvoir prendre sa propre décision. Ce point de vue ne tient pas compte de la question de la maturité minimale nécessaire pour mesurer pleinement les conséquences de ses actions, question classique pour n'importe quel domaine concernant le consentement de mineurs (droit de vote, permis de conduire, etc.). Dans beaucoup de pays, l'âge de la majorité sexuelle est plus élevé que l'âge de la puberté. Si un adolescent entretient des relations sexuelles avec un adulte entre ces deux âges, ce dernier peut être considéré comme un agresseur sexuel - bien qu'il ne soit pas pédocriminel.

Principes officiellement prônés par le mouvement

Certains mouvements pédocriminels affirment connaître la sexualité infantile et présentent officiellement des principes préalables aux relations sexuelles avec des enfants, se résumant principalement au consentement de l'enfant et de ses parents. En 1998, Frans Gieles avec le groupe de travail JORIS (Association pour une Réforme Sexuelle, Dutch Association for Sexual Reform) (NVSH) proposait quatre règles éthiques à suivre lors d'une relation adulte-enfants À la même époque, des principes équivalents étaient proposés par d'autres groupes ou personnalités, donnant lieu plus récemment à une synthèse par le groupe MARTJIN sous la forme suivante:

  • Consentement de l'enfant et de l'adulte ;
  • Ouverture envers les parents de l'enfant ;
  • Liberté pour l'enfant de cesser la relation à tout moment ;
  • Harmonie avec le développement de l'enfant.

Il est toutefois difficile de savoir quel crédit attribuer aux principes officiels présentés par ces mouvements. Si certains groupes comme MARTIJN prônent le respect des lois, décourageant ainsi de fait les relations sexuelles adulte-enfant, d'autres comme KRUMME n'ont pas ces réserves. Les objections les plus avancées à ce "code éthique" sont les suivantes  : l'enfant n'est pas suffisamment mûr pour avoir la liberté de faire cesser une relation abusive et il pourrait très facilement être contraint à maintenir la relation contre sa volonté, le pédophile pouvant user de force ou de manipulation. Par ailleurs, la très grande majorité des psychologues de l'enfance affirment qu'une relation sexuelle entre un adulte et un enfant ne peut se faire en harmonie avec un développement normal de celui-ci.

Controverse et réaction publique 

Les membres du mouvement affirment qu'ils n'approuvent pas l'abus d'enfants ni les activités illégales : l'opinion publique sur ce point est sceptique. Ce scepticisme a été renforcé par des incidents rendus publics impliquant des membres et des groupes associés au mouvement dans des affaires d'abus sexuel, ainsi que par les similitudes entre le discours du mouvement et celui des abuseurs sexuels cherchant à justifier leurs actes.Le mouvement a suscité une forte opposition et sa progression sociale et politique est restée limitée. Presque tous les gouvernements nationaux se conforment aux protocoles de Nations unies pour définir les lois sur l'âge de consentement et sur la criminalisation de la pornographie enfantine. Cette dernière a fait l'objet d'un traité aux Nations unies, signé par près de 130 pays entre 2000 et 2004.Quant à la convention des Nations unies sur l'âge de consentement (1962), elle fait force de loi un peu partout depuis 1990. Par ailleurs, en France certaines idées du mouvement ont été reprises à leur compte par des milieux d'extrême-droite dans les années 1980 (voir le paragraphe Récupération par l'extrême-droite française).

