Troubles psychologiques

La dépression

Tout geste de nature sexuelle par lequel une personne plus âgée amène une personne plus jeune à le gratifier sexuellement peut être qualifié de violence sexuelle. Cela inclus les attouchements bien sur. La violence sexuelle durant l'enfance est identifiée comme étant la cause première de problèmes psycho-sociaux.

Les personnes agressées durant l'enfance rapporteraient des troubles rattachés à la violence sexuelle pendant l'enfance : un taux élevé de tension chronique, anxiété, de trouble du sommeil et de stress, difficultés d'entrer en relation, et dysfonctions sexuelles. Bien que les similarités entre des réponses des garçons et des filles existent, certaines différences ont été relatées ; par exemple : la tendance des garçons à externaliser (comportement agressif vis à vis des autres), et la tendance des filles à intérioriser leurs symptômes (dépression, autres).

Les conséquences sont nombreuses , et peuvent affecter le comportement social ( colère, isolement) , émotionnel ( manque de confiance, dépression) , et sexuel.

Une étude épidémiologique rapporte la violence sexuelle comme un facteur de risque pour la dysfonction sexuelle, particulièrement les problèmes d’excitation sexuelle. Certains confirment que les individus agressés sexuellement expriment des problèmes sexuels, relationnels, et sociaux des problèmes avec leurs partenaires : méfiance dans les relations, manque d’estime de soi, problèmes sexuels, et difficultés de santé mentale telle dépression, abus de substance, et phobies.

Les résultats indiquent que les femmes agressées sexuellement, rapportent moins de satisfaction avec leur corps, plus de gêne concernant leur apparence, moins aptes à former et entretenir des relations avec les autres.

Qu’est-ce que la dépression ?

La dépression est une maladie psychique qui se caractérise par une tristesse importante, une baisse de l’humeur à un degré nettement anormal, une diminution marquée de l’intérêt pour toute activité et une fatigue inhabituelle et excessive, des troubles du sommeil, des pensées morbides, etc. Ces troubles se distinguent des modifications normales de l’humeur par leur gravité, leur durée (plusieurs semaines au moins), leurs répercussions (souffrance psychique, altération du fonctionnement social…) et la souffrance morale ressentie, différente des expériences usuelles.

Les conséquences de ces symptômes dépressifs sur le fonctionnement quotidien sont considérables. Toutes les relations du malade sont affectées, au sein du couple et de sa famille, avec ses amis et dans le milieu professionnel. Pour l’entourage, la dépression est très difficile à comprendre, souvent perturbante et génératrice d’anxiété pour ceux qui ne l’ont pas vécue de l’intérieur. Il est difficile de savoir comment réagir de façon appropriée pour aider le malade tout en se préservant soi-même, trouver sa juste place. La dépression peut toucher tout le monde, quel que soit son âge, son sexe, son niveau social. Elle ne relève ni d’une fatalité, ni d’une faiblesse de caractère. La volonté seule ne suffit pas pour en sortir, notamment parce que cette maladie provoque un sentiment de dévalorisation de soi et des pensées négatives.

La dépression : une maladie répandue mais méconnue

La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Cependant près de la moitié des personnes touchées présente des difficultés à se reconnaître comme dépressive. Seules 38,3 %1 des personnes souffrant de troubles dépressifs déclarent avoir consulté un professionnel de santé. Les hommes, les jeunes et les personnes âgées sont les personnes qui ont eu le moins recours aux soins (respectivement 33,7 %, 25,7 % et 26,4 %1).

De plus, quand on est dépressif et qu’on en a conscience, il n’est pas toujours facile de savoir à qui s’adresser ni vers quelle structure de soins se tourner. Les proches sont eux aussi souvent ignorants face aux solutions existantes. La moitié des personnes (53,6 %2 de la population générale et 46,9 % des personnes souffrant de dépression) déclare ne pas connaître la différence entre un psychologue et un psychiatre. Une minorité de personnes atteintes s’est tournée vers des structures de soins : 13,7 % sont allés dans un centre médico-psychologique (CMP), 5,7 % dans un hôpital et 5,5% aux urgences. 50 %3 des Français déclarent ne pas connaître d’autres lieux que l’hôpital psychiatrique pour soigner ces malades. Or savoir où et à quel professionnel s’adresser est essentiel. La prise en charge de la maladie est parfois complexe et fait appel à de multiples acteurs qui n’ont ni les mêmes compétences, ni les mêmes qualifications.

Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur pour les problèmes de santé. Il est compétent pour les diagnostiquer et pour proposer un traitement adapté ou orienter vers un professionnel en santé mentale.
Il peut avoir recours à deux types de prise en charge de l'épisode dépressif : la psychothérapie et les traitements médicamenteux qui peuvent être utilisés seuls ou conjointement, en fonction de l’intensité de la maladie.

Un dispositif d’information pour favoriser une meilleure connaissance et améliorer la prise en charge de la dépression chez l’adulte

Le dispositif d’information s’appuie sur l’implication de personnalités aux compétences multiples, à tous les niveaux de la santé mentale : patients (associations), praticiens, scientifiques, experts, chercheurs et représentants de sociétés savantes.

Ce dispositif grand public se compose de deux outils référents sur la dépression, ses symptômes et les différents traitements possibles :

- un guide complet sur la maladie, « La dépression, en savoir plus pour en sortir », qui a pour objectif d’améliorer le dialogue entre le patient et son médecin (pdf, 3.2Mo). Edité à 500 000 exemplaires, il sera diffusé à plus de 100 000 exemplaires via les professionnels de la santé et les réseaux de prévention (médecins généralistes et spécialistes, centres d’actions sociales, pharmaciens…). Ce guide peut être consulté, téléchargé ou commandé gratuitement sur le site Internet  www.info-depression.fr.
 
- un site Internet www.info-depression.fr
Dédié aussi bien au grand public qu’aux professionnels de santé, il a pour vocation de fournir les informations nécessaires pour reconnaître et comprendre les symptômes de la maladie et accompagner les proches. Des témoignages de patients et de proches illustrent cette démarche. Le grand public peut télécharger le guide « La dépression, en savoir plus pour en sortir » et lire les témoignages de personnes ayant connu des troubles dépressifs. Les professionnels de santé, quant à eux, peuvent, sur un espace qui leur est dédié, trouver des documents scientifiques : études, rapports, publications…

Tous deux visent à aider le grand public à distinguer la « déprime » de la dépression, en améliorer la connaissance (degrés de gravité, diversité des modalités de prise en charge, variété des intervenants professionnels…) et inciter au dialogue avec les proches et les professionnels de santé.

Pour promouvoir ces deux outils, un dépliant et une campagne média ont été prévus.

- Le  dépliant « La dépression, en savoir plus pour en sortir » (pdf, 857 Ko) est diffusé auprès des professionnels de santé et des organismes sociaux pour présenter les outils mis à la disposition du grand public : le guide et le site Internet www.info-depression.fr.

1 « La dépression en France : prévalence, facteurs associés et consommation de soins » Morvan Y, Prieto A, Briffault X. Baromètre santé, 2005.

2 Rapport final sur l’enquête dépression en pop. générale Anadep 2006.

3 « La perception des problèmes de santé mentale : les résultats d’une enquête sur neuf sites, Études et résultats, n° 116, Drees, Anguis M., Roelandt J.-L., Caria A., 2001

L'agression sexuelle dans l'enfance : des effets psychiques à long terme

Lorsqu'il y a eu une agression sexuelle dans l'enfance, les symptômes prévalents pouvant apparaître au décours de la vie adulte seront principalement une forte anxiété et un risque dépressif important, auxquels s'adjoindront des difficultés d'ordre sexuelles et domestiques. Ces symptômes seront d'autant plus prégnants que l'agression sexuelle aura été violente (particulièrement en cas de viol) et prolongée (Cheasty et col., 1998; Lange et col., 1999; Molnar et col., 2001). La victimisation sexuelle dans l'enfance potentialise, chez les adultes masculins et féminins, à la suite d'un trauma de vie, les risques d'apparition des symptômes post-traumatiques. Par ailleurs, si ces agressions sexuelles subies dans l'enfance ne sont pas prises en compte et traitées suffisamment tôt, elles fournissent un terreau ultérieur, tout au long de la vie de l'adulte, où pourront venir éclore des troubles psychiques, des pathologie psychiatriques et diverses difficultés d'intégration sociale (Roesler et Mc Kenzie, 1994; Nurcombe, 2000).
Un autre symptôme, d'apparence plus banal, ne doit pas être sous estimé dans la population féminine, sur le plan de la souffrance psychique et des demandes de consultations spécialisées, ce sont les "difficultés affectives" de tous ordres (Hill et col., 2000).

