Documentaires

Dans la tête d'un pédophile

Un film de Claire Denavarre
Doc en stock - ARTE France 2004


 

  Qui sont les pédocriminels ? Comment ces hommes peuvent-ils commettre l'irréparable sans penser aux conséquences sur leurs victimes ? Sont-ils malades ou criminels ? Peut-on les soigner ?

 

 

 

 

 

Les réponses à ces questions, Claire Denavarre, réalisatrice, est allée les chercher au Québec, à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal, un hôpital psychiatrique à très haute sécurité. Créé il y a une vingtaine d'années, l'Institut regroupe plusieurs services spécialisés. L'un d'entre eux accueille vingt délinquants sexuels, violeurs et pédocriminels, tous multirécidivistes, condamnés pour la plupart à de lourdes peines de prison. Tous sont volontaires pour suivre un traitement d'un an dans cet hôpital très particulier. Une philosophie de soins que résume Benoît Dassylva, psychiatre et responsable du programme thérapeutique : « Ce n'est pas parce qu'ils ont répété une certaine façon d'être toute leur vie, qu'ils sont condamnés à demeurer ainsi tout le reste de leur vie. »

Durant un an, les détenus vont donc réapprendre à vivre en communauté, à adapter leurs comportements à l'autre. Progressivement, les éducateurs et les psychiatres de l'Institut vont les amener à prendre conscience de la gravité des actes qu'ils ont commis. Mais s'il s'agit bien de soins, Benoît Dassylva insiste sur le fait qu'on ne parle pas ici de guérison : « On ne guérit pas de la pédophilie, par contre, on peut contrôler la pédophilie. C'est-à-dire qu'il ne faut pas avoir d'attente universelle par rapport aux pédophiles, mais je vous dirais que de façon générale, moi, je préfère un pédophile qui a peur de récidiver et qui évite les situations à risque, qui évite d'être trop dans des situations de proximité avec les enfants, que l'inverse. »

Eviter l'enchaînement

Ce que les thérapeutes de l'Institut Philippe-Pinel cherchent à obtenir, c'est qu'à sa sortie de prison, le pédocriminel parvienne à éviter l'enchaînement d'événements qui le conduira à la récidive. Car comme en témoigne Robert, condamné deux fois pour attouchements sur des enfants : « Les gens normaux vont regarder alentour d'eux, ils vont voir des enfants, ils n'ont pas à se questionner. Moi, c'est différent. Je vois des enfants, puis je dois me questionner : « Pourquoi ? Pourquoi je les regarde, pourquoi ils sont là, pourquoi ils sont seuls ? » Je dois toujours me remettre en question. »

Les professionnels canadiens constatent qu'il y a deux fois moins de récidive chez les délinquants sexuels qui ont suivi ce genre de thérapie. Mais malgré leur expérience, les thérapeutes de l'Institut n'ont pas encore la solution miracle. Les pédocriminels après thérapie demeurent toujours des délinquants à risque.

Pour toute organisation de projection de ce documentaire ou d'événement lié, n'hésitez pas à nous contacter courrier.crifip@gmail.com

 

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