Renversement

 

Par Sandrine Goldschmidt, journaliste et militante.

Renversement des rôles. Souvent, une façon de mettre en lumière la réalité de notre société inégale entre femmes et hommes ?
Aussi, le moyen pour l’agresseur, de maintenir sa position. Une personne violente, accuse le plus souvent sa victime d’être responsable des maux qu’elle lui inflige.

Et la société patriarcale, vis-à-vis du féminisme, c’est exactement la même chose.
Ainsi, on traite les féministes de mal-baisées, lorsqu’elles recommandent une sexualité enrichie, qui connaît son corps, qui devrait bénéficier au-à la partenaire tout en lui bénéficiant…

Et que dit-on d’elles, « les féministes »,  quand elles dénoncent le fait que 90% des actes de violences dites conjugales sont le fait des hommes, ou que 95% des clients de la prostitution sont des hommes…et qu’elles voudraient que ce rapport de force cesse, pour que les relations entre femmes et hommes puissent se vivre autrement ? Eh bien on les accuse alors de vouloir attiser la guerre des sexes, bonne manière de dissimuler qu’on veut juste taire la réalité.

Et pourtant, si on regarde un peu de l’extérieur, c’est flagrant. La guerre des sexes, c’est quand un sexe se ressent comme fort et domine l’autre.

Et il suffit de regarder comment la société actuelle véhicule les représentations amour-sexualité de façon différenciée pour les deux sexes pour s’en convaincre.
D’un côté, la pornographie, qui semble être le message sur la sexualité qui arrive le plus massivement auprès des adolescent-es, quand l’éducation nationale et la famille ont toujours autant de mal à parler de ça. Un message violent, qui promeut la pénétration, et très souvent la violence, comme étalon de la sexualité, le tout dans un cadre violent lui même, puisqu’il réduit les corps en des cadres qui découpent le corps un peu comme de la viande de boucherie…

Donc, la porno, destinée d’abord aux garçons et aux hommes, mais que voient aussi les filles (pour savoir ce qui les attend et les préparer à la soumission ?), c’est la sexualité violente, brute. L’être humain n’a plus que des morceaux de corps, décérébrés.

Mais il n’y a pas que la porno, il y a d’un autre côté ce que cet article appelle : « l’eau de rose ». Car dans le même temps, on sert aux petites filles puis aux femmes, le fantasme purement cérébral de l’amour toujours. Ca commence petite fille avec les princesses et le prince charmant. Ca continue adulte avec les romans pour femmes, les comédies romantiques, les feuilletons débiles, qui ne contiennent guère plus de réalité que la pornographie ! Alors, aussi dangereuse que celle-ci, peut-être pas, mais propre à entretenir l’illusion et le mensonge, certainement !

Et donc, pour les maintenir, et avec elles le système, quoi de mieux que de faire taire les féministes en disant que ce sont elles qui attisent la guerre des sexes !

Cet article est paru pour la première fois sur le blog de Sandrine Goldchmidt : http://sandrine70.wordpress.com/ le 26 juin 2011

 

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