Répercussions psychiatriques et psychosociales à long terme

Conséquences individuelles

La névrose traumatique associe un syndrome de répétition traumatique (les symptômes d'intrusion de l'état de stress post-traumatique) et des symptômes associés faisant partie intégrante du tableau clinique : les modifications caractérielles, les troubles de l'humeur, les troubles anxieux et les troubles des conduites (évitement, retrait et fuite).

L'état de stress post-traumatique correspond bien à l'une des complications psychiatriques rencontrées dans la clinique.

La dixième classification des maladies de l'OMS (CIM-10, 1992) développe trois concepts :

  • la réaction aigue à un facteur de stress, qui correspond grosso modo à la réaction immédiate des deux premiers jours,
  • l'état de stress post-traumatique, qui correspond au concept de PTSD du DSM,
  • la modification durable de la personnalité qui est une des caractéristiques majeures des conséquences de l'expérience traumatique.

Pour parler de névrose traumatique dans cette classification, il faut donc attribuer au patient à la fois le diagnostic "d'état de stress post-traumatique" et le diagnostic de "modification durable de la personnalité".

L'état de stress post-traumatique

L’état de stress post traumatique représente l’une des répercutions psychiatriques les plus caractéristiques et les plus grave à long terme.
La répétition est le signe pathognomonique du traumatisme psychique(11). Elle prend la forme de rêves, de cauchemars, jusqu’au besoin compulsif d’évocation des événements traumatiques, en passant par les flash back et les souvenirs douloureux qui reproduisent l’événement traumatique.
Définition du PTSD dans le DSM IV (Le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual - Revision 4) est un outil de classification qui représente le résultat actuel des efforts poursuivis depuis une trentaine d'années aux États-Unis pour définir de plus en plus précisément les troubles mentaux. Il a été publié par l'Association américaine de psychiatrie en 1994. Il s'agit de la 4ème version du DSM.)

A. Le sujet a été exposé à un événement traumatique dans lequel les deux éléments suivants étaient présents :
1. le sujet a vécu, a été témoin ou a été confronté à un événement ou à des éléments durant lesquels des individus ont pu mourir ou être très gravement blessés ou bien menacés de mort ou de graves blessures ou bien durant lesquels son intégrité physique ou celle d’autrui a pu être menacée.
2. La réaction du sujet à l’événement s’est traduite par une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.

B. Symptômes d’intrusion
L’événement traumatique est constamment revécu de l’une (au moins) des façons suivantes :
1. Souvenirs répétitifs et envahissants de l évènement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou des perceptions (jeu répétitif exprimant des thèmes ou des aspects traumatiques chez l’enfant)
2. Rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse (rêves effrayants chez l’enfant)
3. Impressions ou agissements soudains comme si l’événement traumatique allait se reproduire (illusions, flash-back, hallucinations)
4. Sentiment intense de détresse psychique lors de l’exposition à des indices externes ou internes évoquant ou ressemblant à un des aspect de l’événement traumatique en cause
5. Réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer un aspect de l’événement traumatique en cause.