Controverse sur les liens du mouvement avec des activités criminelles

Beaucoup de militants pour la prévention de l'abus sexuel, de professionnels de la loi et de journalistes notent que les proclamations du mouvement quant à sa désapprobation de l'abus sexuel n'ont pas toujours été suivies dans les faits. Les membres du mouvement répondent souvent que les abuseurs n'appartiennent pas au mouvement, ou que le mouvement aurait pu les aider à ne pas franchir la ligne jaune. Certains disent que l'importance donnée aux arrestations d'abuseurs n'a pour but que de culpabiliser le mouvement, par association d'idées. Toutefois, les observateurs habituels restent sceptiques et affirment que les promoteurs d'un amour et d'une sexualité inoffensive entre adultes et enfants n'agissent pas toujours comme ils le prétendent, en citant ces arrestations comme preuves. Beaucoup de ces incidents impliquent l'association NAMBLA, l'organisation la plus célèbre du mouvement. Certains affirment que ces arrestations sont limitées à cette association et ne sont pas représentatives du mouvement global. Pour la plupart des observateurs, ces incidents montrent la face publique du mouvement et symbolisent les problèmes posés par ses objectifs. Enfin, beaucoup d'opposants au mouvement pensent que le terme de childlove n'a pas de sens puisqu'ils voient n'importe quel contact sexuel adulte-enfant comme étant abusif, et n'ayant donc rien à voir avec l'amour (love).

Quelques exemples d'affaires récentes aux États Unis :

  • Le révérend P.S., un prêtre accusé d'avoir abusé des enfants dès 6 ans pendant une période de trois décennies, aurait participé aux premiers travaux et actes militants du mouvement à ses débuts, d'après le journal Boston Globe.
  • C.J., également soupçonné d'appartenir à NAMBLA, fut condamné pour le meurtre et le viol d'un enfant de 10 ans. Les parents de l'enfant ont poursuivi NAMBLA et ses responsables en affirmant que C.J. aurait écrit dans son journal personnel que sa participation à NAMBLA et les lectures des publications de l'association l'auraient aidé à dépasser ses inhibitions vis-à-vis du sexe avec les jeunes garçons.
  • J.D.S., un homme condamné à San Francisco d'avoir agressé un garçon de 11 ans lors d'un baby-sitting, a rencontré un enquêteur anonyme en tant que membre de NAMBLA. D'après l'enquêteur, l'homme utilisait ses contacts auprès de NAMBLA pour échanger de la pornographie enfantine et avoir des relations sexuelles avec des enfants.
  • J.T. fut condamné pour agression sexuelle sur un enfant en 1989 puis libéré sur parole en 1992 avec la condition de ne pas posséder de pornographie enfantine. Après avoir déménagé sans informer les autorités de sa nouvelle adresse, il fut retrouvé à la suite d'une émission télévisée américaine sur la recherche de criminels (America’s Most Wanted). Il fut arrêté et condamné pour pornographie enfantine. Lors du procès, la cour a déclaré que J.T. était membre de NAMBLA, que l'association aidait un orphelinat en Thaïlande où des enfants étaient abusés, et que J.T. et d'autres personnes y voyagaient pour rencontrer de jeunes garçons. Les preuves apportées étaient des photographies fournies par les autorités thaïlandaises, montrant J.T. en compagnie de jeunes garçons thaïs assis sur lui.
  • J.C.P., un New-Yorkais ayant affirmé à la police, d'après les archives judiciaires, être membre de NAMBLA, a été arrêté en 2000 et condamné en 2001 pour avoir pratiqué la sodomie sur un jeune garçon

La publicité faite autour de ces incidents, ajoutée à la profonde opposition de l'opinion publique aux idées du mouvement, ont mené à une grande controverse autour des activités et des membres de l'association. Beaucoup de ces membres ont pris leurs distances avec la NAMBLA et ses idées à cause de ces controverses et des crimes suscités.

