La sexualité

Dépendance sexuelle et affective?

Elle existe sous différentes formes, en particulier un besoin compulsif de sexe, une dépendance exagérée par rapport à une ou à plusieurs personnes et/ou une préoccupation permanente pour le romanesque, les aventures sentimentales et le fantasme. Elle se manifeste par un comportement obsessionnel ou compulsif, soit sexuel, soit émotionnel (voire les deux), dans lequel les relations ou l'activité sexuelle sont devenues de plus en plus destructrices pour le travail, la famille et l'estime de soi.

Cette dépendance a des conséquences qui ne cesse de s'aggraver si elle reste incontrôlée.

Les personnes souffrant de cette dépendance se voient comme des exclus sociaux, des pervers ou simplement des êtres sans volonté, ils se sentent sales. D'autres encore estiment qu'ils ne font que rechercher ce à quoi ils ont droit ou ce qui leur est dû.

"Je me sers de mon corps comme d'une arme pour faire payer aux hommes ce que l'on m'a fait enfant..."

L’abus sexuel laisse de nombreuses séquelles psychologiques. Les études relatent que la colère, anxiété, dépression, et problèmes de comportement comme abus de substance, et délinquance (Briere & Runtz, 1991) sont les plus fréquents.

De nombreuses études confirment une association entre l’histoire d’un abus sexuel et un comportement sexuel à risque. 30.2% des filles et 9.3% des garçons ont été victimes d’une relation sexuelle forcée, et ont décrit un comportement sexuel à risque allant des relations avec partenaires multiples, précocité sexuelle jusqu’aux grossesses non désirées (Raj 2000).

  Le comportement sexuel à risque associé à un abus sexuel vécu cité dans la littérature comprend :
  • Initiation sexuelle avant l’age de 14 ans : le terme initiation désigne le fait d’accepter de commencer sa vie sexuelle avec des partenaires plus âgés ou plus expérimentés.
  • Précocité sexuelle : s’engager dans des relations sexuelles plus précocement que la moyenne de son âge
  • Nombre des partenaires sexuels élevés ( plus de 5)
  • Usage d’alcool ou de drogues avant une rencontre sexuelles
  • Engagement dans une activité sexuelle avec partenaires multiples (sexe de groupes)
  • Relations sexuelles pénétratives (avec pénétration ) sans préservatif
  • Grossesse non désirée
  • Accorder des faveurs sexuelles en échange d’argent ou de drogues
  • Maladies sexuellement transmissibles

Sources :Ruth S. Buzi : The impact of a history of sexual abuse on high-risk sexual behaviors among females attending alternative schools. Adolescence 2003

Briere, J., & Runtz, M. (1991). The long-term effects of sexual abuse: A review and synthesis. New Directions for Mental Health Services, 51, 3-13.

Fergusson, D. M., Horwood, J., & Lynsky, M. T. (1997). Childhood sexual abuse, adolescent sexual behaviors and sexual revictimization. Child Abuse and Neglect, 21(8), 789-803.

Raj, A., Silverman, J. G., & Amaro, H. (2000). The relationship between sexual abuse and sexual risk among high school students: Findings from the 1997 Massachusetts Youth Risk Behavior Survey. Maternal and Child Health Journal, 4(2), 125-134.

MST, HIV et prises de risques sexuels

L'agression sexuelle, à quelque moment de l'existence qu'elle se déroule, présente les risques liés à l'acte sexuel lui-même, particulièrement en ce qui concerne les maladies sexuellement transmissibles et le HIV, et cela d'autant plus qu'il y aura eu pénétration.
Cependant, l'ensemble des études est problématique à utiliser tant il est difficile de parvenir à une réelle quantification du risque (Holmes, 1999). Tout au plus peut on parvenir à une quantification relative du phénomène; dans ce cas l'augmentation des agressions sexuelles sur un enfant fait croître proportionnellement un risque d'apparition d'une MST à l'âge adulte. Ce risque étant plus grand chez les garçons que chez les filles (Hillis et col., 2000).
Dans le cas du HIV, le tableau est identique, ce sont plus les garçons que les filles agressés sexuellement qui présentent le plus de risques de développer ultérieurement le HIV. Là encore les prises de risques au décours de la vie sexuelle sont malheureusement en faveur des sujets masculins, qu'ils soient homo, hétéro ou bi-sexuels (Bensley et col., 2000; Lenderking et col., 1997).

Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie

Troubles gynécologiques

Les violences sexuelles elles-mêmes ou leur impact indirect sont susceptibles d'entraîner divers troubles gynécologiques :
- lésions traumatiques périnéales lors de rapports accompagnés de violences;
- infections génitales et urinaires à répétition, maladies sexuellement transmissibles (infections à Chlamydia, à Papilloma virus) ou transmission du VIH ;

-
douleurs pelviennes chroniques inexpliquées ;
- troubles de la sexualité : dyspareunie, vaginisme, anorgasmie ;
- troubles des règles : dysovulations avec dysménorrhées.

Source : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/Conf/confvictime/experthtml/dantchev.html

Les troubles du comportement sexuel

Lorsqu'une femme présente des difficultés à parvenir à l'orgasme, une baisse d'intérêt pour la sexualité, une lubrification insuffisante ou/et une dyspareunie, on retrouve dans 40% des cas une agression sexuelle au cours de sa vie (Nusbaum et col., 2000).

Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie

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