C. Symptômes d’évitement
Evitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale, avec au moins trois des manifestations suivantes :
1. Efforts pour éviter les pensées, les sentiments ou les conversations associés au traumatisme
2. Efforts pour éviter les activités, les endroits ou les gens qui éveillent des souvenirs du traumatisme
3. Incapacité à se rappeler d’un aspect important du traumatisme
4. Réaction nette de l’intérêt pour les activités importantes ou réduction de la participation à ces activités
5. Sentiment de détachement d’autrui ou bien de devenir étranger par rapport aux autres
6. Restriction des affects (par exemple : incapacité à éprouver des sentiments tendres)
7. Sentiment d’avenir « bouché » (par exemple : ne pas pouvoir faire carrière, se marier, avoir des enfants, avoir un cours normal de vie)

D. Des symptômes neurovégétatifs
Au moins deux symptômes persistants traduisent une activation neurovégétative :
1. Difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu
2. Irritabilité ou accès de colère
3. Difficultés de concentration
4. Hyper-vigilance
5. Réaction de sursaut exagéré

E. Les symptômes des critères B,C et D durent plus d’un mois.

F.La perturbation entraîne une souffrance significative ou une détérioration du fonctionnement social, professionnel ou d’autres domaines importants.

Troubles anxieux

Les altérations anxieuses et phobiques s'individualisent dès les premières semaines après le traumatisme et peuvent persister au moins deux ans après celui-ci (Malt, 1987). Les plaintes somatiques, focalisées essentiellement sur les sphères digestives, cardio-vasculaires et gynécologiques prennent le caractère invalidant de l'hypocondrie. Des troubles paniques peuvent également se mettre en place (Tucker, 1986). La souffrance phobique centrée sur les conséquences du traumatisme est à l'origine des conduites d'évitement, de sentiments de dépendance et de défiance et elle est fréquente, à l'instar des phobies sociales.

Sentiments de culpabilité

De nombreux auteurs soulignent l'importance de ces sentiments chez les victimes en précisant qu'elles se blâment elles-même pour quelque chose dont elles ne sont pas responsables. Pour la femme violée par exemple, le fait que quelqu'un ait pu prendre possession de son corps est tout à fait insupportable. Elle ressent de la honte, comme ayant été salie et se reproche souvent de n'avoir mieux agi ou de s'être mieux défendue (Streit-Forest, 1987). Le poids des préjugés que véhicule notre société et l'attitude plus ou moins culpabilisante des proches de la victime ou des premiers intervenants rencontrés sont un facteur déterminants dans l'évolution de la ictime vers la déculpabilisation.

Source : Les traumatismes psychiques Par Michel de Clercq,François Lebigot

A la suite d’autres auteurs à la recherche d’une séquence spécifique de blessures psychiques associée à un type de situation traumatique particulier, par exemple dans les conditions de persécution politique violente ou de catastrophe majeure, le Dr Darves-Bornoz a tenté (Darves-Bornoz 2000 ; Darves-Bornoz 1999) de conforter le modèle empirique du traumatisme des viols incestueux sous forme de tableau. Une technique de régression logistique portant sur le viol incestueux en tant que variable dépendante et proposant les items du Tableau 1 comme covariables dichotomiques, a déterminé un modèle qui différencie bien
les viols incestueux des viols non-incestueux : âge au premier viol inférieur à quinze ans (OR=10.4) ; viols répétés sur une période d’au moins plusieurs mois (OR=4.6) ; et environnement de mauvaise qualité dans les suites des viols (OR=10.4). 

Ces caractéristiques situent donc les viols incestueux parmi les blessures humaines les plus terribles qui soient et à ce titre génératrices de troubles majeurs du développement psychique.

Spécificités des viols incestueux
[Tableau extrait de : Darves-Bornoz JM (2000) Problématique féminine en
psychiatrie. Masson, Paris, 270 pp.]


                                                             Viol incestueux     Viol non-incestueux
Caractéristiques du traumatisme                          %                         %                    p

Viols répétés a                                                 85                         39                 <.001
Viols répétés sur au moins plusieurs moisb      64                         13                 <.001
Plusieurs séquences d’abus sexuelsc               23                         24                     ns
Violence surajoutée pendant les violsd           46                         63                     ns
Age au premier viol inférieur à 15 ans            87                         27                  <.001
Agression physique (en dehors des viols)         49                         35                     ns
Pas de dépôt de plainte immédiat                  90                         43                  <.001
Victime de sexe masculin                                  8                         11                     ns
Mauvais environnement après les viols            97                         52                  <.001
___________________________________________________________________________
a Par un unique ou plusieurs agresseurs
b Par un des agresseurs
c Avec ou sans viol mais avec différents agresseurs
d Usage de la violence physique, d’une arme ou de la menace

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