Récupération par l'extrême droite française

En France, dans les années 1980 et au début des années 1990, des milieux proches de l'extrême-droite ont repris à leur compte certaines idées pro-pédophiles et pro-pédérastes. En effet, la structure hiérarchique, autoritaire et initiatique de l'institution pédérastique telle qu'elle existait dans certaines cités de la Grèce antique et sa proximité avec les organisations militaires correspondent aux idéaux prônés par ce courant politique, notamment dans les rapports d'autorité entre adultes et enfants. Cette récupération s'est notamment exprimée dans les colonnes du magazine Gaie France, interdit de publication en 1993 pour « incitation à la pédophilie ». Elle s'est cristallisée autour de personnalités comme Michel Caignet, Bernard Alapetite ou Jean-Manuel Vuillaume, tous trois proches d'organisations néo-fascistes et néo-nazies, qui seront plus tard impliqués dans des affaires judiciaires de pornographie enfantine. Ce phénomène est à l'origine de l'imagerie populaire dite « pédo-nazie », qui associe l'extrême-droite à la pédophilie et qui a perduré jusqu'à la fin des années 1990. Lors de l'avènement de l'Internet cette image a fait partie des fantasmes et des peurs alimentés par les détracteurs de ce nouveau mode de communication. Elle a contribué à justifier l'instauration de divers contrôles de l'information et de censure sur Internet dans diverses lois françaises votées durant cette période. Toutefois, dans sa grande majorité l'extrême droite s'est toujours opposée avec virulence à la pédophilie, ainsi l'association anti pédophile stop martijn est proche de l'extrême droite.

Réactions du corps médical aux affirmations scientifiques du mouvement

La littérature médicale actuelle est très documentée sur le sujet des graves et profonds dommages psychologiques causés par des contacts sexuels avec des enfants. Le mouvement cite plusieurs articles scientifiques controversés. Aujourd'hui, la majorité du corps médical reste en désaccord avec les affirmations du mouvement sur l'innocuité des contacts sexuels entre adultes et enfant dans un grand pourcentage de cas ; aucune étude sur des résultats allant dans le sens des idées du mouvement n'a été acceptée par la communauté scientifique. Ceci étant dit, la communauté scientifique reconnaît la différence entre un adulte qui se contente de désirer sexuellement les enfants et un adulte qui passe à l'acte. Elle reconnaît également que la compréhension actuelle de la nature de la pédophilie est très succincte et que les études sur son traitement ne sont pas avancées. Fagan, Wise, Schmidt et Berlin écrivent dans leur article de 2002 sur la pédophilie :

« Le diagnostic de pédophilie n'est applicable qu'à une partie des individus qui abusent sexuellement d'enfants. Cette information a été tirée des recherches publiées sur la pédophilie et l'abus sexuel d'enfants en général afin de présenter un état des connaissances. Malgré un grand nombre d'articles publiés sur des sujets comme l'abus sexuel, la maltraitance et le crime sexuel sur les enfants, nos données et connaissances de base sur la pédophilie présentent de grandes lacunes. »

Activités du mouvement 

L'activité principale du mouvement est le soutien moral et psychologique de pédocriminels qui, autrement, auraient du mal à parler de leurs attirances de peur d'être ostracisés. À cet effet, quelques organisations du mouvement fournissent des services d'écoute et de prévention du suicide, comme le groupement FreeSpirits. Les nombreux forums de discussions donnant une certaine liberté de parole aux pédophiles sur leurs fantasmes et attirances jouent également ce rôle. L'association MARTIJN fournit ce genre de soutien et publie un magazine nommé OK. Elle s'implique également dans d'autres formes d'activisme, comme la distribution de tracts et documents lors d'événements publics et pendant les Gaypride. Certains pédophiles, pédérastes ou hébéphiles qui se qualifient eux-mêmes de boylovers et girlloversInternational Boylove Day (Jour international du BoyLove) est célébré le premier samedi après le solstice d'été. Ce jour-là, des pédophiles attirés par les garçons ou des pédérastes allument discrètement des bougies bleues en public. Le « Jour d'Alice » (25 avril) est celui des pédophiles ou hébéphiles attirés par les filles : c'est le jour où Lewis Carroll a rencontré Alice Liddell, la petite fille qui lui a inspiré son œuvre célèbre Alice au pays des merveilles, le 25 avril 1856. célèbrent régulièrement leurs préférences sexuelles. Robin Sharpe, un pédophile Canadien, a pu remettre en cause certains aspects des lois sur la pornographie enfantine de son pays qui, contrairement à la France, condamne également les écrits de ce genre. Lors de son procès, où la Cour suprême du Canada lui a donné raison en 2002, il a fait valoir que ses propres écrits de fiction ne pouvaient être illégaux puisqu'ils avaient un aspect artistique.

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