Les pièces de théâtre

Petite fleur

Ecrite par Fargass Assandé

L’occasion d’aborder des sujets parmi les plus tabous, que ce soit en Afrique ou ailleurs : le viol, l’inceste, la pédophilie.

Le concept de la pièce, une voix, un corps, un instrument de musique, se prête très bien au sujet difficile de l’inceste et du tabou qu’il entraîne tant au sein de la famille qu’aux yeux de la société. Une comédienne, un danseur et un saxophoniste sont côte à côte sur la scène, mais ne se croisent presque jamais. Leurs trois voix se font écho, se répondent de manière subtile, chacune à sa manière.

Le texte est dur, sans concession, même si à certains moments il se perd un peu. Le décor est minimaliste mais très évocateur (une chaise électrique et des chaînes qui pendent) et les jeux de lumière révèlent ou masquent tour à tour les protagonistes à des moments-clés de la pièce.

La comédienne porte très bien ce sujet difficile, et dès le début de la pièce on est terrifié de la voir et de l’entendre, acculée au mur au milieu du public, martelant tantôt faiblement tantôt en criant « Salope ! Pétasse ! Soupe populaire ! Dégueulasse ! ». Le texte fort, sans vulgarité ni descriptions inutiles, nous entraîne dans l’univers morbide de l’enfant violée, incomprise et rejetée par sa propre mère au nom de la préservation de l’honneur de la famille. La pièce dénonce sans accuser, peut-être pour mieux mettre le spectateur en position de réflexion constructive et non de rejet d’un débat nécessaire.

Le livre bleu

Ecrite par Elvire Annick Adjamonsi

« Le Livre Bleu ». Ou le destin d’une jeune fille: Régine. A la mort de son père, elle n’a à peine que deux ans. Sa mère, « Awa », restée veuve, fait de son mieux pour l’élever avec les moyens du bord. Mais, sa vie n’est pas au rose, jusqu’au jour où elle est prise en remariage par « Philippe ». Le directeur d’une société de renom. C’est un homme fortuné, respectable et respecté sur la place béninoise.

« Awa » et « Régine » vivent, désormais, sous le toit de Philippe. Tout semble bien. Mais quand Régime a sept ans d’âge, et que sa mère se trouve un jour au marché, « Philippe » perd le contrôle de soi et s’introduit dans la chambre de Régine. Il la viole. Juste au moment où il en ressort, « Awa » rentre à la maison.

La petite Régine se tort de douleurs et pleure. Interrogée par sa mère, elle explique sa mésaventure causée par son père par alliance. « Awa » qui tient à son mariage, pour ne plus retomber dans la mendicité du temps de son veuvage, s’affaisse et s’évanouit. Sous ce choc, elle perd la vue. Devenue mâture (22 ans), « Régine » se souvient, comme si c’était hier, de ce que

Philippe lui a fait. Et pour sublimer ce traumatisme, elle écrit un roman qu’elle intitule: « Le Livre Bleu ». C’est là qu’elle dit son aversion contre « Philippe », et partant, contre tous les hommes aux mêmes pratiques que lui.

Quand « Régine » se fiance à « Pierre », l’homme de ses rêves, elle retrouve, enfin, le sens de la vie. Mais pour combien de temps? Très vite, le roman signé de sa plume tombe dans les mains de son fiancé. Celui-ci le lit avidement, et découvre, ahuri, une étrange ressemblance entre la vie présente de Régine et les paroles du livre.

« Pierre » comprend, soudain, que Régine avait été violée dans son enfance par un certain père qui n’est autre que « Philippe », l’actuel mari de sa belle-mère. Il promet alors de se venger sans tarder. Régine s’y oppose avec véhémence. Un beau jour, Pierre parvient, en présence même de sa belle-mère « Awa ». En l’absence de « Philippe », encore au boulot. Il profère des menaces contre le violeur, et s’efforce de moraliser, à la fois, « Awa » et « Régine ». « Philippe » revient chez lui. Consterné de trouver « Pierre », il l’enjoint de s’éloigner dans l’immédiat.

Mais, c’est sans savoir l’animosité que Pierre remue contre lui. Ce dernier dévoile en public le mal de son beau-père par alliance. Toute la communauté est informée des actes lâches du célèbre D.g (Directeur général).

Le drame se termine par la déchéance morale et sociale de « Philippe ». « Awa » retrouve sa vue, et « Régine », son équilibre psychologique.

Quand, enfin, les quatre acteurs sont rejoints par Pascale E. Touloulou, le metteur en scène, les soixante quinze minutes du « Livre Bleu » viennent d’être visionnées. Le « Al fine » sonne sur une note sereine: sensibiliser et combattre le viol et l’inceste, actes ignobles qui tirent, depuis toujours, la société vers le bas.

La vérité vous rendra libres

Ecrite par Sophia Soria

 

La chanson des nuages

Ecrite par Vincent Guiot

L’histoire est celle d’une jeune femme qui vient de se marier… s’isole le soir même (étonnée de ne pas se sentir heureuse). Entraînée par sa voix elle laisse pêle-mêle se dévider le fil de ses pensées. Ses propos nous laissent deviner des blessures dont elle ne semble pas avoir conscience. Pourtant sa parole la conduira malgré elle à s’avouer ce qu’elle sait parfaitement, mais refuse de reconnaître : un secret de son enfance. » Interprétée par Christine Daumars, mise en scène par Vincent Guiot

Ça (le silence tue)

Ecrite par Catherine Decastel

La pièce questionne notre société sans caricature ni tabou et la nudité s'exprime par la chorégraphie de 3 corps pour parler de violences

La pièce pose la question de savoir comment parler, au travers des corps et au travers des mots, de l'indicible transgression que constitue le viol.
Indicible pour les victimes.
Indicible pour leurs auteurs.
Il s'agit d'un théâtre documentaire, tentant de laisser s'exprimer trois voix et trois corps dans leur souffrance, leur incapacité à dire ou à vivre après "ça".
Mêlant esthétisme chorégraphique et paroles de témoignages adressées directement au public, trois comédiens se font porteurs de ces souffrances, prenant en charge tant les paroles de victimes que de bourreaux.
Des êtres hommes et femmes veulent venir témoigner de cette tâche mais un choeur les en empêche. Dans cette pièce, il s'agit de ce combat auquel vont se livrer hommes et femmes pour arriver à dire sans tabou, sans jugement, sans pudeur, mais pas sans poésie ce qui les a abîmés.
"Il y a pour les victimes, une journée qui marque à vie, au fer rouge. Une journée où tout bascule. Une journée. Une nuit. Et une autre vie s'ouvre. Une vie qui ne sera plus jamais comme avant. Une vie avec une tâche. Une tâche indélébile. "

Solinge

De Pia Divoka

« Une grave erreur »
« jamais répertoriée »
« elle sait, elle, avec les jours qui passent, que ça ne s’en ira pas »

La vie de Ludile, jeune fille de 19ans, bascule ce fameux jour où derrière la porte vitrée d'un immeuble, lui, l'homme, l'autre, celui qui n'a pas de visage, la viole. Pia Divoka raconte cette histoire dans une langue si précise qu'on pressent que ce texte est autobiographique.
Cela s’entend au bruit des mots qu’elle utilise, à cette langue simple, sans complaisance, sans détail inutile. Une langue qui bout de silence, qui cherche à comprendre ce qui s’est passé, qui tente de vivre avec ce qui s’est passé, avec ces quatre lettres « v i o l ». Après avoir écrit et dit ce que personne ne veut entendre, Ludile deviendra Solinge pour exister à nouveau, pour "déplacer les montagnes"

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